Hérodien
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encore eu d'autel, point même de nom, dit Dion Cassius. En dépit de la religion officielle et de la philosophie, il ayait le premier découTert, nommé un nouvel attribut de Dieu, parce qu'il Tavail le premier senti, pratiqué avec autant d'efficace.
On peut s'étonner que Marc-Aurèle, avec une raison si ferme, une volonté si douce, une puissance si grande, n'ait pas fait davantage pour l'Empire et pour son temps, et qu'il ait laissé, après lui, le gouvernement impérial aussi mal constitué, et les hommes aussi corrompus qu'auparavant. On voit bien qu'il a amélioré quelques détails de l'administration; mais on regrette qu'il n'ait pas tenté de se survivre à lui-môme, en faisant passer sa bonté dans les institutions politiques, pour épargner à l'Empire le retour des règnes tragiques qu'il avait vus. Nul doute que Marc- Aurèle ne fût préoccupé de cette idée quand il rêvait « un gouvernement fondé sur des lois libres et égales ; » elle le tourmentait : « Mon âme, disait-il souvent, pourquoi êtes-vous triste et pourquoi me troublez-vous? » La tâche était sans doute trop grande: il retomba découragé. « Il disait, rapporte Dion Cassius, qu'il est impossible de rendre les hommes tels qu'on voudrait les voir, mais qu'il faut se contenter de les employer tels qu'ils sont en les faisant servir à l'intérêt public. » Et il a écrit lui-même : «Pauvres politiques, ceux qui prétendent régler les affaires sur les maximes de la philosophie I Rêves d'enfants. Homme, que peux-tu faire ? Ce que réclame le moment présent. N'espère point qu'il y ait jamais une république de Platon. Qu'il te suffise d'améliorer quelque peu les choses, et ne regarde pas ce résultat comme de mince importance. Qui pourrait, en effet, changer les idées et les sentiments des hommes ? Et, sans ce changement, peux-tu jamais avoir autre chose que des esclaves qui gémissent sous le joug, et des hypocrites, proie du mon-
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songe ? Ne me parle plus d'Alexandre, de Philippe, de Démélrius de Phalère, tragiques acteurs que je ne suis pas condamné à imiter. L'œuvre de la philosophie est maintenant plus modeste ; elle ne doit point affecter une si ambitieuse tâche*. » Mémorable aveu du meilleur et du plus libéral empereur romain, qui doit apprendre aux peuples que la liberté est plus en eux-mêmes que dans la générosité du prince, et que la conservation des idées saines et des vertus solides est le meilleur moyen de garder la liberté quand ils la possèdent ou de la recouvrer quand ils l'ont perdue !
Peu de souverains ont rencontré autour d'eux autant d'obstacles, peu de règnes ont été traversés d'autant d'accidents, de difficultés, de malheurs, que la personne et le règne de Marc-Aurèle. Cet empereur fut mal entouré ; il eut une femme, Faustine, un frère et un associé au trône, Lucius Verus, des filles, et enfin un fils, Commode, indignes de lui . Catastrophes physiques et événements politiques, débordements de fleuves et tremblements de terre, pestes, disettes, révoltes de généraux et de provinces, longues et dangereuses guerres étrangères, aucune épreuve ne manqua à ce mémorable rèçne. Mais Marc-Aurèle pensaitque le mal est une nécessité extérieure qu'il faut subir sans s'en affecter; et le méchant n'avait à ses yeux aucun pouvoir sur l'homme de bien. La vertu de l'empereur philosophe resta donc inébranlable à l'assaut de tant d'événements, f comme le roc assailli par la mer en furie, toujours au-dessus d'elle et témoin toujours de son apaisement; » sa personne cependant y succomba avant le temps.
Fille et femme des deux plus vertueux empereurs, belle, les bustes en témoignent, et hardie, les historiens