‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 80 sur 122 · Marc-Aur., Pensées, ii, 9; ix · texte numérisé non relu

Marc-Aur., Pensées, ii, 9; ix

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le disent, Faustine était une preuve que la philosophe stoïcienne était impuissante à exercer sur les femmes la même influence que sur les hommes, ou que leur éducation morale, entièrement négligée, toujours laissée aux prêtres du vieux culte, était toujours nulle. Elle donna huit enfants et quelques années de bonheur à l'empereur. Après avoir commencé à tromper Marc-Aurèle pour quelques jeunes patriciens de la cour, qui n'était pas exclusivement composée de philosophes, Timpératrice serait descendue, s'il faut en croire Gapitolin, jusqu'aux histrions, aux gladiateurs et aux matelots de Gaëte. Le philosophe ne connut point tous ces désordres, ou les souffrit, les cacha même autant qu'il était en lui. En plein théâtre^ il supporta sans broncher l'insulte grossière d'un acteur à ce sujet. Il avait tant de respect pour son père adoptif Antonin, pour le trône même, qu'il ne voulut pas donner le scandale d'une répudiation : « Il me faudrait rendre aussi h Faustine, disait-il, l'empire qu'elle m'a apporté en dotl » Peut-être pensait-il comme un de ses glorieux prédécesseurs, qu'il ne devait point, même avec de bonnes raisons, imiter et propager l'exemple du divorce, trop souvent donné par de mauvais empereurs. Pour ne leur point ressembler, il se résignait à souffrir; et il souffrit avec une telle patience, qu'il sut louer le peu de qualités qu'avait Faustine, pour l'encourager sans doute à maîtriser ses vices. < Les fautes des autres, disait-il, ne sont un mal que pour eux ; il faut donc laisser les fautes d'autrui où elles sont *. »

Lucius Yerus était bien le fils de ce dissolu qui, sous un voile tissé de fleurs de lis, couchait sur des roses dont on avait enlevé le blanc, et qu'Adrien peut-être avait adopté pour avoir doté sa table du fameux pâté qui avait nom

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