DioD, LxxiT, spart. Did, Jul
DIDIUS JULIâNUS. 321
De ces trois généraux également vaillants et de renom, les deux plus éloignés de Rome, Pescennius Niger, en Orient, Claudius Albinus, en Grande-Bretagne^ avaient un appui, Tun dans le peuple, l'autre dans le sénat. Né dans une médiocre condition, peu lettré, mais de haute taille et de belle figure, quoique fortement basané, et doué d'une voix sonore qu'on entendait à mille pas, bon militaire et bon administrateur, Pescennius était bien rbomme fait pour plaire à la multitude qui l^avait acclamé dans le cirque. Natif d'Adrumète, en Afrique, mais rattachant son origine aux Cesonius, ayant, malgré sa haute taille, la voix plus douce et le teint plus blanc qu'il ne convient à un homme, Claudius Albinus plaisait à l'aristocratie romaine autant par sa vie débauchée et son goût pour la petite et futile littérature, que par les flatteries qu'il adressait toujours a l'antique sénat. De pure origine africaine, né à Leptis, d'un chevalier, Septime Sévère n'avait d'appui que dans ses légions. Déjà mûri par l'âge, il était plus remarquable au moral qu'au physique. Dur pour les autres et pour lui-même, quelque peu farouche, sobre, actif, persévérant, il exerçait son métier de soldat avec passion et n'avait d'estime que pour les armes*.
Ce fut sans doute à l'habileté qu'il eut de se conduire en vrai soldat, dans un gouvernement dont les soldats faisaient la principale force, que Seplime Sévère dut de l'emporter sur ses compétiteurs. A Carnuntum, près de la frontière, il réunit les légions de l'Illyrie et les constitua en un corps délibérant, comme juges des destinées de l'Empire. Il leur rappela la mort douloureuse de Pertinax, la honteuse élévation de Didius Julianus, deux crimes commis par des soldats de parade. Sans cacher aux siens