Dion, LXXTiii. Hérod., 4. Spart. Carac, 10. Geta
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un nouveau Darius, mais il y dispersa vaillamment les ossements des anciens rois perses et parthesqui étaient rassemblés dans cette petite ville; et il écrivit au sénat, qui censurait ses entreprises, pour lui reprocher de croupir dans Toisiveté tandis qu'il suait à acquérir de la gloire. Le fils et rimitateur maladroit de Septime Sévère ne sut point éviter, pour sa personne, les périls de l'Empire, que son père avait du moins conjurés. Garacalla avait pour préfet civil du prétoire un certain Macrin. C'était un jurisconsulte habile, qui voyait avec peine gâter l'Empire de Sévère avec ces cruautés et ces folies, Garacalla le détestait et ne lui épargnait point le mépris et les railleries. Cet homme honnête eût peut-être supporté cependant longtemps un pareil maître, s'il ne s'était vu bientôt plus gravement menacé. Quelques historiens, pour rapprocher sans doute davantage ce règfne de celui de Néron, ont accusé la mère de l'empereur, Julia Domna, d'avoir su garder une grande influence sur son fils par des moyens qui n'avaient pas réussi à Agrippine. Toujours est-il que Julia Domna veillait avec sollicitude sur les jours de son fils. Un jour, Caracalla remit à Macrin les dépêches qu'elle lui envoyait d'Antioche. Macrin tomba sur l'une d'elles, qui, sur la foi de l'astrologie, l'accusait lui-môme de conspiration. Caracalla était très-supersti lieux; il n'y avait pas alors de délits plus dangereux que ceux tirés de l'astrologie. Macrin aima mieux tuer qu'être tué. Son maître ayant oublié à son égard le neminem lœdere^ il lui appliqua à sa façon le suum quique tribuere. Il s'entendit avec quelques officiers, raillés quelquefois comme lui par Caracalla, et gagna entre autres l'un d'eux, Martialis, à qui l'empereur avait tout récemment refusé un avancement d'une façon fort désobligeante. Dans une marche de Carrhes à Édesse, Caracalla venait de s'écarter du gros de l'armée, quand Martialis courut sur lui l'épée haute et
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rétendit roide mort. Le fils du fondateur de l'Empire militaire mourait de la main d'un soldat.
Magrin.
« Commande qui voudra, s'écrièrent les sénateurs, à la nouvelle de la mort de Caracalla, pourvu que ce ne soit plus le parricide, l'assassin de la république. » L'armée, comprenant qu'elle avait fait un pacte avec la famille sévérienne, eût voulu pour maître un descendant de Septime Sévère. Mais il n'existait plus que deux jeunes enfants, à peine parents de cet empereur, petits-fils de la sœur de sa veuve Julia Mœsa; et ils étaient loin, à Antioche. Les soldats, en pays ennemi, menacés par Artaban, qui revenait en force, élaient pressés d'avoir un chef. L'armée prit donc son préfet du prétoire, pour en essayer provisoirement; et Macrin, proclamé, se hâta de faire toutes les réparations possibles à Artaban, pour revenir s'assurer de l'Empire. La veuve de Seplime Sévère ne se résigna pas d'abord à n'être plus rien. De cet Orient tout plein de légendes, elle eut un moment la pensée de revenir à Rome, comme une Sémiramis, une nouvelle Nitocris. Macrin, après l'avoir d'abord ménagée, pour l'endormir, lui envoya l'ordre de vider Antiocbe, avec sa sœur Julia Mœsa et toute la famille de celle-ci. JuUa Mœsa obéit et se retira à Émése; mais la fière Domna irrita à force de coups un cancer qu'elle avait au sein, ne prit point de nourriture, et quitta la vie plus volontiers que l'Empire.
Africain, d'origine obscure, ancien avocat du fisc, arrivé par son seul mérite aux plus hautes fonctions de l'État, personnage civil bien intentionné, mais peu habile, Macrin eut l'idée de s'entendre avec le sénat, pour restaurer le gouvernement civil. En retour des promesses qu'il leur fit de ramener le temps des Antonins, de faire