MACRIN
refleurir les sénatus-consultes que les rescrits avaient remplacés, les sénateurs lui décernèrent tous les honneurs et la noblesse qui lui manquait. L'empereur Macrin commença à diminuer la paye des nouvelles troupes, à ramener les anciennes à la discipline de Septime Sévère, et il sévit môme contre elles. Les soldats trouvèrent que, de la part d'un juriste qui ne partageait point avec eux les fatigues des camps et qui s'était hâté d'acheter la paix, c'était beaucoup exiger; ils craignirent des réformes plus radicales et se montrèrent disposés à les prévenir; il ne leur manquait qu'une occasion et* un nom.
Quelques troupes nouvellement recrutées étaient retranchées dans un camp, près de la ville d'Émèse, où s'était retirée Julia Mœsa, la belle-sœur de Seplime Sévère, avec ses deux filles veuves, Sohemie et Mammée, et l'enfant que chacune d'elles avait de son mariage. La vieille Julia Mœsa avait repris Tintenclance du temple que son père avait possédée; en attendant mieux, elle avait fait l'aîné de ses petits-fils, Avitus Antonin, grand prêtre. Les soldats admiraient beaucoup Antonin, que Julia Mœsa avait soin d'habiller richement, quand il faisait, au son des flûtes et des cymbales, avec les jeunes gens et les jeunes filles, les évolutions processionnelles et les danses consacrées autour de la statue de son dieu. L'habile Julia Mœsa en profita; elle répandit le bruit, peu à l'honneur cependant de ses filles, que ses deux petits-fils étaient les enfants adultérins de Caracalla, si aimé des soldats; et elle ne manqua pas surtout d'y ajouter le récit des immenses richesses qu'elle possédait, comme héritière de Julia Domna, et comme intendante du temple le mieux achahndé de l'Asie. Bref> les recrues introduisirent un jour dans leur camp Julia Mœsa, ses filles, ses petitsfils, et proclamèrent l'aîné de ceux-ci, le prêtre du soleil, - Héliogubale, comme on l'appelait en Orient, empereur.