‹ Les empereurs romains (volume 2)Chapitre 97 sur 122 · HÉLIOGABALE · texte numérisé non relu

HÉLIOGABALE

Macrin en appela aux populations civiles. Il publia le montant des sommes que Caracalla avait prodiguées aux soldats, et envoya un de ses généraux, Julien, avec quelques vieilles légions, au-devant des soldats défectionnaires. Les populations civiles ne bougèrent point; Julien et ses soldats tournèrent. Julia Mœsa, ayant maintenant une passable armée, marcha contre Macrin et le rencontra sur les confins de la Syrie et de la Phénicie. Il se trouva dans l'armée du jeune Héliogabale un eunuque, Gannys, pour bien disposer ses troupes. Au milieu du combat, malgré l'avantage que remportaient déjà les siens, l'empereur juriste prit peur et s'enfuit. Au contraire, la vieille Julia Mœsa et ses deux filles se précipitèrent, les cheveux épars, au-devant de leurs soldats qui fuyaient; le jeune prêtre du soleil lui-môme se jeta sur un cheval, tira l'épée, et, comme saisi d'une divine fureur, s'élança au milieu des ennemis. Femmes, enfant ramenèrent leurs soldats au combat. Des troupes de Macrin, les unes s'enfuirent, les autres passèrent au vainqueur. Lui-môme fut atteint dans sa fuite et massacré. Le prêtre d'une petite ville d'Asie, âgé de quinze ans, petit-fils d'une belle-sœur de Septime Sévère, et réputé adultérin du regretté Caracalla, fut bientôt reconnu de l'Asie et de l'Europe entière *.

Héliogabale.

11 n'y avait qu'une tête politique dans l'entourage du nouvel empereur, c'était la vieille Julia Mœsa. Restée vingt ans, sous Sévère et sous Caracalla, à la cour, elle en connaissait tous les secrets. Elle voulut faire du prêtre du soleil un empereur, et exhorta son petil-fils à laisser là ses fonctions sacerdotales, ses vêlements du temple,

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