Voir surtout Lampr., 19 à 22, 25 à
SI
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1er jusqu'au Tibre. Là, ils lui mirent une corde avec une pierre au cou, le précipitèrent du haut du pont, et, au lieu de la belle fin qu'il avait rêvée, lui donnèrent la mort immonde d'un chien.
« Les fastes de Tempire romain, dit quelque part son judicieux historien. Gibbon, sont précieux pour qui veut étudier de près la nature humaine. Les personnages faibles et pâles des temps modernes ne nous présentent point des caractères à la fois aussi nets et aussi variés. On pourrait saisir dans les empereurs romains toutes les nuances de la vertu et du vice, depuis la perfection la plus sublime jusqu'à la plus basse abjection de l'espèce. » C'est ce que l'histoire de Caracalla et d'Héliogabale nous a peut-être encore prouvé. Parmi les monstres ou les fous que comptent les empereurs romains, il y a des monstres et des fous d'espèces très-différentes. Caracalla et Héliogabale ne sont ni Caligula, ni Néron, et ceux-ci ne sont ni Domitien ni Commode; ils ont chacun leur trait spécial de monstruosité ou de folie. Il est un trait commua par où cependant ils se ressemblent tous, c'est qu'ils ne veulent point rester à leur place, être ce qu'ils sont, empereurs ou môme tyrans. Qu'ils aspirent à monter ou à descendre, leur folie ou leur monstruosité est de vouloir être autre chose que ce qu'ils sont : c'est leur tourment. Caligula et Domitien prétendent être dieu, Néron vise à êtie histrion, et Commode gladiateur; Caracalla se croit Alexandre, et Héliogabale convoite d'être femme. Maîtres du monde, ils n'en ont point assez ; changer de situation, de nature, est leur passion dominante. Le pouvoir absolu n'est jamais satisfait.