‹ Les empereurs romainsChapitre 17 sur 73 · I. Tac. Ann.^ iv · texte numérisé non relu

I. Tac. Ann.^ iv

crime à la pousser à un second, de l'adultère à Tassasse nat de son mari; il promit de lui rendre en Tépousant le trône donl elle se priverait en s*associant à ses desseins, el lui donna déjà des gages en répudiant sa femme. Étrange aveuglement! qui a permis quelquefois de doulor de ces criminelles inlrigucs dévoilées plus tard par la délation. Tibère, le défiant, le soupçonneux Tibère ne Nit rien! Il s'agissait de son lils. Son premier njinistre, sa bru complotaient. H n'eut aucun soupçon. Clnrvoyanl sur tout le reste, dans Tœuvre de justicier qu'il se réservait encore, il laissa échapper ce qui l'inléiessait le plus. Un sénateur avait précipité sa femme par la fenêtre; il préfendait qu'elle avait elle-même cherché la mort. L'empejeur, faisant métier de juge d'instruction, se transporta sur le tliéAtre du crime et, aux circonstances du fait, découvrit parfaitement l'auteur. Au milieu de ces rudes occupations de la justice souveraine, Drusus tomba tout à coup malade. Quelque temps auparavant, ce violent jeune homme avait, dans une altercation, porté la main surSéjan. Tibère n'eut aucun soupçon. Douloureusement préoccupé, mais ferme dans l'accomplissement de ce qu'il regardait comme un devoir, il ne discontinua pas de fréquenter le sénat el les tribunaux. A la manière des anciens Romains^ il puisa des forces et des consolations, comme il le dit, dans les embrassements de la chose publique*. Un sot versificateur, Lœtorius, avait reçu des présents pour une élégie sur la mort de Germanicus; il s'avisa de composer à l'avance son élégie sur la mort de Drusus et escomptait déjà le produit de son malencontreux talent. Le sénat le condamne; l'assemblée est blâmée par Tibère, et une loi nouvelle met désormais dix jours d'intervalle entre la condamnation et l'exécution. Drusus meurt enfin,

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