Suet. Calig.j 16. — Dion< Lix, 9i
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goes du chiche Tibère y passa. Néanmoins, au sortir de la dernière terreur et de tout ce règne au moins sévère qui avait sevré le peuple de tous plaisirs, on se crut revenu à Rome au temps de Saturne ; et la joie se répandait par imitation dans les provinces, quand une grave maladie du nouveau maître vint tout attrister.
On s'explique la douleur qui éclata dans Rome et dans les provinces à cette nouvelle, par les espérances que don* nait encore Caïus, et par la crainte, s'il manquait, diiJP&tour des ambitions rivales, cause des crimes récents ou des anciennes guerres civiles. La douleur fut poussée cependant fort loin à Rome. Un citoyen se dévoua solennellement aux dieux; un sénateur s'engagea à descendre dans l'arène si le prince guérissait^ Ces démonstrations extravagantes étaient de nature à troubler une intelligence plus forte et une cervelle plus saine que celles de Caïus. Quand l'empereur guérit, on le trouva tout changé. Les historiens ne nous ont pas dit quelle avait été sa maladie. Elle devait avoir quoique rapport avec Tintiiinité dont il avait souflTert dans sa jeunesse, et surtout avec sa complexion générale. II parait certain, d'après ce que nous en savons, qu'elle lui laissa de tristes souvenirs en même temps que des retours intermittents. Dion nous assure que Caïus était devenu plus changeant, plus capricieux dans ses résolutions, plus cruel dans ses passions, plus extravagant dans ses désirs que jamais. Il aimait les flatteurs et s'emportait contre eux. Il recherchait et fuyait la multitude. La nuit, on le voyait, en proie à de longues insomnies DU à de terribles hallucinations, se promener dans les galeries de son palais, qu'il faisait retentir de cris lugubres; on l'entendait échanger des paroles avec l'esprit de l'Océan qui lui répondait dans le fracas des vagues. La vie