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privée, le gouvernement de l'empereur se ressentirent promptement de ces dispositions mentales.
Caïus avait promis d'èlre le père de Tiberius Gemellus; il envoya à ce jeune homme un ordre de mort, déieslant en lui un héritier, depuis qu'il avait vu la mort de près. Macron était en partie l'auteur de sa fortune; il se prit à faair en lui un maître et s'en défit par le même moyen. Sa première femme Oresiilla fut répudiée pour la plus belle et la plus riche héritière de Rome, LoUia Paulina, répudiée bientôt également. Une de ses sœurs, Drusilla, qu'ilavait toujours passionnémentaimée, devint sa femme. Elle mourut; il en éprouva un chagrin insensé qui s'exhala en extravagances contradictoires; tantôt il s'enfonçait dans la solitude de sa maison d'Albe, tantôt il se jetait à corps perdu dans les jeux et les spectacles. Il prétendit faire de cette Drusilla une déesse, Panthéa, dont il imposa le culte à l'Italie et aux provinces. C'étaient là ses folies; on lui en prêta d'autres. On assura qu'il punissait et ceux qui témoignaient du chagrin de la mort de sa sœur, parce qu'elle était déesse, et ceux qui se réjouissaient de son apothéose, puisqu'elle était morte. N'aurait-il pas, disait-on aussi, exigé l'accomplissement des vœux imprudents du citoyen et du sénateur dévoués qui s'étaient engagés pour sa guérison? Ce qui est certain, c'est que, dans le gouvernement, le département des jeux devint sa principale affaire. Caïus ne se contenta pas de célébrer les anciens jeux avec une prodigalité et une férocité inouïes; il en importa ou en inventa de nouveaux. Aux combats de bêtes et de gladiateurs, pour lesquels les amphithéâtrei furent agrandis, il ajouta les courses de chars, les cirques. Jusque-là, au. contraire des Grecs qui tenaient à honneur de figurer dans les jeux, on avait cru au-dessous de la dignité du citoyen romain de se mettre en scène pour le plaisir des autres. Caïus Caligula, empereur, Ht montre
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devant le public des grâces qu'il croyait avoir à cbanter et à dnnser. Chevaliers et sénateurs suivirent bientôt un exemple donné de si haut. Comme les prodigalités faites dans ces représentations épuisaient le trésor public, on commença à se souvenir des anciens ennemis de Germanicus que signalaient surtout leurs richesses. Des ordres de mort furent desiinés à combler le déficit. Et ce ne furent pas seulement mesures financières, mais satisfactions données à une certaine férocité naturelle. Caligula se trouvait un jour assis entre les deux consuls: c Quand je pense, dit-il en ricanant, qu*un ordre de moi pourrait faire tomber vos deux têtes I »
Évidemment la maladie n'avait point laissé à l'empereur une intelligence parfaitement saine. Une idée, une seule idée, teirihle, monstrueuse, devait bientôt Toccuper tout entier. Caligula, prince^ empereur^ était maître du monde; il pouvait tout, il le savait: t Souvenez-vous, disait-il, que je puis tout et sur tous. » Il était plus que roi, car il nourrissait des rois dans son palais, à sa table. Il dic^tribuait des couronnes. Un jour que plusieurs disputaient de prééminence, il coupa court à leur querelle avec le mot d'Homère * : • Un seul chef, un seul roi. » Gaïus n'avait cependant point de litre qui répondît à cette puissance, et c'était son tourment. Être roi ne Teût point contenté; et il ne pouvait même point l'être. Cependant puisqu'il commandait en maître ahsolu aux hommes,ii devait être supérieur à eux. L'imagination de Caïds travailla en consériuence à faire de sa personne un dieu. Il s'efforça d'en avoir l'immoblilé physiijue et 1 insensibilité morale ; ses yeux apprirent à se tenir fîxes^ sans jamais remuer les paupières; il ne mangeaitpoint ou se faisait ser-
1. Suet. Calig-i^l : Ëxclamavif^ et; xofpavo; ê(TT(i), eîç éaviXevc*