Tacite, m, 15-85. — Suet, VitelL, 15. —Dion, ixY
VITELLIUS
milieu de cet immense désastre, que Tempereur regardait de son lalais et les Romains de leurs loits, les vainqueurs péiièUèreut dans le sanctuaire consacré à la Fortune romaine, et y mirent à mort Sabinus et ses compagnons. « Forfait le plus déplorable et le plus honteux, dit Tacite, qui ait affligé la république romaine I Dans un temps où Rome était en paix avec les étrangers, et,autant que le permettait les mœurs, avec les dieux, le Capilole élevé à la fortune de son empire, respecté par Porsenna et par les Gaulois, a été détruit par la fureur de ses princes * ! »
Ce ne fut pas la dernière scène de ce genre. Antonius, arrivé à son tour sous les murs de Rome, que les Vilelliens s'acharnaient encore à défendre, la fit attaquer par les voies Salarienne et Flaminienne, et par le lit du fleuve. En vain le philosophe Musonius essaya de se jeter au milieu de ces furieux; en vain les vestales opposèrent à ces extrémités leur caractère alors encore respecté: philosophie, religion, tout fut inutile. Les Vitelliens, repoussés des murailles, tournés par ceux qui pénétrèrent dans le lit du fleuve, se reformèrent dans le champ de Mars et dans le camp des prétoriens. Le peuple, spectateur
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gémonies, Vitellius eut un dernier retour de dignité. € J'ai cependant été ton empereur, » dit-il au centurion qui rinsuKait, Il fut massacré là, et on traîna son cadavre avec un croc jusqu'au Tibre *.
Rome n'avait jamais rien vu de pareil depuis sa fondalion. Quand Marins et Sylla, l'un après l'autre, entraient dans Rome après avoir combattu, ils lui avaient épargné la vue du combat. Quand les dernières armées républicaines en venaient aux mains par deux fois dans les champs de la Macédoine et de la Thessalic, les généraux commandaient à leurs armées. Ils conibatlaienl pour des principes, pour la république ou pour la monarchie. Maintenant, les soldats menaient leurs chefs, ils s'égorgeaient pour savoir quel serait le successeur de Néron. Tout champ de bataille leur était bon, les ruines de Crémone ou celles de Rome. Il y a quelque chose de plus abominable que la démagogie civile, c'est la démagogie militaire.
!• Tacite, Hist.,m, 80-85. —Suet., Vifell.^ le.