Marc-Aur., Pensées, u, 9; ix, Î
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MâRC-AURELB.
le Jis*îiit, Faustine était une preuve que la philosophe sloïcitMine était impuissante h exercer sur les femmes la môme ialluence que sur les hommes, ou que leur éducaliou morale, entièrement négligée, toujours laissée aux prêtres du vieux culte, était toujoure nulle. Elle donna huit enfants et quelques années de bonheur à l'empereur. Après avoir commencé à tromper Marc-Aurèle pour quelques jeunes patriciens delà cour, qui n'était pas exclusivement composée de philosophes, l'impératrice serait descendue, s'il faut en croire Capitolin, jusqu'aux histrions, aux gladiateurs et aux matelots de Gaëte. Lephilosophe ne connut point tous ces désordres, ou les souffrit, les cacha même autant qu il était en lui. En plein théâtre, il supporta sans broncher Tinsulle grossière d'un acteur à ce sujet. U avait tant de respect pour son père adoptif Antonin, pour le trône même, qu'il ne voulut pas donner le scandale d'une répudiation : t U me faudrait rendre aussi à Faustine, disait-il, l'empire qu'elle m'a apporté en dot!» Peut-être pensait-il comme un de ses glorieux prédécesseurs, qu'il ne devait point, môme avec de bonnes raisous, imiter et propager l'exemple du divorce, trop souvent donné par de mauvais empereurs. Pour ne leur
létrapbarmaque. Dans la coar, où le manteau du pliilo- ^phe était devenu à la mode, le second César avait un tel souci de sa personne qu'il semait la poudre d'or dans >a chevelure et sa barbe blondes. Affolé de spectacles et ie jeux, il avait parmi ses chevaux un coureur favori :]Q'il nourrissait de raisins secs et de dattes, et auquel il Taisait flairer avant la course des boisseaux d*or. Quand il sortait de la table frugale et discrête de son collègue impérial, il se hâtait d'oublier le philosophique repas et la stoïque compagnie dans une débauche de taverne, en société d'hommes de mauvais lieux qui le rapportaient souvent ivre-mort au palais des Césars. Il avait la Tacullé, qu'il prisait beaucoup, de digérer avec une incroyable promptitude. Marc-Auréle chercha à ramener Verus par Bes conseils, à le réformer en lui donnant en mariage une de ses filles. Enfin, respectant en lui un collègue, un îrère, un gendre, il ne lui adressa plus d'autres reproches que celui de son exemple, complètement inutile il est vrai«
La vigilance et la promptitude que mit Marc-Âurèle à réparer les désordres physiques de son temps empêchèrent le peuple de l'en rendre, comme il arrive trop souvent, responsable. Dans une disette, il ne craignit pas de tirer du blé des greniers de Rome pour en nourrir les villes d'Italie; pendant une peste, appliquant au delà même du tombeau ses sentiments de charité^ il ordonna par un décret, l'unique de ce genre peut-être dans l'antiquité, de faire aux frais de l'État les funérailles des moindres citoyens. Les hommes qu'il aimait tant furent plus funestes à l'empereur philosophe que les éléments ; c'est en luttant contre eux au dehors et au dedans qu'il s'épuisa.
Les rois et les peuples voisins de l'empire, que le souvenir des victoires de Trajan avait longtemps tenus en respect, recommençaient à attaquer les frontières sous
Mauc-aurële.
Marc-Aurèle; ils l'obligèrent à soulenir pendant tout son règne, à Torient et au nord, les plus opiniâties luîtes. Dans l'espoir de secouer la torpeur et les hontes de Lucius Verus, Marc-Aurèle envoya son collègue, à la tête des armées d'Orient, contre le roi des Parthes, Vologèse , qui avait anéanti une armée romaine toat entière (162). Lucius Verus s'arrêta à Capoue, à Corinthe, à Athènes, naviguant lentement au doux bruit des symphonies et des concerts. Arrivé en Syrie, il établit son quartier général, au milieu des histrions et des mimes, dans le voluptueux bourg de Daphné, à Antiocbe. Heureasement AvidiusCassius, à la tôle des légions, chassa Vologèse de Syrie, le poussa i'épée dans les reins jusque dans Sèleucie et Ctésiphon, rasa son palais dans cette capitale, et remit l'Arménie sous la domination de Rome. Marc- Aurèle cependant refusa pour lui seul le titre dePère delà patrie, que le sénat voulut lui décerner pour avoir pourvu habilement, de Rome, aux nécessités de cette guerre; il partagea avec Verus un triomphe où pour la première fois on vit les filles de l'empereur figurer sur le char de victoire, et il lui laissa à lui seul le surnom de Parthiil avait si lïial i,^ap:né. (Vùkni \icine perdue uuo iJl'
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La plus terrible guerre éclata tout à coup sur les Dords du Danube. Les Barbares, Marcomans, Quades, Saiinates, saisis d'une espèce de vertige, brisaient les frontières, se répandaient à travers les provinces en s'écriant : t Des terres! nous voulons des terres 1 1 Quelques-uns pénétrèrent jusqu'à Aquiléc (166). Un pareil danger demandait la présence même de Marc-Aurèle; mais il ne pouvait laisser Verus à Rome en son absence ; il l'emmena avec lui. Verus eut à peine vu Fcnnemi qu'il demanda à partir et mourut au retour, à Altinum, frappé d'apoplexie. On n'a pas voulu croire que cet homme indigne n'ait point menacé la vie de celui qui lui était un reproche perpétuel; et l'on a pensé que Faustine avait hâté sa fin pour sauver peut être les jours de son mari. Marc-Aurèle, par respect pour l'Empire, fit décerner à son frère mort les honneurs ordinaires de l'apothéose, et éloigna ses serviteurs trop dignes de lui avec des titres honorifiques *. Il recommençait contre les Barbares son dur métier d'empereur, quand arriva pour lui la plus rude épreuve, mais celle dont il se tira avec le plus d'honneur : la révolte du célèbre Avidius Cassius, le seul homme capable peut-être alors de lui dispuler l'Empire.
C'est un caractère assez difficile à définir que celui d'Avidius Cassius, d'après les- renseignements que les historiens du temps nous ont laissés sur lui. Ce descendant de l'assassin de César savait à son gré être dur et cruel, ou aimable et bienfaisant, sceptique ou pieux, libertin ou chaste. 11 aimait à s'entendre appeler Catilina. Marc-Auréle l'avait jugé seul en état de rétablir la discipline dans les armées amollies de l'Orient; et Cassius l'avait rétablie. Les soldats ne mettaient plus le pied dans le dangereux bourg de Daphné; ils étaient passés en re-