‹ Les empereurs romainsChapitre 46 sur 73 · M COMMODE · texte numérisé non relu

M COMMODE

sénateurs et cbevaliers étaient à leur place : on annonça 1 empereur. Il s'était rendu du palais à l'amphitht âtre vôtii d'une tunique blanche à manches. Le sénat alla audevant de lui pour lui rendre hommage; il prit une tunique de pourpre rehaussée d'or, jeta sur son épaule, à la façon des Grecs, un manteau de môme étoffe, se ceignit la tête d*one couronne d'or, saisit un caducée semblable à celui de Mercure et parut ainsi dans l'enceinte consacrée aux jeux. On portait devant lui une peau de lion et une massue; on les exposa sur un siège devant le trône qu'il devait occuper. L'arène avait été divisée par deux barnères qui, se coupant à angle droit, la partageaient en quatre parties. On ayait ménagé à t'entour une galerie d'où l'on pouvait sans danger courir les bêles pour les choisir et les percer. Flèches, javelots, glaives, tout était préparé.

Le premier jour, on lâcha des daims, des cerfs et autres animaux à cornes, puis des autruches. Pour ces légers animaux, les flèches étaient terminées par un fer en forme de croissant. Commode visait, atteignait les aatrncites da is leur course ailée^ leur coupait le cou; la tôte 3! ni tel t^niaiaî, en venu -le Jû viiospc acquise, conli-

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Ua bouclier snr son bras droit, une ép6e dans sa main gauche, car il était et se gioriflait d'être gaucher, il escrima à fer acéré contre les gladiateurs, armés à fer émoussé. Ses adversaires n'avaient garde de le toucher» lui, touchait, blessait, laissait pénétrer le fer, et, s'il faut eiicroireLampride,se penchantsurson gladiateur abattu» écartait du doigt les lèvres de la blessure, pour la montrer au peuple, et essuyait ensuite de sa main dégoattante de sangla sueur olympique qui coulait de son front. L'empe« reur gagna ainsi denx cent cinquante mille drachmes par jouri fonds destinés à celte dépense.

On se refuserait à croire à de pareilles scènes^ on ac« caserait le» historiens d'avoir calomnié l'empereur et son peuple de Tamphithéâue, si Dion Cassius, historien con^ temporain, spectateur et sénafeur» ne confirmait la véracité de son témoignage, en avouant lui-même sa honte et celle du sénat* c Quand l'empereur, triomphant, se tournait vers nous, dit-il, nous nous levions, et répétant les acclamations qui nous avarent été prescrites: «Gloireù « César, disions-nous, à Commode-Hercule, invincible « amazonien, toujours le premier, toujours maître, pieux « et victorieux I » Maisc'étaii bien pis quand Commode s'a« visait, par manière d'atroce plaisanterie, de se tourner vers les sénaieurs, tenant d'une main la tète abattue d'un de ces animaux, et de l'autre brandissant son épée sanglante d'un air menaçant; alors, embarrassés, éperdus, ne sachant comment prendre cette féroce gracieuseté, les pères conscrits arrachaient et mettaient sous leurs dents, suivant le conseil de Dion Cassius, une feuille amère du laurier qui couronnait leur tête; et, dans leur laide et stupide grimace, le maître féroce ne pouvait plus démôler le rire ou la crainte, ni rien surprendre d'intelligent.

L'auteur de pareils exploits prélendit recommander •on nom à la postérité par un monument digne de lui. La

xMi f ^Ii ^iBale 3MK «le 5éfoii sTait été depuis long- L^niç-« rasp-âiûe par ceiie da Soleil, et [e colosse consacré à t**» :1li»i. L& luavsl Hârcuie entera la tète da Soleil, la r-rinpia^ par la âtane et se GHisacra le colosse en inscri- Tant an lias ces mots: c A CintBio<Je, Tictorieox, arec sa maîn gauche, de mille ^iiîatean!> EnTérité, Commode insollait an soaTenîr de NéroD. On poarait surprendre encore dans la tyrannie de celnî-cî, dans celle de Caligub et de Domiiien, qnelqoe apparence de dessein politique on d'intelligente préoocapation, et dans lenrsfolies mAmes quelqoe ombre de raison. Caligala Tisait a la inajosié divine ponr se mieox faire respecter. Néron vonlot rt'ç^uer par le prestige de Fart; Domitien érigea la tyrannie en système. Il n'y a rien qne de physique et de bestial dan» Commode; on ne troore en Ini qne l'instinct du sang cl le goût du meurtre. Yeat-il goorerner, il toe; prier, il tue; plaire, il toe encore. Ce n'est point un nriiAlo, il n'a que le coup de main sûr d'un abatteur de b^toft; point un tyran, mais un bourreau; point nn dieu, inniH un Hercule de foire. Tout chez lui, jusqu'à ses plai- HnnloricB et hon amitié, tout respire le sang. On voyait nn piofiM^iii V i^nm Rome nombre de ses Tîcîimes arec un

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