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retronrons au moyen âge; c'est le barbier-mèdecin Jean àe Troyes, le tueur Caboche ou i'écorcheur Capeluche, fait empereur romain sur les gradins de l'amphithéâtre.
Oo ne saurait se faire une idée des désordres qui se propagèrent dans l'empire sous un pareil gouvernement.
Un déserteur, devenu chef de brigands dans la Gaule, JUaternuS; médita d'enlever l'empire par un hardi coup de main. Après avoir, pendant quelque temps, couru les grandes routes, il avait donné à sa troupe les proportions d'une armée; avec elle, il ravageait les provinces et ran- ^nnait les villes. Commode écrivit aux gouverneurs de la Gaule des lettres menaçantes pour qu'il; eussent à faire cesser ce scandale. On rassembla une armée contre Maternus. Le chef de brigands divisa la sienne par petites troupes, la dispersa et lui donna rendez- vous a Rome, pour le jour de la fêle de la Bonne-Déesse. La statue sacrée était, ce jour-là, processionneiiement promenée dans les rues de Rome, et l'on portait devant elle les joyaux, les bijoux de l'empereur et des plus riches Rom^tins. C'étaient des espèces de saturnales; chacun prenait alors le costume qu'il voulait; tous jouissaient d'une entière liberté. Maternus avait ordonné à ses soldats de se mêler aux gardes de l'empereur et à la foule. Il y avait un beau coup à faire, sous la protection de la bonne déesse. Dans le tumulte même on pouvait voler l'empire. Maternus visait jusque-là : un brigand ne valait-il pas bien un gladiateur ? La trahison de quelques compagnons fit man*quer l'empire à Maternus, qui fut mis en croix.
A quelque temps de là, sans cause apparente, un incendie terrible se déclara dans le temple de la Paix, où se trouvait avec les plus riches offrandes le dépôt de ce que les Romains avaient de plus précieux. Le feu gagna les archives de Rome, de là le temple de Yesta, et mit à découvert le palladium romain , toujours soustrait aux re-
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gards profanes. L'emperear seul ne fat peut-ilre poiat roiné dans cet incendie; les vestales, qui transportèrent la déesse protectrice de Rome dans le palais impérial^ et qui y séjournèrent, ne s'assurèrent ni à elles, ni aux riches oljeis de leur cnhe un inviolable asile.
La pins terrible peste affligea Rome et l'empire, comme pour mettre le comble aux malheurs de ce règne. Commode alla se cacher à Laurente, sur les bords de la mer, au fond d'un palais enlouré de bois de lauriqfs, dans l'espoir que l'air frais du rivage et la senteur des fleurs suffiraient à conjurer Tinfluence épidëmique. Cependant, comme si la mortalité n'était point assez grande, des malfaiteurs s'avisèrent à Rome de s'armer de petits poignards ou d'aiguilles empoisonnées : ils se mêlaient dans la foule aux fêtes et aux temples pour faire autour d'eux de profondes blessures. Cette peste, aussi môr-^ telle que l'autre, se répandit de là dans tout Teinpire. L'empereur avait prop:igé partout le goût du sang et de la mort. Commode n'en voulut pas moins que son règne fût heureux. Il appela Rome immortelle, fortunée et commodienne^ le sénat commodien; il donna, comme de bon augure, à tous les mois du calandrier romain les noms
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parer dans les éenries, où Ton nourrissait les gladiatears, un appartement somptueux. Lœius et Eciectus firent aussi quelques remontrances. Clioqué, Commode, avant de faire sa sieste, écrivit sur ses tablettes de mort les noms de Marcia, de Laetus et d'Ecleetus. Un de ces peiiis enfants que les Romains, au fond de leurs palais, nourrissaient, paraient pour leurs vices, mit la main sur les tablettes, s*en fit un Jouet. Marcia l'aperçut, le prit, le cajola, saisit cette fatale liste, lut et s'écria : f Jumais ivrogne n'est Tenu i bout de femme à jeun, i Elle prévint ceux qui devait partager son sort; ils aimèrent mieux partager son crime. Après le bain, Marcia servit elle-même, en plein repas du soir, le poison à Commode. Il avala tant de viandes et de vin que, porté sur son lit, la tète appesantie, il rejeta tout, même le poison. Les ronjurés tremblaient; mais Lsetu.^ fit venir Tesclave Narcisse, qui étrangla cet abatteur de bêtes et d'hommes.
Rien de plus tragique et de plus instructif que la scène gui se passa au sénat, quand on vint annoncer la mort de son mattre i celte assemblée qui avait applaudi Commode et mâché la feuille de laurier. Des cris où la joie de la délivrance et la passion de la vengeance semblaient déli* rer se croisèrent en tous sens dans un assourdissant concert : a A bas le bourreau ! le gladiateur ! le bestiaire t le parricide! Il a décimé le sénat, qu'il soit traîné aucrocf il a assassiné la patrie, qu'il soit déchiré au spoliaire ! il n'a rien eu de saint ni de sacré, qu'il soit jeté aux gémonies! Aux gémonies I aux égouls ! Tinfàme! le parricide! A la croix ses complices, aux lions les délateurs I » Quand on apprit à celte furieuse assemblée que Commode avait été inhumé, elle voulut le faire délerrer.
Dans un dialogue du sceptique Lucien inlilulé : le Tyran ou le Passage, le nocher Chioî), entres autre âmes, reçoit un jour sur sa barque le tyran Mtgapenlhè^ avec
dit COMUODC
un philosophe cynique et un pauvre saYBUer. Las deux derniers accomplissent avec joie le fatal passage ; le pre« mier fait résistance, il veut fuir, corrompre au moins Caron; il offre ses trésors, sa femme, son favori. Hais il faut que Mégapentbès entre; il fait presque chavirer la barque des morts du poids de ses vices. Fortement rabroué par le cynique, insulté, foulé aux pieds par le savetier, qui, faute de place^ s'assied insolemment sur l'épaule de la tyrannie déchue, Mégapentbès avec ses deux compagnons arrive devant Rhadamanthe. Le juge des enfers n'aperçoit sur le corps du cynique que quelques traces de blessures, dépêchés^ guéris par l'onguent de sa philosophie. Le corps du pauvre savetier est net et sans tache. Celui du tyran est couvert de plaies saignantes, honteuses. Quel châtiment sera assez terrible pour lui? Le philosophe demande à prononcer sa sentence et le condamne à ne point boire comme les autres les eaux du fleuve Oubli. — c Pourquoi? dit Rhadamanthe—Pour que le souvenir des richesses et des joies qu'il a eues en partage, et du mal qu'il a fait, soit son éternel supplice l b — Il y avait encore une croyance à laquelle on ne pouvait renoncer dans l'empire romain.