TROISIÈME PARTIE L'EMPIRE MILITAIRE
Pertinax, didius julianus, septime sevèrb
Le Sénat, le Peuple, les Soldats.
L'empire romain avait duré plus d'un siècle et demi, et il n'y avait encore, après Commode comme après ^îéron, aucune loi pour régler la transmission du pouvoir. La vertu des Antonins avait donnéà l'adoplion, par quatre choix heureux, la force d'une institution. Marc- Âurèle, arrivé au irône par ce moyen, avait cru pouvoir essayer de Thérédilë en faveur de son fils Commode. L'indignilë du sujet fit tout manquer. Qui allait encore disposer du pouvoir? le sénat, le peuple ou les soldats? Le gouvernement libéral des Antonins avait rendu de la force et du crédit à Télément ciivl, et le règne de Commode avait singulièrement compromis les prétoriens. Le sénat et le peuple se montreraient-ils au niveau de la si« tuî^n? Telle était la question.
PBRTINAX.
Pebtinax.
Les assassins de Commode, le préfet da prétoire Laetus et le chambe:laD Eclectus, Irouvërent dans l'instinct de leur conservation une in>piration assez heureuse. Il leur fallait un homme qui pût, par son honnêteté et par sa doi;ceur, rassurer le sénat et le peuple romain^ et en mrme temps, par ses antécédents, convenir aux soldats. Helvius Pertinax, préfet de la ville^ parut faire leur affaire.
Né à Alha Pompeia, d'un charbonnier» las, de bonne heiiîe, du métier de maîire d'école, Pertinax avait tenté la f.iiune dans les emplois militaires et civils, alors le plus souvent confondus. Successivement chef de cohorte, commissaire aux vivres, commandant de cavalerie et commandant d'escadre, enfin général et gouverneur de province, il avait laissé dans tous ses emplois de bons souvenirs, excepté peut-être aux soldats de la Grande- Bretagne qui lui avaient offert l'empire, et qu'il avait dû
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dés soldats; ils avaient peine k croire que Commode eûr succombé à uneapo^)lexie, comme on le leur assurait; ils devinaient dans le successeur qu'on leur proposait un maître plutôt qu'un complaisanL Mais le nom de Pertinax avait été adroitement jeté dans la ville; le peuple se portait en foule au camp, et acclamait avec enthousiasme le nom de son préfet. Sur la promesse du donalitum, les soldats cédèrent, quoique avec regret. Au sénat, le nouvel empereur réussit mieux. Il mit sa couronne aux pieds des sénateurs, et désigna comme plus digne d'elle le vieux Pompeïanus, gendre de Marc-Aurële. L'assemblée se récria et lui promit avec serrosntson appui.
Maître, Perlinax tenta de renouer la tradition anto* nine. Le mobilier, les équipages, tout l'attirail de toilette et d'armures de Commode, tuniques, chlamydes, cuirasses, épées dorées, voitures marquant l'heure, furent rendus à Tencan pour compléter l'argent du donativum. Sa tourbe servile, gladiateurs, bouiïons, eunuques, délateurs, valets, courtisans, petitsenfants, fut dispersée. Les soldats reçurent ordre de respecter la propriété des citoyens. Les honnêtes gens et les jurisconsultes rentrèrent au palais. Sur les observations du sénat, consuté pour les affaires, les impôts furent adoucis, en attendant qu'on pût abolir ceux que Commode avait créés: les terres do domaine furent restituées, du trésor particulier du prince, à celui de l'État. Administrateur économe de sa fortune, Pertinax promettait pour l'anniversaire de sou avènement des réformes encore plus importantes ; il n'eut pas le temps môme de les commencer*.
Les malhonnêtes gens, les prétoriens, contenus, les gladiateurs, bestiaires, cochers, boulions et esclaves, con« gédiés, étaient mécontents. Le préfet du prétoire surtout^