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D1D1TI8 JCLIAHUS.
à Taf sâut, les prétoriens introdoisirent an milien d'eux le nouvel éla dans la place, se dirigeant sur la curie. Le peuple encombrait les rues et les toits. Il accueillit les prétoriens et leur créature arec des huées : c A bas le brocanteur! A bas le parricide! i Mais, au sénat, les plus peureux araient déjà pris leurs places. On vit bientôt les autres^ de crainte sans doute qu'on ne les allât chercher chez eux, se glisser arec leurs robes sénatoriales à travers les soldats armés, et aller tout tremblants vers leurs sièges dans la curie. Il est triste de penser que le stoïcï<me, qui avait fourni de courageuses victimes sous les empereurs épucuriens, ne laissa point d'héritiers après le régne des Antonins. L'historien Dion Cassius,qui tenait de Pertinax la préture, ne manqua pas non plus de venir au sénat et d'y applaudir le discours impérial, qu*il trouva ensuite, dans son histoire, impertinent el ridicule L'é^ lection des prétoriens fut ainsi confirmée^
DlDIUS JULIANUS»
Le nouvel empereur était un riche épicurien, prisé
. DIDItJS ItLIANUS. tl9
sénat. La première fois que Didius Jnlianus sortit pour rendre grâce aux dieux, il fut accueilli, ainsi que les prétoriens, avec des pierres. Le riche césar tenta d'abord de lutter contre ce mauvais vouloir avec des arguments plus polis ; il fit jeter aux opposants des pièces d'argent et d'or: «Nous n'en voulons pastnous n'en voulons pas!» cria le peuple, arec une magnanimité rare. Les prétoriens dispersèrent plus rudement la foule, pour qu'on achevât la cérémonie. Mais chaque sortie de l'empereur devint l'occasion de scènes semblables^bientôtmôme plus graves. Le peuple commençait à s'armer, et rendait coup pour coup aux prétoriens : le sang coulait. Didius Julianus, ayant conscience de sa honte, n'osait donner un ordre trop cruel aux soldats. Enfln dix tnille Romains, un jour, mieux armés que de coutume, après avoir été dispersés dans quelques quartiers, se réfugièrent dans le grand cirque, s'y fortifièrent et provoquèrent les prétoriens à une bataille pour décider des destins de l'empire. C'était un spectacle nouveau. La retraite au grand cirque ne valait pas la retraite du mont Sacré. Il y avait là cependant quelque dignité. Mais, soit ordre de Didius Julianus, soit dédain de leur part, les soldats laissèrent le peuple se morfondre et supporter la faim pendant deux jours. Honteux de leur impuissance, ces itomains, dans un mouvement qui ne manque pas de grandeur, firent appel aux armées de la république qui défendaient au moins la frontière : tournés du côté du soleil levant, ils acclamèrent, avant de se disperser, le nom du général de l'armée d'Orient, Pescennîus Niger.
Les savants et les jurisconsultes ont recherchéquelque» fois l'acte d'abdication authentique du sénat et du peuple romain, dans ce qu'on appelé la loi royale. Vaines recherches t M un gouvernemenl ni un peuple n'abdiquent par acte authentique; ces faits s'accomplissent, mais Us
su DIDIUS JULunus. .
ne se rédigent point. Est-il on acte d'abdication plus avéré que la lâclieté da sénat romain, trayersanl les rangs des soldats pour recevoir celui qui a acheté Tempire? est-il un plusdouioureux acte d'impuissance que celui du (roupie qui, dans un mosient solennel, remet du moins ses droits antiques et le soin de venger sa honteà des généraux et à des armées dignes de ce nom?
Malheureusement, les Romains ne s'accordaient pas même sur le général qu'ils voulaient opposer à Didins Julianus. On s'en aperçut le jour où le peuple assistait, avec Tempereur, sur l'une des grandes places de Rome, à un sacritice solennel à l'occasion du nouvel an. C'était par un ciel bleu et parfaitement pur, une de ces journées claires, transparentes, comme l'heureux climat d'Italie en a, même dans la saison d'hiver. L'attention du peuple n'était pointa la terre, au sacriflcô; il dirigeait ses regards vers trois étoiles disposées en triangle auprès du soleil, et que la clarté plus mate de l'astre du jour> dans celte saison, laissait parfaitement distinguer. Les sénateurs eux-mêmes, qui n'osaient lever la tête en haut, de crainte d'offlenseri'empereur,serisquaientnumoinsàsurprendre la de ruinée, dans ce phéiioniéne, le lie ésa^e
DIDIUS JULI\ffUB. Hi
De ces trois généraux également vaillants et derenom> les deux plus éloignés de Rome, Pescennius Niger en Orient, Claudius Âlbinus en Grande-Bretagne, avaient un appui, Tun dans le peuple, l'un dans le sénat. Né dans une médiocre condition, peu lettré, mais de haute taille et de belle flgure, quoique fortement basané^ et doué d'une voix sonore qu'on entendait à mille pas, bon militaire et bon administrateur, Pescennius était bien rtiomme fait pour plaire à la multitude qui l'avait acclamé dans le cirque. Natifd'Adruméte, en Afrique, mais rattachant son origine aux Cesonius, ayant, malgré sa haute taille, la voix plus douce et le teint plusblancqu'it ne convient à un homme, Claudius Albinus plaisait à Taristocratie romaine autant par sa vie débauchée et son goût pour la petite et futile littérature, que par les flatteries quMl adressait toujours à l'antique sénat. De pure origine africaine, né à Leptis, d'un chevalier, Septime Sévère n'avait d'appui que dans ses légions. Déjà mûri par l'âge» il était plus remarquable au moral qu'au physique. Dur pour les autres et pour lui-même, quelque peu farouche, sobre, actif, persévérant, i| exerçait son roélier de soldat avec passion et n'avait d'estime que pour les armes*.
Ce fat sans doute à Thabileté qu'il eut de se conduire en vrai soldat, dans un gouvernement dont les soldats faisaient la principaleforce,queSeptimeSévèredat de remporter sur ses compétiteurs. A Carnuntuni, prés de la froniière, il réunit les légions de l'Illyrie et les constitua en un corps délibérant, comme juges des destinées de l'empire. Il leurrappela la mort douloureuse de Pertinax, la honteuse élévation de Didius Julianus, deux crimes commis par des soldats de parade. Scans cacher aux siens