‹ Les empereurs romainsChapitre 52 sur 73 · CARACALLA · texte numérisé non relu

CARACALLA

savait tirer des connaissances historiques qae son përc s'était efforcé de lui donner.

Cacacalla avait grand désir de visKer Alexandrie, cette merveilleuse fondation du fils de Philippe. Les Alexandrins étaient alors dans la joie d'user des droits que leur avait conférés, comme au reste de l'Empire, la constitution Antonine. Un Egyptien, un Cœranus, venait de prendre place le premier au sénat romain. Les Alexandrins firent à Garacalla une réception magnifique; les fleurs furent jetées sous ses pas, les maisons se parèrent de festons et de guirlandes, l'encens fuma sur les autels. Garacalla, au milieu d'une population enthousiaste, se rendit au tombeau d'Alexandre, y déposa solennellement son baudrier, son épée, ses joyaux, en signe de respect. Le nouvel Alexandre s'était exposé cependant au milieu de la population la plus moqueuse de tout l'Empire. Elle eut bientôt trouvé le défaut du héros. L'Alexandre macédonien avait autrefois vaincu les Gèles, l'Alexandre romain avait tué son frère Gela; les Alexandrins allèrent de par la ville, répétant que le nouvel Alexandre valait bien l'ancien, puisqu'on pouvait également appeler l'un et l'autre Alexander Geticus. Le goût de Garacalla pour les Alexandrins se changea en haine; il se vengea cruellement, en hôte fauve, de cette plaisanterie. Les principaux personnages d'Alexandrie furent invités à un banquet ; le même jour, toute la jeunesse de la ville devait se rassembler sur la grande place. Garacalla voulait, disait-il, l'y passer en revue, et choisir les plus beaux et les plus robustes pour en faire un bataillon sacré, préposé à la garde de sa personne. Les invités s'étaient à peine rendus dans la salle du festin, que Garacalla les y fit massacrer; la jeunesse alexandrine, ficre de l'honneur auquel on la destinait, s'alignait sur la grande place, quand les prétoriens et les soldats de Garacalla l'investirent^ e(^

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no CARACALLA.

courant sus, commencèrent une immense et horrible boucliorie. Les uns creusaient de longues et larges fosses, tandis que les autres étiicnt occupés à les remplir; l'ardciir du travail fut (elle, que plus d'un soldat fut précipité et enterré avec les victimes. Caracalla regardait tout du temple de Sérapis, où il consacra lépée qui avait tué Octa. Montesquieu n'a-til pas eu raison d'appeler ce monstre un c destructeur d'hommes? » L'édifice du Musée fut onsuKe détruit; et la « table • de ses savants, où les philosophes et lettrés d'Alexandrie étaient nourris et logés comme dans un grand séminaire scientifique, fut dispersée. On sépara la ville en deux par une longue et épaisse mnrailk'; et deux fortos garnisons, chargées d'inteitlire la communication, gardèrent le cimetière et les ruinés que le nouvel A exanJre avait faites dans la ville fondée par l'ancien*.

Il fallait à Caracalla des exploits plus glorieux; il entraîna son armée, ses Macédoniens, ses Spartiates (car il avait eu la fantaisie d'avoir aussi une phalange Spartiate), ses pnloricns et ses légionnaires, au delà de l'Ëuphrate, sur les pas d'Alexandre. Arrivé là, il attira dans un guetrOst lioùnc (i-i celui ilAitMLiiie, sons î)ré-

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