CARACALLA. 8S
un nouveau Darius, maïs il y dispersa vaillamment les ossements des anciens rois perses et parthes qui étaient rassemblés dans cette petite viile; et i! écrivit au sénat, qui censurait ses entreprises, pour lui re[troclier de croupir dans l'oisiveté tandis qu'il suail à acquérir de la gloire. Le fils et rimilateur maladroit de Septime Sévère ne lut point éviter, pour sa personne, les périls de TEmpire, que son père avait du moins conjurés. Caracalla avait pour préfet civil du prétoire un certain Macrin. C'était un jurisconsulte habile, qui voyait avec peine gâter l'Empire de Sévère avec ces cruautés et ces folies. Caracalla le détestait et ne lui épargnait point le mépris et les railleries. Cet homme honnête eût peut-être supporté cependant longtemps un pareil maître, s'il ne s'était vu bientôt plus gravement menacé. Quelques historiens, pour rapprocher sans doute davantage ce règne de celui de Néron, ont accusé la mère de l'empereur, Julia Domna, d'avoir su garder une grande influence sur son fils par des moyens qui n'avaient pas réussi à Agrippine. Toujours est-il que Julia Domna veillait avec sollicitude sur les jours de son fils. Un jour, Caracalla remit à Macrin les dépêches qu'elle lui envoyait d'Antioche. Macrin tomba sur l'une d'elles, qui, sur la foi dç l'astrologie, l'accusait lui-même de conspiration. Caracalla était très-superstilieux; il n'y avait pas alors de délits plus dangereux que ceux tirés de l'astrologie. Macrin aima mieux tuer qu'être tué. Son maître ayant oublié à son égard le neminem lœdere, il lui appliqua à sa façon le sunm cuiquetribuere. Il s'entendit avec quelques officiers, raillés quelquefois comme lui par Caracalla, et gagna entre autres Tun d'eux, Martialis, à qui l'empereur avait tout récemment refusé un avancement d'une façon fort désobligeante. Dans une marche de Carrhes à Édesse, Caracalla venait de s'écarter du gros de l'armée, quand Martialis courut sur lui l'épée haute et