‹ Les empiriques; comédie en trois actes et en proseChapitre 38 sur 41 · ACTE TROiSi£ m E · texte numérisé non relu

ACTE TROiSi£ m E

LE CORREGIUOR.

N'est-ce pas ?

A L V A R , mettant une bourse dans la main de Miclid. Je ne désire pas vous revoir ; mais si lé sort des armes vous ramène à Urgel , souvenez-vous que vous y avez laissé un ami. M I c H E L.

Quoi ! vous voulez que je reçoive encore. .'.7

Les dons Az l'amitié n'humilient jamais.

M A R G u E R I T ir, J Al'.ar.

Mais ils sont perdus, si vous les laissez partir; ils ne feront pas une lieue sans tomber dans un détachement espagnol. ( .i Michel. ) Attendez un moment.

Or\. iic sauroit poin'tant les gar'..!;.n- ici.

Marguerite.

Sans dcute : la ruse n3 peut fna:-.cu;r de se découvrir.

Et tôt ou tard , ils seroicnt reconnus.

Marguerite, J Michel, Un peu de patience.

Il me vient une excellente idée., {aux Français.') Demain vous serez avec les Français.

LE C O R R E G I D O R

Qy.^ marmotez-vousdonc depuis un quart-d'heure ? Quand on parle bas , je n'entends rien.

Nous parlons de la position de ces cinq hommes , et de la vôtre. Il faut qu'ils sortent de chez vous , parce que l'inquisitiorj pcunoit se nicler de cette affaire. L'Eglise u'aime pas les miracles qui ne sont pas de sa façon.

LE CORREGIDOR

Oiai , oui , certainement , 11 faut qu'ils sortent de chez moi.

yS L E S E M P I R 1 Q U E S ,

Ils ne peuvent pas non plus partir sans passeports, et vous Fi'en donnerez pas à des inconnus , cela vous conpromettroit. LE CORREGIDOR.

Certainement, cj'.a nie compromettroit, et je ne veu x pas être

como;o;nis. D'aill';;urs, qu'ils s'arrangent : pourquoi n'ont-ils pas

de pas'.eports ?

Robert,

Nous les avons oubliés dans nos souguenilles,

Tout cela est bel et bon ; mais je n'en donnerai pas. —Diable !

A L V A R , tirant le CorrJg:dor à l'ccart. Ecoutez.

LE C O R R H G I D O R

Voyons , mon gendre, vous qui avez de l'esprit , à ce qu'on dit , arrangez cela.

L E O N O R E , il Ma- guérite.

Les sauvera-t-il ?

- Il l'espère.

Sans exposer mon père ?

Marguerite.

Sc.yez tronqu'lle , il saura tout concilier.

L E o N o R E , ii/.'.v Français.

Vous m'avez cruellement cfii-aycc ce matin ; mais vous m'en avez bien dédommagée. Croyez que notre reconnoissance et nos vœux vous suivront par-tout.

Je ne vois pas d'inconvénient à s'en défaire ainsi. — Dilîniiivement ce sont des intrigans, des aventuriers.

LE C o R R E G I D o R.

C'est très-bien , c'est au mieux. Voilà un jugement qui fera du bruit. Ecrivez, mon gendre, écrivez. ( Aivar écrit ^ puis le Corrcgldor signe. )

Je te jure , Robert , que si nous nous tirons jie là , je ne si;:vial j-;mais tes conseils. J'a:meio"s mieux i.itaqui.r sci.l une batterie, ([uc de rien entrepvc'ndie av.'c :oi

Robert.

Et si le seigneur Alvar tient sa -parole , si dcma'n nous revoyons nos frères , que diras-ta ?

Que tu nous auras conduits zi\ ]o:z à force ù ini u.'.encc. Robert.

Je conviens que je pcuvois m2 dispenser de ressusciter personne. Cependant sans cette résurrection , oa en étions-noui ? 'lèCorrégidor.

Marguerite , faites monter le piquet de la sainte Hcrmandad , qui est de planton chez moi.

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