ACTE premier
Robert.
Je le crois bien ^ parbleu. C’est l’équipage de quelque petit Grand d’Espagne. —Un rouleau de toile grise l Que diable y] a-t-il là-dedans ? (r7 U déploie, et Ut. )
Carlos traite les incurables ,
Et guérit leurs maux divers ;
De ses succès presque incroyables 11 a rempli l’univers.
Je faisois déjà un rêve agréable, le réveil n’est pas gai. Allons^* c’est tout bonnement l’écriteau d’un charlatan , fait en méchans ycvs pour rendre la chose plus touchante.
Michel.
Ce qu’il y a de remarquable , c’est la rare modestie du docteur;
Robert.
Présomptueux comme un médecin. Au reste , c’est de la même famille ; on se ressemble de plus loin. — Une liasse de papiers ? il faut voir cela. Si c’étoit des billets à ordre Michel.
Oh ! sans doute , une rame de billets à ordre 1
Robert, feuilUtant. ^
« Certificat de bonne vie et mœurs du CorréglHor d’Agullar,'
daté d’avant-hier. ( il Ut. ) Guéri le chien de la princesse des » Asturies , d’un dépôt au scrotum. Guéri les révérends pères » Jacobins de Séville , d’une fièvre chaude avec transport au » cerveau. Guéri une chanteuse de Madrid , de. . . . ».
Eh î laisses-là ces sottises : tu n’aurois pas fini demain, Robert.
A la bonne heure ; nous verrons le reste dans un autre moment. Voici le beau, l’intéressant , le solide; nous en sommes à la vaisselle. ‘—Un habit chamarré d’or, un autre chargé d’argent.
C’est le Pérou que cette valise. Des livrées neuves , légèrement galonnées; mais enfin c’est du galon, (^frottant la dorure avec sa main , a la sentant. ) Oh , le coquin I oh , le voleur I
LES EMPIRIQUES, Michel.
Eh bien , qu’as-tu donc ?
Robert.
Tout cela est faux, faux comme la médecine ; ma main sent le cuivre à pleine bouche. En jettant cela au feu , nous en avions chacun pour dix pistoles. Oh , le scélérat 1 Si du moins sa bourse étoit au fond de la valise 1 — Pillulespour l’épilepsie ;
c’est bien restaurant. Pillules pour la goutte , que Encore des
pillules , et voilà tout. Que le diable t’emporte et te remporte, chien de charlatan.
L E c O U R T , riant.
La belle capture î Ah ^ ah , ah !
D U V A L , riant.
La superbe trouvaille l Ah , ah , ah î
Dubreuil, avtc ironie. i
C’est le Pérou que cette valise. ( tous quatre rient aux éclats. }
Vous avez beau rire ; je n’ai pas perdu mes pas , et c’e'it ce qui me console. Les trois mules valent leur prix : grandes , bien prises , la tête haute. . . .
Michel, souriant.
Prends garde que les mules ne soient fausses aussi.
Robert, .îe frappant le front , et sautant.
Je l’ai trouvé, je l’ai trouvé.
Dubreuil.
Le Pérou ?
Robert.
Jel’al trouvé, vous dis-je. Vive Robert, vive les gens d’espritj Michel.
Je crois qu’il devient fou. Qu’as-tu trouvé enfin ? Robert.
Un moyen sûr de nous tiier d’embarras. Ah ! vous riez; ah