SCENE PREMIÈRE
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ROBERT, tres-richjmmt et ridiculement vêtu , M IC HEL ^ LECOURT, DUBREUIL, KL , couverts ^unt
livrée supabe.
Robert.
Nous voilà donc dans cette ville dont ndus n’osions approcher : nous y voilà tranquilles , libres de tous soucis , et nous avons un air d’opulence , qui dans certains cas vaut seul une fortune,
Michel.
Il est vrai que jusqu’à présent , tout a parfaitement réussi; Mais prends bien garde à ce que tu feras : une étourderie nous seroit funeste, et tu t’en permets de temps en temps.
Robert.
Jamais dans les occasions importantes. C’est sur moi que roule l’expédition : vous me verrez tantôt adroit, tantôt profond, déployer les qualités d’un chef habile et entreprenant , employer tour-à-tour toutes les ressources de mon imagination vive et féconde , et laisser les fausses manœuvres , les opérations incertaines aux Généraux Espagnols.
Michel.
Tu promets beaucoup.
Robert.
Et je tiendrai tout.
Michel.
Souviens-toi que ma prudence, qui t*a guidé quelquefois, te devient inutile ici. Mon nouvel emploi m’ôte la parole en public , et je ne peux avoir d’avis qu’en particulier.
Robert.
Mais je crois que tu me prends pour un écolier. Qui peut^ dis-moi, exécuter un plan hardi comme celui qui l’a conçu? Qui peut, comme lui , prévoir les inconvéniens , surmonter les obstacles , et tirer même d’un revers , des avantages inattendus ?
Dubreuil, souriant»
Oh , la présomption , la présomption. ... /
Robert.
Ne messied pas à un homme de génie.'
•Dubreuil, ironiquement.
Comme toi ?
Robert. ^
Comme mol. Mais laissons ce langage familier , qui nous trahiroit tôt ou tard. Prenez , dès ce moment , l’hlUbitude du respect qui convient à la circonstance , tt. ...
Dubreuil.
Oh , du respect l
Robert.
Oui , Monsieur , du respect. Vous êtes mon valet , je le ^crois, du moins , et je vous prie de vousfen souvenir. C’est en répétant entre nous les scènes que nous méditons , que nous y mettrons en public l’ensemble et la vérité qui produisent l’illusion. Commençons donc à remplir nos différentes fonctions. — Que signifie le désordre qui règne dans ce laboratoire } il ne 'fait honneur ni à votre activité , ni à votre intell-gence. ( â Mchel ) Allons , Monsieur , un peu cie vivacité ; veu^ êtes paresseux comme un laquais de grand seigneur. Que tout cela
32 LES EMPIRIQXJES;
soit rangé symmétriquement , que tout soit mis en évidence jusqu’à la moindre boite : apprenez à faire valoir les plus petite choses. ( on range. )
Michel;
Vraiment ce ton là lui va à merveille.
■Robert.'
N’est-il pas vrai , mon Lieutenant ?
Michel.
Ohl son Lieutenant 1 Voilà déjà l’homme à la tête,
Robert.
C’est la force de l’habitude....
Michel.
Qui t’emportera malgré toi.
Robert.
Qui prouve au moins la nécessité de nous observer continuellement. Dubreull , Duval, Lecourt, je vous condamne tous trois au silence , de peur d’accident. Vous ne parlerez que dans les cas d’un extrême besoin ; et, selon le précepte d’un sage, vous tournerez sept fois la langue dans la bouche avant de dire un mot.
Le seigneur Carlos nous fait bien de l’honneur, en vérité;
R O B E R T, d Michel.
Pour toi , qui ne perds jamais ton sang-froid , je te fais mon factotum , et toi seul pourras m’adresser la parole.
Michel, d"un grand sérieux.
je tâcherai , seigneur Docteur , de justifier cette préférence;
Robert.
C’est cela, mon ami; voilà le ton qui convient : je suis assez content de ce début , il promet.
Michel.
Votre laboratoire est en ordre. Avez-vous quelque chose à nous ordonner ?
Robert.