ACTE SECOND
LE CORRÉGIDOR
C’est ce que je disois, hyperboliques.
Robert.
Pas du tout. Jamais je ne parle de mes talens ; mais on m’attaque , et il a fallu se montrer médecin , et plus que médecin.
Oh ! je me suis apperçu d’abord que cette espèce de filou n’est qu’un bavard , et rien de plus. Mais , Docteur , ressusciter des morts !
Robert.'
Cela vous étonne ? il n’y a rien de si simple. Qu’est-ce que îa vie .^un souffle. Qu’est-ce que la mort ? l’absence de ce souffle. Qu’est-ce que la résurrection , le retour de ce souffle. le' Corrégidor.
Cela me parcît très-clairemenf expliqué'.
Carlos.
Vous ne voyez pas que c’est un charlatan qui veut se tirer d’altaire avec de mauvaises plaisanteries ?
LE Corrégidor:
Mauvais plaisant vous-même , entendez-vous , mon ami. Carlos.
Et pendant qu’il vous débite des fadaises , nous perdons de vue l’objet principal , mes équipages, mes mules.
LE Corrégidor.
Si tu m’interromps encore, je te fais mettre en prison.
Robert.
Cela devroit déjà être fait.
LE CoRRÉGiDORjd par^ à Robert.
Cela ne tardera pas. ( hauf. ) Mais revenons. Vous êtes donc bien sûr , Docteur , d’avoir ressuscité des morts l Robert.
Comment , si j’en suis sûr !
£4 L E s E M P î R I Q U ES,
le Corregidor.
En vérité ?
Robert.
En vérité.
LE Corregidor. ,
Parole d’honneur ?
Parole d’honneur.
LE C O R R E G I D O R , //<;£ présentant la main.
Toucliez-là , homme étonnant. Le Ciel a guidé vos pas : vous releverez. ...
Robert. —
Quoi ? ‘ ^
LE Corregidor.
Ma famille en ressuscitant
Robert, effrayé.
Qui ?
LE Corregidor.
Ma fille unique décédée kier au soir.
Carlos.
Par Notre-Dame de Lorette, le voilà pris.
C’est ma dureté qui l’a mise au tombeau ; mais je réparerai mi es torts.
Robert, anéanti.
Comment ! votre hile est morte , et vous me le dites si tard ?
LE Corregidor.
Qu’anrois-je gagné à vous le dire plutôt ?
Robert.
Ohî rien du tout. ( i part.) Nous voilà jolis garçons! Carlos.
Allons , Docteur , ressuscitez , ressuscitez.
LE Corregidor.
Certainement , il la ressuscitera.
Carlos.
Carlos.
A peine de passer pour le fourbe le plus effronté...;
LE CORRÉGIDOR
Paix.
Robert, balbutiant.
Oui , je crois que j’espère parvenir. ( à part. ) Je ne sais
plus où j’en suis , ou le diable m’emporte.
Voyez-vous , voyez-vous comme il est embarrassé?
LE CoRRÉGIDOR.
Non , Monsieur , non ; c’est qu’il réfléchit
Carlos.
Oui , aux moyens de nous tromper.