C. — Excuses invoquées par les falsificateurs
Le vendeur pour sa défense invoque les excuses les plus diverses et parfois les plus inattendues.
Certains fraudeurs ont voulu faire considérer leur méthode comme un perfectionnement, il en est même qui ont été jusqu'à prendre un brevet d'invention. D'autres prétendent qu'ils sont obligés de falsifier leurs denrées pour satisfaire le goût du public, et dans cette assertion paradoxale, il y a quelquefois une part de vérité : quand une personne prend des aliments, ou une boisson ayant un goût spécial, un goût de crû par exemple pour le vin, elle s'y habitue, c'est pour elle le goût normal de cette denrée alimentaire et elle le réclame de son fournisseur qui, pour le lui procurer, est
obligé de recourii- à une fraude toujours idealique k elle- • môme. C'est en vertu de cette accoutumance que beaucoup de Parisiens préfèrent au vin naturel le mélange connu sous le nom de vin de Beroj.
Une autre excuse est la suivante : le vendeur prétend se trouver dans l'impossibilité de vendre au prix admis par le public, sans falsifier. Cet avilissement des prix provient de la concurrence que se font les fraudeurs. Le seul remède est de les poursuivre énergiquement, de manière à supprimer des marchés les ventes faites au-dessous du cours
normal. .
Le fraudeur dans certains cas prétendra que la peli e • quantité de substance ajoutée ne saurait nuire et que e dommage éprouvé par le consommateur est presque nul. Telles sont les excuses invoquées dans l'emploi des substances toxiques usitées pour la coloration des pâtisseries ou des bonbons (1).
'IN T P rnnseil d'hY^iène et de salubrité de la Seine a rédigé une ins-
SIVverTt dite; touls les teiates°co„=posé» dont le bLaac esl '■"c^S:.S'r«°«. - L. cochenille, le carmin, la laque carminée, la
laque du Brésil, l'orseiUe. d'Aïi"non, la graine de
Couleurs jaunes. - Le S^,, dumiienses de
Perse, le quereitron, e ,'711;^ plusieurs des ma-
ces substances. Les )«""f=. '"^^^te^d'ATguon et de Perse sont lrb?SlSfernîir.tTïureVu;7ue'don„e le i-une de chrome
de diverses couleurs Jaunes. .P'"„'=™;l7,Me je P Hw
Voir pièce annexe n» 15.
CONSÉQUENCES DES FALSIFICATIONS. ^^c»
Enfin il est des falsiflca leurs qui donnent des excuses dénuées de tout espèce de sens. C'est ainsi qu'un marchand de vin proclamait dans une brochure les bienfaits du vin plâtré, le plâtrage ayant pour effet de retirer l'aqueux du vin. Un laitier, que l'on accusait de mouiller son lait, prétendait que le lait coupé d'eau était meilleur que le lait pur et il alléguait une diminution notable de la mortalité chez les nouveau-nés, dans un hôpital dont il était le fournisseur.
D. — Conséquences des falsifications.
Les conséquences des falsifications sont variables suivant la nature des ingrédients employés et suivant qu'il s'agit de substances alimentaires ou médicamenteuses.
a. Falsifications alimentaires par des substances toxiques. — On a signalé des cas d'empoisonnement, quand la substance vénéneuse ajoutée l'a été en quantité même peu considérable. C'est ainsi que l'on a rapporté des cas d'intoxication produits par des fromages contenant de l'arsenic. Pour tuer les vers contenus dans leurs fromages, les vendeurs l'avaient arrosé avec une solution d'acide arsénieux. On a signalé des accidents saturnins chez des personnes qui se servaient d'instruments de cuisine étamés avec de l'étain mélangé à du plomb, parfois dans la proportion de 60 p. 100; chez d'autres qui buvaient du vin dont l'acidité avait été masquée par l'addition de la litharge.
On a dû condamner des fraudeurs qui, dans la bière, remplaçaient, pour lui donner son goût normal, le houblon par de la noix vomique, parfois même de la strychnine.
Le plus souvent, la quantité de substance toxique est trop faible pour produire des accidents immédiats, mais elle peut s'accumuler dans certains viscères, ou en s'éliminant provoquer l'irritation d'organes, notamment des reins.
Il n'est pas sans intérêt de suivre dans leurs variations les modes des falsifications usitées il y a quarante ans et
de les comparer avec celles qui le sont acluellement, on verra que, si quelques-unes persistent, un grand nombre sont devenues très rares, elles ont été remplacées par d'autres.
Voici, d'après Ilassall (1) la liste des substances toxiques qui étaient employées en 1865 dans les fraudes des objets de consommation.