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ADJONCTION DE SACCHARINR AUX ALIMENTS. 27J

3° Ces préparations ont donc pour effet de troubler profondément les fonctions digestives. Elles sont de nature à multiplier le nombre des affections désignées sous le nom de dyspepsie ;

4" L'emploi de la saccharine est encore trop récent pour que les conséquences d'une alimentation dans laquelle entrerait journellement de la saccharine puissent être toutes bien déterminées ; mais dès maintenant, il est établi que son usage a sur la digestion une influence nuisible et nous sommes en droit de conclure que la saccharine et ses diverses préparations doivent être proscrites de l'alimentation.

Quelques mois plus tard, le 6 octobre, un arrêté était pris, n'autorisant la vente de la saccharine que chez les pharmaciens.

A l'étranger, des mesures prohibitives ont été également prises.

En 1888, la Belgique frappe d'un droit de 140 francs par kilogramme, les produits contenant plus de S centigrammes de saccharine p. 100.

La vente de la saccharine a été réglementée, en 1890, par l'Italie.

En 1891, les conseils sanitaires des Pays-Bas (1), se basant sur l'emploi très faible de la saccharine en ce pays se montrent opposés à des mesures de prohibition.

De même en Allemagne. Cependant à la suite d'expériences faites à l'Office impérial de santé, des mesures concernant la vente de la saccharine ont été prises en 1897.

En Hongrie, une loi de 1893, qui vise la falsification des produits d'économie rurale, s'occupe de la saccharine. Voici les dispositions principales de cette loi (2) :

Il est interdit de faire usage de la saccharine, de ses dérivés et des produits similaires (saccharine mélhylée,

(1) Voir pièce n» 28.

(2) Klasz, La législalion et Vadmhvslration sanitaires de la Hongrie Budapesth, 1900, p. 34, et Annales d'hygiène, 1901, t. XLVI, p. 258..

sucrol, dulcine, zuckerine, crystallose, etc., n'appartenant pas à la classe des hydrocarbures), pour la fabrication industrielle des denrées alimentaires. Est également interdit le commerce des denrées et des boissons dulcifiées à Taide desdites préparations. L'interdiction ne se rapporte pas à la saccharine qui sera employée par les pharmaciens à la préparation de médicaments et d'articles diététiques, ni à celle qu'ils livreront sur prescription médicale, ni enfin aux produits qu'ils ont le droit de vendre en détail.

Si l'usage de la saccharine pour la dulcification des aliments est recommandé à, un client par son médecin, les pharmaciens auront le droit d'en remettre à la personne qui leur aura présenté le certificat médical y relatif, sans que le client soit obligé de produire l'ordonnance toutes les fois qu'il vient pour acheter de la saccharine. Le certificat médical doit mentionner le nom de l'individu auquel la saccharine pourra être délivrée, avec indication de la durée du traitement et de la quantité approximativement nécessaire pour chaque mois. En tout cas, le temps prévu par le certificat ne pourra dépasser trois ans. Le nom du patient, le jour de la vente, la quantité fournie et la forme dans laquelle la saccharine a été livrée seront inscrits dans le registre-journal du pharmacien. La défense en question ne se rapporte pas à la saccharine achetée par les hôpitaux, maisons de santé et autres établissements similaires.

Dans les stations balnéaires pour les malades dont le régime alimentaire exclut l'usage des hydrocarbures, c'est-à-dire des aliments et des boissons sucrés, de même dans certaines circonstances spéciales, le premier magistrat du municipe aura le droit d'exempter de la défense les industriels qui désirent se livrer à la production industrielled'aliments et de boissons saccharinés. Cette permission ne sera accordée que pour trois ans, mais pourra être renou-

Les produits dulcifiés au moyen de la saccharine doivent être tenus séparés des autres articles, et les enveloppes ou

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récipients qui les contiennent doivent porter en caractères indélébiles la désignation « produits saccharinés ».

Des mesures prohibitives ont également été prises en Autriche en 1898.

Est-ce à dire qu'en France, en dépit de la réglementation, nous soyons arrivés à ne plus absorber de saccharine introduite frauduleusement dans les aliments ou les boissons? Non, bien certainement ; en voici la preuve. Le lundi de Pâques de cette année, M. Chassevent voyait décharger devant un des kiosques de vente d'un jardin public des plus fréquentés par les jeunes enfants, cinq cents topettes contenant des limonades diversement colorées. Il put s'en procurer quelques échantillons; chaque topette de 250 grammes était édulcorée avec environ SO centigrammes de saccharine. Il voulut savoir ce qu'étaient devenues ces boissons saccharinées ; le lendemain il n'en restait pas une seule, toutes avaient été consommées dans la journée.

d. — Acide borique et borax.

Ces substances constituent la base de poudres conservatrices dont la composition demeura longtemps sécrète; ce ne sont cependant que de faibles antiseptiques, puisque l'acide borique n'arrête les fermentations qu'à la dose de 7,50 p. 100, et le borax pas même à 70 p. 100.

L'acide borique et le borax, qui souvent n'est qu'imparfaitement purifié et contient des sels de plomb, sont employés pour la conservation des viandes et des vins. Pour les viandes, ces substances, finement pulvérisées, sont répandues à la surface, soit à la main, soit à l'aide d'un soufflet. Quelquefois, pour agir vite, on les emploie en dissolution. Pour les vins, la dose usitée est de 10 à 30 grammes par hectolitre.

Voici la composition de deux solutions connues sous le nom de sels de conserve,

P. Bhouardel. — Les Empoi.sonnements. 18

Chlorure de soflium . . .

Chlorure de sodium. . . .

. . . tracesi

274 EMPOISONNEMIÎNTS ACCIDENTKLS.

Pour 100 parties.

Pour 100 parties.

La toxicité de l'acide borique est certainement beaucoup plus considérable qu'on ne le pense généralement, et les exemples d'intoxication mortelle ne sont pas excessivement rares.

Le D"" Molodenkow rapporte deux cas de mort dans les conditions suivantes (1) : On pratique à une femme de vingt-cinq ans une thoracentèse, et on lave la cavité pleurale avec une solution d'acide borique à 5 p. 100. Presque aussitôt, il y a des vomissements, du collapsus avec faiblesse extrême du pouls. Le lendemain, il existait un érythème siégeant sur la face, le cuir chevelu et s'étendaat sur une partie du dos. La malade mourut le second jour, dans un élat de prostration extrême.

L'aulre cas est celui d'un jeune garçon de seize ans, atteint de mal de Pott; un abcès par congestion fut ponctionné, et la poche lavée avec une solution d'acide borique. Une demi-heure plus tard, on constatait de l'afTaiblissement du pouls, des vomissements; le lendemain, il existait un érythème généralisé, et la mort survint en trois jours.

Lemoine (de Lille), à l'occasion d'une intoxication boriquée, caractérisée par une éruption confluente chez un malade paralytique général et atteint en même temps de néphrite interstitielle, c'est-à-dire de moyens d'élimination extrêmement défectueux, rapporte un cas du Vincent (d'Armentières) ; à la suite de lavages dans la cavité pleurale avec une solution boriquée à 4 p. 100, survinrent un urticaire généralisé, avec délire calme, puis des hallucina-

(1) Molodenkow, Wratch, a° 31, 1881, t. II, p. 509.

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lions de la vue et des vomissements. Ces symptômes disparurent dès qu'on cessa la médication et apparurent à nouveau quand on la reprit. Le second cas lui fut signalé par le professeur Dubar, qui vit survenir une intoxication boriquée chez une femme de trente-cinq ans atteinte de salpingo-ovarite suppurée ouverte dans le rectum. A la suite de quelques lavages rectaux avec une solution d'acide borique à 30 grammes pour 1000, il y eut des troubles de l'intelligence, du délire, avec face rouge vultueuse, et bientôt de l'érythème généralisé (1).

Welch (2) rapporte deux cas non mortels, survenus dans les circonstances suivantes : Chez deux femmes, pour une affection utérine, on plaçait, au niveau du col de l'utérus, une certaine quantité d'acide borique en poudre, qui était maintenue à l'aide d'un tampon. Le lendemain, il existait de l'exanthème de la face, des mains et des pieds ; en même temps survenait une leucorrhée abondante et fétide. Ces accidents cessèrent rapidement à la suite d'une médication rationnelle.

Branthomme (3), à la suite d'une application de poudre d'acide borique sur un anthrax ouvert, constata un exanthème généralisé, accompagné de soif vive et d'élévation de température; ce malade, âgé et diabétique, mourut en deux jours. Chez un autre malade, à qui, en plus de l'application locale d'acide borique en poudre, il avait prescrit 2 grammes d'acide borique à l'intérieur; il y eut des symptômes alarmants, mais non suivis de mort.

En 1896, Catrin rapporte qu'un infirmier militaire avait donné, suivant la prescription, un lavement avec 4 grammes d'acide borique; le patient présenta des symptômes graves d'intoxication. On pensa que l'infirmier avait commis une

(1) Lemoine, De la toxicité de l'acide borique (Gaz. médic. de Paris, 7« série, t. VII, p. 205 et 222).

(2) Geo Welch, Toxical effecls of boracic acid (New-Yorit med. Record, 3 nov. 1888, p. 531).

(3) Branthomme, Deux cas d'intoxication par l'acide borique (France médicale, 1896, p. 99). i \ ■

erreur, et il eut quinze jours de salle de police ; nul ne songea à incriminer l'acide borique, qui semble bien cependant avoir été le seul coupable.

Enfin, je vous signalerai encore un malade artério-sclé- -reux, atteint de myocardite et de catarrhe de la vessie, qui, par erreur, avala 13 grammes d acide borique; il tomba presque aussitôt dans le collapsus et mourut trente-six heures plus tard (1).

Le D'" Féré a spécialement étudié le borisme (2); il a constaté que l'emploi de l'acide borique ou .du borax, qui fut considéré pendant un temps comme un succédané du bromure de potassium dans le traitement de l'épilepsie, .provoq.ue des troubles intestinaux, des nausées, des douleurs temporales; il survient en même temps des troubles dans la sécrétion de la peau, et par suite des furoncles, de l'eczéma, et même du psoriasis (3).

C'est en 1879 que la question de l'acide borique employé comme moyen de conservation des aliments vint en discussion devant le Comité consultatif d'hygiène. Boutey(d'Âlfort) fit des expériences sur les chiens, en additionnant leurs aliments d'une dose massive de borax chimiquement pur, et ces animaux n'ayant présenté aucun symptôme d'intoxication, il conclut à l'innocuité du borax.

Vers 188S, on fabriquait en Angleterre des bières boriquées et on avança que l'acide borique, agissant sur les globules du sang, transformait l'hémoglobine en methémoglobine et entraînait la désassimilation des albuminoïdes.

Vers la même époque, on signalait l'importation en grand de poissons venant de Norvège et conservés à laide de l'acide borique. D'après Liebreich, les poissons ainsi conservés contenaient environ 2 grammes d'acide borique par kilogramme de chair, et les trois quarts de. l'agent

(1) Schwyzer, New-York medicin. Wochenscli. n° 8, 1895. S Féré, Le borisme ou les accidents de la médication par le b.rax (Semaine médicale, 1894, t. XIV, p. 497). • i^oraxiThe

(3) Gowers, Éruption de psoriasis après administration de bo>ax[ine

Lancet, 24 sept. 1881, t. II, p. 546).

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conservateur étaient soustraits par l'eau de cuisson (1).

C'est à cette occasion que la question de l'emploi de l'acide borique comme agent conservateur revint en discussion au Comité consultatif, et M. Gab. Pouchet, rapporteur, déclara que des expériences sérieuses concernant l'action physiologique de l'acide borique absorbé journellement à petites doses étaient nécessaires, mais, vu la longueur probable de ces expériences, on toléra l'adjonctioa du borax et de l'acide borique jusqu'à plus ample informé (2).

En 1890, les marchands de beurre demandèrent l'avis du Comité consultatif d'hygiène à propos de l'importation des beurres dans l'Amérique du Sud; on refusait de recevoir leurs produits, parce qu'ils contenaient de l'acide borique.

Les expériences entreprises par M. Pouchet étaient terminées, et l'action nocive de l'acide borique était démontrée.

M. Gab. Pouchet avait pris deux séries de jeunes chiens d'environ deux mois. Ceux de la première série avaient reçu 3 grammes d'acide borique par jour et étaient morts dans un temps variant de huit à dix-sept jours. Les chiens de la seconde série, recevant une dose journalière de 0s'',50, étaient morts entre le troisième et le dix-neuvième jour, en présentant une perte de poids d'un cinquième ou un sixième (3).

Depuis 1891, une circulaire ministérielle en date du 11 juillet interdit l'addition de l'acide borique dans les boissons, mais aucun règlement n'en interdit l'adjonction daus les denrées alimentaires solides.

Cependant, depuis cette époque, des accidents d'érythème polymorphe et des troubles gastro-in testinaux ont été signalés, et dans un rapport au Comité consultatif d'hygiène, M. Gab. Pouchet a émis l'avis, se basant sur des expériences de laboratoire, que l'acide borique, même à petite dose, est susceptible d'amener des troubles graves de la santé, parce qpi'il entrave les fonctions digestives, notamment en

(1) Oscar Liebreich, Berlin. Klin. Woch., n» 33, 15 août 1887, p. 605.

(2) Voir pièce n" 31.

(3) Voir.pièce n" 32.

diminuanl la puissance digesUve du suc gastrique et du suc pancréatique.

Enfin M. Calrin (1), à la suite de l'intoxication par le lavement boriqué dont je vous ai parlé tout à l'heure, refit les expériences de Gab. Pouchet, mais en se servant de cobayes. Les résultats furent les suivants : à un cobaye, il donne 4 grammes d'acide borique dissous dans 100 grammes d'eau; la mort survient le lendemain. Une dose journalière d'un gramme, dissoute dans 125 grammes d'eau, amène la mort en trois jours ; 40 centigrammes dans 10 grammes d'eau amènent la mort en cinq jours ; enfin, une dose journalière de 20 centigrammes, dissoute dans 5 grammes d'eau, occasionne la mort en dix-huit jours. A l'autopsie des animaux en expérience, M. Catrin a trouvé de la congestion intense de tous les viscères et du tube digestif.

Grancher et Marfan ont signalé le danger qu'il y aurait à tolérer la conservation à l'aide de l'acide borique ou du borax, du lait, seule nourriture des nouveau-nés.

Il y a quelques années, M. Annett relata les résultats de

ses expériences (2).

L'auteur expérimenta sur cinq porcelets nourris au moyen de lait renfermant des doses variables d'acide borique. Pour les divers lots mis en expérience, la mort survint inévitablement soit au bout de trois semaines, soit au bout de quatre semaines. D'autres sujets pris pour témoins en même nombre et nourris au lait pur, se portèrent parfaitement et augmentèrent de poids d'une façon notable. Au contraire, les porcelets nourris au lait boriqué avaient déjà perdu l'appétit au bout de deux jours, manifestaient de l'abattement, étaient pris de diarrhée, et subissaient un amaigrissement très rapide. L'auteur a constaté que l'action funeste du lait boriqué était d'autant plus accentuée que les animaux étaient plus jeunes.

(1) Catrin, Toxicité de.l'acide borique (Bull, de la Soc. méd. des hôp.,

i'^'tL^!'tTon^^^^^^^^ médicale (Tlaeraut-Jiches Cenlramati^ 25 mai 1901, p. 91

ADJONCTION d'acide SULFUREUX AUX ALIMENTS. 279

e. — Acide sulfureux. — Bisulfites et sulfites.

Vous savez tous, Messieurs, que pour désinfecter les tonneaux et éviter la production des moisissures le vigneron pratiquait autrefois le méchage, en faisant brûler dans la futaille une mèche enduite de soufre. On utilisa ensuite la propriété que possède l'acide sulfureux de retarder et même d'arrêter la végétation des levures alcooliques en dissolvant l'acide sulfureux dans le liquide à conserver, soit en pratiquant le méchage dans un fût en légère vidange dont le contenu était ensuite agité pour aider la dissolution du gaz, soit en employant des solutions aqueuses ou alcooliques. C'est cette opération qui porte le nom de mutage. Il est démontré que 7 milligrammes d'acide sulfureux par litre retardent la fermentation de trois jours et que 31 milligrammes l'arrêtent complètement.

Par le méchage il est difficile de dissoudre une quantité déterminée d'acide sulfureux, d'autre part les solutions de cet acide se conservent mal, aussi les fraudeurs s'adressent-ils plus volontiers aujourd'hui aux bisulfites et aux sulfites.

La solution de bisulfite de chaux renferme 8 p. 100 d'acide sulfureux, et comme 3 p. 100 d'acide sulfureux arrêtent la fermentation, il suffit d'ajouter 375 centimètres cubes de cette solution par hectolitre de liquide à traiter.

Le sulfite de chaux, encore plus employé que le bisulfite, contient 41 p. 100 de son poids d'acide sulfureux. Ajouté au via, le sulfite décompose le tartre et l'acide tartrique en formant du tartrate de chaux, tandis que l'acide sulfureux mis en liberté se dissout dans le liquide. La dose employée est de 10 à 20 grammes par hectolitre qu'on projette dans les tonneaux qui sont ensuite hermétiquement clos.

L'acide sulfureux libre, à la dose de 0*î'',02 p. 100, provoque, d'après le D-" Lench, des maux de tête et de l'irritation du tube digestif. De plus, l'acide sulfureux, mélangé au vin ou à la bière, se transforme peu à peu sous l'influence de l'oxygène de l'air en acide sulfurique qui, saturant les

bases combinées aux acides organiques peut arriver à donner h ces boissons une teneur en sulfate de potasse supérieure à dose de 2 grammes, limite tolérée.

J'ajouterai en outre que les bisulfites et les sulfites sont bien souvent des produits impurs, et contiennent parfois des traces d'arsenic.

Ce procédé a les mêmes inconvénients que le plâtrage.

La Suisse et la Bavière repoussent à leur frontière les vins contenant plus de 20 milligrammes pour 100 d'acide sulfureux libre.

L'Autriche a adopté la limite prohibitive bien inférieure de 8 milligrammes pour 100 (1).

/". — Chlorure de sodium.

Le sel marin employé comme conservateur sert au salage du beurre et de la viande, cette pratique n'a rien de délictueux, mais il est parfois ajouté aux vins dans un but de fraude.

Le beurre dit demi-sel contient S p. 100 de chlorure de sodium ; le beurre salé en renferme 10 p. 100.

Les viandes salées contiennent environ un huitième de leur poids de chlorure de sodium et une certaine proportion de nitrate de potasse, environ 2 à 3 p. 100, ajoutée, disent les marchands, pour conserver aux chairs leur couleur rouge.

L'addition de chlorure de sodium au vin date de longtemps, puisque Pline rapporte que les Grecs ajoutaient à leur vin du sel ou de l'eau de mer; cette pratique existe toujours dans le midi de la France, en Espagne et en Algérie, où on sale légèrement les vins dans le but de les éclaircir, leur donner plus d'éclat et aussi peut-être plus de saveur. Le sel marin diminue la solubilité des matières albuminoïdes et contribue ainsi à la conservation du vin (2).

(1) Bordas, La présence d'antiseptiques dans les denrées alimentaires est-elle nuisible à la santé? Doit-on la tolérer ou la prohiber? (Rapport au Xe Congrès international d'hj'giène et de démographie. Paris, 1900).

(2) Ariïi. Gautier, Sophistication et analyse des vins, 1891, p. 289.

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