RÉSIDU PROVENANT DU TRAITEMENT DE LA LIQOECR ACIDE
Essais ckinu,ues. - Le traitement de ^^/.f -^^J.t^P^;/;;';; nermet dUsoler des giucosides, des produits a fonction acide ou Se'nSiydrides acides, et aussi un peiit nombre d'alcaloïdes dont ,les sels sont plus ou moins dissociés par 1 eau.
Une fraction du résidu obtenu par l'évaporation de elbe , .dissous dans l'eau, n'a donné aucun précipité, m aucun trouble tar Tes réactifs g néraux des alcaloïdes; iodure de poiass^um Tolrr-l- delercure et de potassium. Ce nouveau résidu ne i-pnfprme donc pas d'alcaloïdes. .
i TaZ alii,ue ne détermine qu'une coloration ,aune et
-non violette (colchicine). A'nr-irlP swi-
Une partie du résidu, chauffée avec "^^^^^^"g^/;"^;^^^^ furique ei^M, puis additionnée de pe,-cklorure de Je, ne se colore pas en vert ; avec l'acide sulfunque brome, il ne se produit pas de coloration rouge (digitahne).
^ Une portion du résidu, évaporée à sec délayée da s une ..outte d'huile d'amandes douces, n'a ^^'^^--^"^^7^^^^^^^^ ni démangeaison après une appUcalion sur i avant-bras, au • d'une journée (cantharidine).
Essais physiologiques. — l" Une portion du résidu, un dixième environ du poids total, est injectée sous la peau d'un cobaye. On constate seulement une diminution dans le nombre des pulsations du cœur; ce nombre est réduit du quart environ au bout de trois à quatre minutes; il redevient normal après trois quarts d heure, et il ne se produit aucun autre symptôme.
2« Une grenouille disposée en vue de l'enregistrement des battements du cœur, reçoit une injection sous-cutanée du même résidu, en proportion moitié moindre. Il se produit ici une modilication très marquée. Trois minutes après l'injection, le nombre des pulsations cardiaques diminue dans une très forte propor l.on ; cependant l'amplitude de ces pulsations ne varie pas, mais elles finissent par devenir extrêmement rares et le cœur cesse même complètement de battre, en restant en diastole. Cependant 1 animal n'est pas mort, et une fois détaché de l'appareil Il commue a se mouvoir, le cœur restant immobile. *
3° Afin d'obtenir un tracé graphique plus facile à étudier on
Fig. 13. — Tracé des battements du cœur
ron \ centimètre cube d'eau, que l'on injecte. Le poids du résidi» iatroduil sous la peau de ranimai peut être ici évalué à la deuxcentième partie du poids total environ. On observe encore cependant un ralentissement très marqué : trois minutes aprèsl'iniection, le nombre des pulsations cardiaques est diramue daiis la proportion de b à 1. Mais cette période d'arrôt momentané du cœur est courte, et à la minute suivante, le cœur recommence a battre comme avant l'injection. (Voir flg. 13 : la première ligne en bas donne le nombre des pulsations avant rmjection.)
40 n semble donc que l'on soit ici en présence d'un poison cardiaque, produisant sur le cœur une action rapide et énergique.
Nous avons pensé qu'il était utile de chercher tout d'abord si en soumettant au même traitement des viscères provenant d individus non empoisonnés, on ne pourrait pas isoler des produits TL de propriétés physiologiques semblables, et nous avons opéré sur des viscères conservés à la Morgue depuis plusieurs
"tpremiriit d'une femme morte le 3 août 1802, l'autopsie, faite trois jours après, ayant indiqué une congestion pulmonaire, etune méningo-encéphahte. -i ,«09 à 'la suite
En second lieu, d'un homme mort le f . 2' de blessure diabète, érysipèle. Autopsie faite le 18 avril 1892.
Ces cies avaie'nt lté conservés au froid depuis l'autopsie.
On prélève une partie du foie, des reins, delà rate, de l'estomac, de nn te il, des poumons; poids total : 1780 et 1750 grammes.
Amples 'avoir hachés, et mis en digestion vers 5 0 avec de ratcooT acidulé par l'acide tartrique, on sépare le l.quid ;,l.ooliaue et on le disliile dans le vide vers So» , le résidu est r pr p us urs fois par l'alcool absolu, puis après vaporation Zplè^te de l'alcool dans le vide — ^Hn lX^Ï
^:^:;^é::irrej:dis:r:arpe.uo,ume^
''or eue solution injectée sous la peau ^'-e grenou. le d „,ine exactement, dans les deux cas, le même effet que celu.
''retacf de 'rfigure 14 montre les arrêts momentanés du cœur nd,^ts par une dilution extrêmement grande du produit obtenu les v's èr s du premier cadavre. La première ligne en ba. avec les viscei es uu y quatrième minute
vant leur amplitude, puis eues Hans la troisième
réguhèrement, exactement comme cela a lieu dans la
expérience.
Le tracé de la figure 15 correspond h une dissolution plus -concentrée obtenue avec les viscères du second cadavre. L'effet produit est le même que dans la deuxième expérience.
Dans les deux cas, lorsque la dose injectée est suflisante, le cœur
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g. 14. — Arrêts momentanés du cœur.
reste encore immobile en diastole, la grenouille continuant à vivre.
L'étude des tracés montre aussi qu'au moment du ralentissemenl, la ligne qui sépare deux pulsations consécutives n'est pas horizontale, mais va en remontant, pendant que le cœur se rem-
Fig. 15. — Arrêts momentanés du cœur.
plit lentement. Le tracé de la figure 13, qui représente les expériences faites sur les viscères du baron de Reinach, présente encore le même caractère.
On voit donc que les résultats obtenus avec le résidu provenant du traitement de la liqueur acide ne donnent en aucune façon un indice d'empoisonnera'ent, puisque l'on peut obtenir des résultats absolument semblables avec des cadavres quelconques traités de la même manière, avec les mêmes réactifs.
Nous nous sommes assurés que les réactifs employés,, l'éther d'une part, l'acide lartrique de l'autre, ne produisaient pas d'effet analogue : 100 centimètres cubes de l'éther dont nous avions fait usage, ont été lavés à l'eau, puis évaporés à sec. Le résidu, à peu près insignifiant, ayant été délayé dans l'eau et injecté sous la peau d'une grenouille, on a obtenu un tracé absolument régulier. L'acide tartrique a été essayé de même, et n'a pas modifié le tracé du cœur d'une manière sensible, même pour une;concentration plus
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pig, 17. Tracé obtenu avec la strophantine.
Fig. 16. — Tracé obtenu avec la digitaline.
grande que celle correspondant à la petite quantité qui a p... dans les épuisements, passer en dissolution dans Fether
Ces résultats paraissent donc devoir être attribués a une substance produite par la putréfaction, ou préexistant dans les organes, mais différant des ptomaïnes, qui produisent un précipité par les réactifs généraux des alcaloïdes. Quelle que so.t a valeur de cette interprétation, les phénomènes observes ne donnent aucun indice d'empoisonnement. j- Hn
5» Nous nous sommes assurés que les poisons cardiaques du,
groupe des glucosides produisaient un eflel différent de celutobservé, et nous reproduisons ci-joinl :
Le tracé obtenu avecla digilaline (fig. 10: première ligne en bas,, tracé normal) : les pulsations sont ralenties, mais il n'y a pa* d'interruption comme plus haut;
Le tracé obtenu avec la siropliantine (fig. 17): les battementsdeviennent de plus en plus faibles, sans que le nombre en diminue, et sans qu'il se produise d'interruption;
Les tracés correspondant à l'ouabaïne et à la tanghinine (fig. et 19), qui sont semblables au précédent.
Avec ces trois derniers poisons, on observe bien, il est vrai.uades phénomènes produits avec les résidus cadavériques; le cœur-
Fig. 18. — Tracé obtenu avec l'ouabaïne.
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Fig. 19. — Tracé obtenu avec la tanghinine.
s'arrête complètement pendant que l'animal continue à vivre-: mais on constate des différences essentielles : le cœur s'arrêtetoujours en systole et non en diastole; et, surtout, on n'observejamais les inlerruptions très prolongées indiquées parles tracés^, dans le cas des résidus cadavériques.
En résumé :
Pour les raisons indiquées plus haut, nous nous sommes exclusivement livrés à la recherche des poisons végélaux, et nous avonsconsacré à cette recherche la presque totalité des viscères restants-
Nous n'avons obtenu que des résultats négatifs.
Dans la première expertise, on avait trouvé dans l'exagération» de l'amplitude des mouvements du cœur, à la suite de l'injection d'une portion du résidu à une grenouille, un indice qui aurait pu faire supposer l'existence de l'aconitine dans les viscères, mai& qui n'avait pas été confirmé par les autres essais. Cet indice mômea fait défaut dans la seconde expertise.
Nous croyons devoir faire ici les mêmes réserves que celles qt»à
ont été présentées dans le premier rapport, à propos des difficultés que l'on éprouve à retrouver des poisons ingérés k doses extrêmement faibles, surtout quand il s'agit des poisons altérables.
Conclusion. — Les résultats de la deuxième expertise confirment ceux de la première, et les expériences chimiques et physiologiques ne permettent de décéler la présence d'aucun poison végétal.
Empoisonnement par l'arsenic. — Un enfant à la mamelle peut-il être intoxiqué par le lait de sa nourrice lorsque celle-ci prend une préparation arsenicale?
Par MM. P. Brouardel et Gab. Pouchet (1).
Le 20 novembre 1883, M. le juge d'instruction de Gray nous posa par commission rogatoire les deux questions suivantes :
Dire si, un enfant de deux mois, décédé le 12 mai 1882, a pu mourir empoisonné en absorbant le lait de sa mère, à laquelle l'inculpé aurait administré de l'arsenic, alors qu'elle donnait le sein à cet enfant.
Dire si, dans ces conditions, cette substance pourrait être retrouvée dans le cadavre de cet enfant.
(La mère n'a pas succombé en absorbant cette substance; à diverses reprises elle a été malade. L'arsenic a-t-il pu par son lait être introduit dans les organes de l'enfant décédé dans des conditions anormales?)
D'après l'instruction, le père de l'enfant avait essayé d'empoisonner sa femme en lui donnant de l'arsenic alors qu'elle était nourrice. La femme avait eu des vomissements et de la diarrhée. L'enfant avait été pris d'accidents analogues, et il avait succombé en quarante-huit heures.
Cette tentative d'intoxication n'avait donné lieu à aucune enquête; mais quelques mois plus tard, cette femme ayant eu des accidents analogues, elle aurait trouvé dans la poche de son mari un paquet qu'un pharmacien aurait déclaré être de l'acide arsénieux.
C'est dans ces conditions que M. le juge d'instruction de Gray
(I) P. Brouardel et Gab. Pouchet, Empoisonnemenl par V arsenic [Ann. d'hyg., 1885, S» série, t. XIV, p. 73).
EMPOISONNEMENT PAR l'aRSENIC.
demanda notre avis. Nous fîmes venir le petit cadavre dans sa bière intacte et nous procédâmes à des expériences. Nous croyons utile de reproduire notre rapport in extenso.
Sur notre demande, et après avoir procédé à quelques recherches préliminaires, le cadavre de la jeune Amélie Renard nous fut expédié de Gray dans les premiers jours de janvier 1884, par les soins de M. le juge d'instruction E. Willard.
Le scellé, qui nous fut remis par le greffe du tribunal de la Seine, consistait en une grande caisse de chêne (mesurant 94 centimètres de longueur, sur o3 de largeur et 52 de hauteur), doublée intérieurement d'une feuille de zinc très exactement soudée sur chaque angle. Le couvercle de cette caisse était fixé par des vis et des clous. Par-dessus quatre de ces vis se trouvait un cachet à la cire rouge portant intact le sceau de M. le juge d'instruction de Gray. Sur ce couvercle, on remarquait de plus une étiquette manuscrite scellée aux quatre angles par un cachet à la cire rouge semblable aux précédents.
Le couvercle de la caisse ayant été enlevé, la feuille de zinc supérieure fut coupée avec des cisailles, et nous constatâmes la présence des objets suivants :
1° Un cercueil en bois blanc, intact, contenant le cadavre de la jeune Amélie Renard;
2° Deux sacs, formés par des serviettes cousues, contenant de la terre du cimetière prise aux alentours du cercueil; 3° Une bouteille contenant de l'eau prise au fond de la fosse. Les objets ci-dessus étaient déposés avec le plus grand soin dans la caisse, séparés par de la mousse et de l'herbe, et les scellés ainsi que les étiquettes dont ils étaient revêtus étaient parfaitement intacts.
A l'ouverture du cercueil, nous avons trouvé le cadavre entièrement transformé en cette substance qui a reçu le nom de gras de cadavre ou adipocire : cette transformation était tellement complète qu'il ne fut pas possible de distinguer les différents viscères.
Le crâne était vide. Toutefois le cadavre avait conservé sa forme et n'avait pas subi la putréfaction gazeuse. La peau était de couleur gris-brun, intacte, et permettait de reconnaître facilement les différentes parties du cadavre. Nous avons dû nous borner à séparer, autant que possible, les, os de la masse du gras de cadavre.
Au moment de l'inhumation, le cadavre avait été enveloppé dans des linges que nous avons mis à part, et nous avons ainsi
PifcCRS ANNEXES.
constitué huit scellés, qui ont été transportés au laboratoire de l'hôpital Saint-Louis et dont voici la désifçnalion.
Scellé n» 1. — Os (le poids du scellé s'élevait à2'2o grammes).
Scellé n° 2. — Linges ayant enveloppé le cadavre (le poids de ce scellé était de 638 grammes).
Scellés n"^ 3 et 4. — Deux bocaux renfermant les débris du cadavre (adipocire) recueillis dans le cercueil et séparés des os et deslinges (poids tolal 1783 grammes).
Scellé n" 5. — Cercueil.
Scellé n° 6. — Bouteille en verre vert de la contenance de un litre portant, intact, le sceau de M. le juge d'instruction de Gray,. sur une étiquette revêtue de la mention : « Affaire Renard. Litre contenant de l'eau prise au fond de la fosse. »
Scellé n» 7. — Snc de terre portant, intact, le sceau de M. le juge d'instruction de Gray, sur une étiquette revêtue de la mention : « Affaire Renard. Terre prise aux alentours du cercueil. »■
Scellé n" 8. — Second sac de terre portant, intact, le sceau de M. le juge d'instruction de Gray, sur une étiquette revêtue de la mention : « Affaire Renard. Terre prise sous le cercueil. »
Procédé employé pour la recherche de l'arsenic. — La recherche de l'arsenic fut effectuée au moins deux fois sur chacun des scellés et par la méthode suivante que nous allons décrire en détail.
La matière suspecte était additionnée de 20 p. 100 de son poids de sulfate acide de potassium parfaitement pur. Le niélange placé dans une capsule de porcelaine, était arrosé d'acide nitrique fumant et chauffé doucement, de façon à détruire ou à transformer en dérivés oxydés ou nitrés tous les éléments minéraux ou organiques. Quand celle transformation élait obtenue, une légère élévation de la température déterminait la destruction des produits nilrés et la carbonisation de la masse.
Gomme cette carbonisation s'accompagne toujours de la formation d'acide sulfureux et crée par conséquent au sein du mélange une atmosphère réductrice, le produit de la réaction élait arrosé de nouveau avec quelques gouttes d'acide azotique,, de façon à réoxyder et à transformer en acids arséniquele sulfure d'arsenic qui aurait pu prendre naissance, et le mélange était ensuite épuisé par l'eau bouillante fortement aiguisée d'acide chlorhydrique pur.
La liqueur filtrée (devant renfermer l'arsenic) était réduite par addition de sulfite acide de sodium, puis soumise à l'action d'un courant d'hydrogène sulfuré prolongé durant douze heures. ^ La liqueur était ensuite abandonnée au repos pendant vingt-