‹ Les empoisonnements criminels et accidentelsChapitre 80 sur 96 · BLANC DE ZINC ET ULANC DE CÉUUSE · texte numérisé non relu

BLANC DE ZINC ET ULANC DE CÉUUSE

complètement le saturnisme chez les peintres maniant la céruse; car on ne peut exercer sur des hommes travaillant dans les conditions où se trouvent habituellementles peintresen bâtiments une surveillance efficace, ni réaliser des mesures de pi'otection comme celles qui sont applicables dans une usine.

Fabrication du blanc de zinc. — La fabrication du blanc de zinc ne présente que des dangers minimes, l'absorption des poussières d'oxyde, qui sont peu toxiques (à moins cependant que le zinc ne soit arsenical), peut être évitée par des ventilations bien comprises, par le tamisage et l'embarillage du produit dans des appareils clos.

Quant à l'emploi de la peinture à base d'oxyde de zinc, elle ne cause point d'accidents et, sous ce rapport, sa supériorité sur le blanc de céruse est indiscutable.

Ainsi que je l'ai dit précédemment, votre Commission a cherché, en consultant des hommes du métier, à s'éclairer sur les difficultés et sur les avantages que peut présenter l'emploi du blanc de zinc dans la peinture en bâtiments.

Il est certain que beaucoup d'entrepreneurs se servent du blanc de zinc à l'exclusion du blanc de céruse : le blanc de zinc est même généralement considéré comme fournissant des couches d'un blanc plus pur, plus frais que la céruse; il a de plus, comme chacun sait, l'avantage très sérieux de se transformer sous l'influence des gaz ou vapeurs sulfurés en un sulfure qui est blanc, tandis que, dans les mêmes conditions, la céruse noircit.

Les entrepreneurs de peinture reconnaissent pour la plupart qu'il n'y a aucune difficulté, et même quelque avantage, dans l'utilisation du blanc de zinc pour les couches de peinture proprement dites au-dessus des enduits. Pour les enduits eux-mêmes, les avis sont partagés; l'enduit au zinc sèche un peu plus lentement, d'où perte de temps; le travail d'étalage est un peu difîé rent, mais non pas plus difficile, croyons-nous, qu'avec la céruse. Nous avons eu la preuve que Fenduisage peut très bien se faire avec une pâte exclusivement préparée à l'oxyde de zinc. Il y a quelque hésitation dans les opinions émises à propos de la solidité du blanc de zinc appliqué aux peintures à l'extérieur des bâtiments, et certains architectes prescrivent encore la céruse pour ce genre de travaux. Pour les rebouchages, les mastics au zinc durcissent moins bien; pour les teintes dures, destinées à être poncées, la céruse conviendrait mieux que le zinc; il en est de même pour le marouflage des toiles.

Amsi, pour quelques travaux assez restreints, certains peintres prétendent que la céruse est indispensable; mais d'autres

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allîrment qu'elle est partout et dans tous les cas reniplaçable par le blanc de zinc. Il est dès à pn'sent établi que quelques entrepreneurs font tous leurs travaux à l'aide de blanc de zinc exclusivement.

Beaucoup aussi emploient le blanc de zinc mélangé à des proportions variables de céruse (par exemple dans certaines peintures toutes préparées, comme le ripolin, dont on fait aujourd'hui une grande consommation). Il arrive même parfois, si l'on examine des peintures que les entrepreneurs ou ouvriers disent être faites avec du blanc de zinc seul, que l'on constate par leur noircissement plus ou moins prononcé en présence du sulfhydrate d'ammoniaque ou du sulfure de sodium, qu'elles renferment du plomb en quantités notables. Ceci peut tenir à plusieurs causes.

L'oxyde de zinc est quelquefois fabriqué avec des minerais concontenant du plomb, dont une partie passe dans le produit définitif: c'est alors une impureté accidentelle. Mais l'usage de ces minerais tend à se restreindre. — D'autre part, nous avons vu noircir sous l'innuence du sulfhydrate des enduits fabriqués à l'oxyde de zinc réellement exempt de plomb. Ce fait s'explique par la présence très abondante de siccatifs préparés parle chauffage des huiles avec la litharge. Au contraire, dans les peintures au zinc employées pour les couches au-dessus des enduits, le siccatif est beaucoup moins abondant et les doses de plomb sont si faibles que les réactions du métal n'apparaissent pas (1).

Ces explications nous ont paru utiles pour montrer comment des peintres croyant de très bonne foi employer de l'oxyde de zinc seul, se servent de couleurs qui en réalité renferment èncore

du plomb. ^

On dit généralement comme une vérité indiscutablement établie

que le blanc de zinc couvre moins que la céruse. Il ne serait pas difficile cependant de recueillir des opinions tout à fait opposées, émanant de voix très autorisées. On en trouve la preuve dans les notes placées à la fin du rapport de A. Chevallier sur les travaux de Leclaire. Certains entrepreneurs affirment aujourd'hui que les cérnses actuelles, broyées avec de l'eau, sont inférieures aux céruses anciennes el qu'elles couvrent moins que le blanc de zmc.

La différence entre les prix de revient des deux peintures est extrêmement minime; d'après des expériences faites récemment au Palais de justice par les soins de la Société « Le Travail», cette différence serait de Ofr. 0152 en plus pour le zinc par mètre

(1) Nous rappellerons qu'il existe des huiles siccatives exemptes de plomb, celles, par exemple, au borate de manganèse, dont il y aurait lieu de propager l'emploi.

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