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BLANC DE ZINC ET BLANC DE GÉRUSE

superficiel, en tenant compte à la fois du prix de revient des matières employées et du prix de la main-d'œuvre. Ces chiffres ne sauraient être absolus, car le prix des matières premières est lui-même variable.

D'où vient que la substitution, très désirable, du blanc de zinc au blanc de céruse est si lente à se faire?

Il y a là, nul n'en saurait douter, une question de routine, contre laquelle il convient de réagir. Le mode d'emploi des deux peintures n'est pas absolument le même; le travail est peut-être un peu plus difficile avec le blanc de zinc ; en tout cas, il n'est pas identique au travail à la céruse. Par là s'explique la résistance que font à l'emploi du blanc de zinc un bon nombre d'ouvriers habitués depuis leurs débuts à l'usage de la céruse.

En résumé, deux produits principaux, la céruse et l'oxyde de zinc sont employés comme matières fondamentales dans la peinture enbàtimenls.

Si l'on consulte des hommes compétents et sans parti pris, on acquiert la certitude que le blanc de zinc peut être sans difficultés spéciales de main-d'œuvre, sans augmentation appréciable de prix de revient, substitué au blanc de céruse dans la presque totalité des travaux de peinture, quelques-uns disent même dans tous les travaux de peinture sans exception.

Or, s'il est vrai que la fabrication de la céruse, autrefois si meurtrière, est devenue, grâce aux perfeclionnements des méthodes et appareils et à de sages mesures d'hygiène, infiniment moins insalubre qu'autrefois, il est certain, d'autre part, que l'emploi de ce produit par les peintres en bâtiment est resté dangereux et fait encore chaque année beaucoup de victimes.

La fabrication du blanc de zinc ne présente pas de dangers spéciaux dus à des propriétés toxiques du métal mis en œuvre. Et l'on n'a pas constaté d'accidents dans l'application des couleurs à base de zinc.

Dans ces conditions, des hygiénistes ne peuvent que désirer de voir se répandre de plus en plus l'emploi des couleurs à base de zinc, ils auront même quelque droit de s'étonner qu'après tant d'années écoulées depuis les premières applicalions du blanc de zinc, la substitution ne soit pas encore plus radicalement effectuée.

Irons-nous jusqu'à demander, comme l'a fait le syndicat des ouvriers-peintres, l'interdiction de la fabrication et de la vente de la céruse? — Assurément non, une telle mesure serait inapplicable et illogique, puisque la céruse a dans l'industrie, notamment en céramique, des emplois autres que la peinture, et puis-

qu'en somme nous ne sommes pas absolument sûrs qu'elle ne soit pas indispensable pour quelques travaux de peinture. Si l'on entrait clans cette voie, il taudrait encore supprimer d'autres couleurs à base de plomb, non moins dangereuses que la céruse, comme les chromâtes et le minium surtout, dont l'importance est grande et dont le remplacement par une couleur inofîensive n'apparail pas encore comme pratique.

Nous vous proposons donc de répondre à la question posée par M. le ministre de l'Intérieur que :

La substitution des peintures à base d'oxyde de zinc aux peintures à base de céruse est tout à fait désirable au point de vue de l'hygiène;

Cette substitution semble possible dans la très grande majorité des travaux de peinture ;

Par suite, les administrations de l'État donneraient un exemple salutaire, feraient une œuvre d'hygiène très utile, en prescrivant, chaque fois que cela sera possible, la substitution du blanc de zinc au blanc de céruse dans les travaux exécutés pour le compte de ces administrations.

Conclusions approuvées par le Comité consultatif d'hygiène publique de France, en assemblée générale, le 4 mars 1901.

Injection d'une solution de sublimé dans les voies génitâles après un accouchement. Mort.

Rapport médico-légal par MM. P. Brouardel et Vibert (extrait).

Une dame L..., vingt-qualre ans, secondipare, entre dans un hôpital de Paris, le 3 avril 1899, pour y faire ses couches. L'accouchement a lieu le lendemain dans des conditions normales et n'est suivi d'aucune complication.

Le 12 avril (huit jours après l'accouchement), la dame L... ayant demandé sa sortie, on se décide à lui faire une injection intrautérine, parce que l'on craint qu'il se produise une hémorragie secondaire, l'utérus étant resté assez volumineux. L'injection est faite l'après-midi avec une injection de sublimé à l/2000« (aucune erreur de dose n'a été commise) étendue d'autant d'eau chaude, soit donc une solution à 1/4000». L'injection a été faite avec un

INJECTION DE SUBLIMÉ APRkS l'aGGOUCHEMENT. 447

bock d'une contenance de 2 litres; le liquide est sorti très facilement de l'utérus, et complètement, a-t-il semblé (i).

Vingt minutes plus lard, l'interne est appelé auprès de cette femme qui était défaillante, pâle, le pouls à lii et faible, la respiration légèrement suspirieuse ; la température prise sous l'aisselle à ce moment était de 38»,2. Au bout d'une heure et demie la malade était revenue à peu près à l'état normal ; le ventre était souple et non douloureux.

Le lendemain 13, la malade vomit dans la matinée quelques matières d'apparence biheuse. La température est normale; elle est d'ailleurs toujours restée par la suite entre 360,4 et 370,4.

Le 16 avril, les gencives sont douloureuses, tuméfiées - le 17 stomal.te légère sans salivation exagérée, ni fétidité de l'haleine.' Le 18, légère epistaxis, renouvelée assez abondamment le 19 au

soir.

Le 19., au matin, la malade se sentait très bien et ne présentait qu une stomatite, restée légère. Mais on constate une légère albuminurie et on institue le régime lacté.

Le 20 la dame L... se sent moins bien, la quantité des urines jusque-la normale a diminué, l'albumine a augmenté (2 grammes par litre). La respiration est gênée, la face légèrement bouffie; Il y a de la diarrhée.

Le 22 et le 23, la quantité des urines augmente et l'albumine diminue un peu. La dyspnée continue, la diarrhée a beaucoup augmente. ^

Le 24, la dame L... veut quitter l'hôpital. Elle était dans un

était nnnn' ^uérison ; une petite escarre

était apparue a la fesse gauche.

'ï'^''^" "Médecin la trouve dans

urines onn'r''"'''"' '""^ ^'''"'^ ; les

s'éta Z I V."""'- ^^^'t^^t' ^«"orant ce qui

éta,t passé a hôpital, prescrit une injection vaginale avec un

e"e le Tend ' '"'"''^ '"j^^^^^ —

ouf!,,nn . ^PP^"tion d'une parotidite double,

qui suppure très rapidement. '

Le 28, la malade rentre à l'hôpital où l'on incise les phlegmons parotidiens. Elle meurt le 1" mai. pme^mons

tiats'deT''' '''"'^ ''''''' '^^ •^«'«"^ caracléris-

Ïéphrite! P^^ le sublimé : stomatite, colite,

^^iif'omation.' '^""'"'^ '"^'^^'^^ P^^^^^'ait aucune déviation

Produit antiseptique dit « Formalin » pour la conservation des substances alimentaires.

Rapport par M. le D'' Dubrisay (1).

Messieurs, à la daledu 6 novembre 1896, M. le préfet de police a transmis à M. le ministre de l'Intérieur l'avis émis par le Conseil d'hygiène publique et de salubrité de la Seine sur les dangers que présente l'emploi dans les substances alimentaires d'un nouveau produit antiseptique dit formalin.

En soumettant celle pièce à l'examen du Comité consultatif d'hygiène publique de France, M. le ministre le prie de lui faire connaître le plus tôt possible ses observations et son avis. Le formalin est un produit d'origine anglaise. «Il est, dit le prospectus, le seul préservatif non nuisible et sans goût, autorisé par la loi, plus efficace que tout autre pour toute substance alimentaire exposée à se gâter sous l'action des bactéries, microbes, etc., fabriqué par the formalin hygienic C°, à Londres, — dépôt général : 3, rue de Cologne, à Biuxelles.

«De février 1895 à février 1896, il à été vendu en Angleterre seulement la quantité de 6 250 000 litres constatée officiellement.

Par l'adjonction d'une quantité minime de formalin, continue le prospectus, soit une cuillerée à soupe pour 10 litres, le lait, la crème, le lait condensé se conservent absolument bien pendant plusieurs semaines.

«Le beurre, la margarine se conservent pendant des mois sans

la moindre altération.

«Les bières, vins, boissons .gazeuses, limonades, sirops, vmaigres etc., se conservent même sous les tropiques par l'adjonction d'un' litre de formalin pour 150 à 300 litres de liquide selon la qualité des boissons.

« La bière en bouteille se conserve parfaitement durant plusieurs

• années même sous les tropiques.

«Les viandes, poisson, gibier, en un mot toutes les substances ahmentaires se conservent d'une manière remarquable en renfermant les pièces à conserver dans un récipient bien clos, au centre duquel on dépose un petit vase renfermant du formalin, lequel, étant volatil, s'évapore librement et sature l'atmosphère.

(1) Dubrisay, Recueil du Comilé consultatif (T hygiène, 1898, t. XXVII, p. 54.

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