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transactions avec l'étranger et le change pourra se déprécier dans une proportion plus grande que la monnaie à l'inté- Heur: (1):
Le simple arrêt de cette politique n’est même point suffisant; faute d'appliquer les remèdes convenables, le courant de la dépréciation peut continuer de son propre élan même après la suppression de sa cause initiale.
Comme remède à ces maux, fruits de la guerre, quelles sont les mesures que l’on peut envisager ? De nombreux systèmes ont été proposés, aucun n'a été appliqué ; cependant, parmi eux, il en est qui méritent d’être résumés soit pour leur valeur, soit pour l'originalité de leur conception.
IL. — Théories et projets de liquidation La Théorie de la Dévaluatior et le retrait du papier monnaie.
La théorie de la dévaluation de la monnaie a été étudiée par le professeur Bruno Mall, de l’Université de Kiel, auteur de la «Logik des Geldes» 1916. « Die modernen Geldtheorien und die Politik der Reichsbank » 1977; , € Staatsbankrott und wahrungsbankrott » 1919. L'analyse a été publiée dans FÆconomista du 11 avril 1920.
Lorsque les limites aux possibilités financières ont été atteintes, on doit se demander si le passage à une nouvelle assiette du système monétaire est possible, et peut s’accomplir au travers d’une banqueroute du papier monnaie. On se représente généralement la banqueéroute d'Etat d’une façon obscure, et ce qui apparaît aux yeux du public comme une conséquence inévitable, c'est l'annulation des dettes publiques, l'effondrement des établissements de cré-
au Mémoire du professeur A. C. Pigou, professeur d’économie politique au King's College Cambridge.
red rie
pre - dit, l'arrêt de l'industrie et l'appauvrissement de toutes les classes sociales. C’est une erreur ou une exagtration. Si l'on considère, par exemple, le cas de l'Allemagne, en présence de la circulation vicieuse qui détermine l'augmentation des salaires, l'augmentation de la puissance d'achat, l’accroissement de la demande des marchandises et de la monnaie, l’exagération des prix qui résulte elle-même des mêmes causes, on doit s'attendre finalement à une dépréciation complète du moyen circulant. Arrivé à ce point, le remède serait inutile et c’est alors que l’on souffrirait d’un écrou- - lement de l’économie publique et privée. Devant le problème ainsi posé, le professeur Mall examine le meilleur parti qui reste à prendre. Le principe qui s'impose, dit-il, à première vue est celui de la dévaluation du papier monnaie, de son retrait, de sa conversion en monnaie nouvelle. Mais les objections élevées par l’auteur allemand sont nombreuses et le tableau des résultats probables n’est point encourageant : seraient frappés, tous les possesseurs de monnaie, de crédit ou de dettes estimables en monnaie, tous ceux qui déposèrent dans les Caisses d'épargne le produit de leurs économies, ou ceux qui payèrent durant de longues années les montants d’une prime d'assurance en bonne monnaie. Si lon soutient que la dépréciation est un fait avéré et et que sa consécration légale n’est que la sanction d'un état de chose existant, comment peut-on espérer trouver la valeur exacte qne l’on devra attribuer aux billets. Les changes sont variables chaque jour et dans chaque pays, en admettant même qu'ils représentent exactement la mesure de la dépréciation, alors que, cependant, ils ne sont pas soumis au seul facteur de la circulation, une discrémination scientifique du degré de puissance des diverses raisons qui déterminent la hausse des prix, est impossible pour fixer exactement la puissance d’achat actuelle de la monnaie. Comment donc oser entreprendre, sans fondements précis,
be LAN une opération aussi vaste que la dévaluation de la monnaie ?
D'autre part, une telle décision enlèverait définitivement aux créanciers de l'Etat l'espérance en un relèvement du papier monnaie; mais il s’agit de savoir si le relèvement est possible, oui, répond B. Mall; le meilleur moyen consiste pour cela dans le retrait de la circulation d’une partie considérable du papier monnaie. Malgré les injustices inèvitables qui en seront la suite, cet expédient sera encore moins cruel que la banqueroute du papier monnaie. Cette mesure frappera plus durement ceux qui ont contracté en monnaie dépréciée, et d'un autre côté avantagera ceux qui, durant la guerre, auront acquis des biens fonciers ou mobiliers, mais ceci porte en soi son remède et, comme dit Mall: « Dans un temps où l’expropriation en une seule fois de fractions de patrimoine (Reichsnotopfer), comme une autre charge des classes possédantes, est vivement saluée par les masses comime «populaire et social», on n'épargnera pas celui qui, durant la guerre, a pu transformer ses capitaux disponibles en maisons, mobiliers luxueux, bijoux, etc. » |
Ainsi après ce sacrifice on pourrait espérer l'arrêt du renchérissement artificiel dans la mesure où l'inflation en est la cause, l'amélioration des changes et la reprise d’un com-
merce normal avec l'étranger, et un soulagement aux dépen-
ses de l'Etat. En présence de ces avantages, qu'importe si le retrait partiel du papier monnaie porte atteinte au bien-être de quelques citoyens, qu'est-ce en considération du «sauvetage économique de millions de pauvres petites existences fondées sur la possession d’une poignée de papier monnaie, ou de petits crédits dans les caisses d'épargne, sur les petites rentes OU pension. »
D'après B. Mall, le retrait partiel du papier monnaie pourrait être combiné soit avec une réduction immédiate et