‹ Les Emprunts de GuerreChapitre 16 sur 143 · CC RU · texte numérisé non relu

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Le taux d'intérêt des émissions ci-dessus est fixé umiformément à 4 °/, avec promesse d’inconvertibilité variant de 192$ à 1935. Cette élévation de l'intérêt était rendue nécessaire pour classer, assez difficilement, ces émissions, et d’ailleurs jusqu'alors tant que les ministres allemands avaient voulu imposer leurs conditions ils n'avaient pu obtenir que de médiocres succès, tout comme lorsqu'il s’agit des conversions de 4 °/, en 3 1/2 et 3 °/, des ministres Goschen et

Miquel, en Allemagne et en Prusse.

Préparatifs financiers d’avart guerre er Allemagne.

La politique financière de l'Allemagne en vue de la guerre, porta son activité particulièrement du côté de l’organisation en future banque de guerre (Kriegsbank) de la banque d'Empire. Elle avait deux buts principaux: renforcer l’encaisse métallique et sacrifier l’ancien système de crédit à long terme. Par suite du rôle joué dans l’industrie par les banques allemandes, une crise déclanchée par la guerre aurait été dangereuse pour l'organisme du crédit allemand; c’est pour y remédier que M. Havenstein notamment intervint et ne ménagea point ses avertissements aux banquiers, en vue de la préparation financière de la guerre; d’ailleurs, une inter-: vention législative se serait probablement produite au cas où les établissements de crédit n'auraient pris les dispositions nécessaires, en faisant moins d'appels de fonds à l'étranger et en constituant des encaisses supérieures. M. Raffalovich a résumé cette politique bancaire en ces termes (Æconomiste français, 1914, 1° volume, pages 560 et 524): « On a reproché aux banques allemandes d'ouvrir trop aisément des crédits et de ne pas ménager suffisamment leur c«liquidität » et de trop compter sur la Reichsbank dans les moments de crise, alors que celle-ci a le souci non seulement d'escompter le papier portant des signatures solvables, mais encore la

responsabilité d'intérêts généraux, le maintien de la bonne monnaie, la défense du change. A différentes reprises, les banques allemandes ont fait l’objet d'attaques de la part des adversaires du capital mobilier; on a voulu les soumettre à une réglementation, les obliger à placer leurs réserves en fonds allemands, comme si ceux-ci étaient à l'abri de la baisse et d’une réalisation facile. D'après la Gazette de Francfort, le président de la Reichsbank poursuit encore d'autres projets ; il voudrait peser sur les institutions de crédit pour les amener à renforcer leurs disponibilités. A côté des effets de commerce, des titres de l’Empire et des États particuliers, il désire que les banques ne se bornent pas à entretenir un compte créditeur à la Reichsbank, mais qu'elles aient elles-mêmes une encaisse plus considérable qu'elles n'y sont habituées. Il veut, au risque de diminuer légèrement les bénéfices des banques obtenir que chacune ait davantage de numéraire et de billets, au lieu de réduire, en temps normal, leur caisse au minimum...

«Le rôle de l'institution centrale est de fournir des ressources aux individus, firmes ou sociétés solvables,non pas d’être un réservoir dans lequel tout le monde peut puiser librement. « M. Havenstein, dans un discours au Reichstag, a récemment indiqué les vues qu'il a dans cet ordre d'idées : IT met en garde. contre l'idée de beaucoup de gens, qu'en toute occurrence on pourra compter sur l'appui de la Reichsbank.

Celle-ci est appelée à veiller sur la bonne qualité de Îa monnaie nationale, et malheureusement aussi, à côté des. intérêts économiques généraux, elle a un client redoutable et puissant, l'Etat. »

La Reichsbank dont l'encaisse métallique n'avait pas augmenté à cette époque dans les mêmes proportions que celle de la Banque de France, dut faire de lourds sacrifices pour acquérir de l'or, ses traites sur l'étranger n'étant point suffisantes pour se faire opérer des envois.

ie SO — Le mouvement de l'or d’après la statistique du commerce “extérieur était le suivant dans les quatre années d'avant

gUEITE :

Années Importations Exportations Solde 1910 345,4 133,8 181,6 1911 200,1 76,8 123,6 1912 919,9 * 99,9 220,0 1913 449,6 À 71,0 378,6

Puisque l'or étranger n'arrivaitque difhcilement on résolut de faire appel à la circulation intérieure, par l'émission de petites coupures qui, demeurant dans la circulation, dérivent. * Vor vers la banque centrale ; le montant de cés coupures a progressé en 1913 de 467,1 millions de marks à 681,7 mill. de marks, particulièrement pour celles de 20 marks qui passèrent de 285,5 au 1° janvier à 421,1 millions de marks au 31 décembre 1913.

Il ya lieu de remarquer que la eus. autorisée à re des billets sans couverture métallique jusqu'à concurrence de 550 millions, a vu porter cette marge à

750 millions en fin de trimestre et les dépassements soumis à l'impôt de $ °/, ont atteint en 1913 le chiffre de 19. Le plus fort de ces dépassements s’est élevé à $$8 millions, le plus faible, qui est du 31 mai a été de 15 millions ; en fin d'année le dépassement était de 237 millions.

L'aspect des pays d'Europe dont les finances font l’objet, de cette étude éfait le suivant à la veille de la guerre : D’un côté une nation riche et prospère, la France, mais dont les finances publiques laissaient à désirer, dont l'esprit pacifique ne veillait point suffisamment aux événements qui se préparaient ; une Italie, moins pourvue en ressources, capable de s'imposer des sacrifices mais affaiblie par la guerre de Lybie, et l'Angleterre riche en commerce et en

industrie, munie d’un système fiscal solide et souple, susceptible de s'adapter aux nouvelles circonstances.

Du côté adverse, l'Allemagne, ayant de gros capitaux en partie immobihisés dans lindustrie, mais préparant la mobilisation financière en détail par des excédents de budget, un impôt de guerre, une augmentation de son trésor de guerre de 120 millions de marks, un renforcement des garanties et des disponibilités de sa banque centrale, et toutes mesures qui devaient lui permettre d'éviter une crise à louverture des hostilités et d'émettre rapidement son premier emprunt de guérre.

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