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kassen et du rapide réescompte de la Reichsbank facilité par la loi du 4 août 1914, malgré l'élévation du taux exigé par
les banques et variant de 7 à 12 et même à 13 °/. Mais dés.
le mois de novembre la situation normale se rétablissait. Les Sociétés coopérativés de crédit qui jouent un rôle impor. tant en Allemagne, ainsi que les caisses d'épargne, grâce à la même intervention pouvaient rembourser les retraits, calmer aussitôt la panique et ramener à elles leur clientèle.
En réalité, par suite de ses prévisions, l'Allemagne n'a eu à faire face lors de l'ouverture des hostilités qu'à une crise passagère et la machine financière allemande était prête à fonctionner pour l'émission de son premier emprunt.
Un marché libre et actif est nécessaire pour une opération de grande envergure, malgré l'appel direct au public. La réouverture du marché à terme a été une des préoccupations de M. Ribot dès que le premier emprunt fut décidé. L'accord entre le Gouvernement, les agents de change et les coulissiers donna lieu à de longues négociations et ne se fit pas sans peine. Lorsqu'il fut conclu et que toutes dispositions furent prises par les intermédiaires officiels ou non, un décret du 1$ septembre 191$ mit fin au moratorium des ventes et achats à terme des valeurs mobilières. La liquidation fut fixée au 30 septembre, les différences 4 cette date devaient être payées à raison de 10 °/, immédiatement, 10 °/, les jouis de règlement des liquidations, de fin octobre 1915 à fin juin 1916,avec un intérêt moratoire de 6 °/,. La plupart des opérations en suspens furent réglées aussitôt. Les sommes nécessaires furent fournies à la Chambre syndicale des agents de change par une émission de 75 millions
d'obligations 6 °/,, une nouvelle avance de so millions dela Banque de France et des Bons du Trésor à trois mois renou- : velables pendant deux ans. Le crédit de la Chambre syn-
dicale servit également à dégager les coulissiers qui n'auraient pu d'eux-mêmes obtenir des capitaux aussi
importants. La Bourse put ainsi participer à lPemprunt annoncé.
Les établissements de crédits devaient eux-mêmes se trouver prêts à concourir à l'émission, ainsi que leur clientèle, par la liquidation des comptes et la restitution des dépôts suspendue par le moratorium. Le rôle de la’ Banque de France a encore été ici capital ainsi qu'il ressort du compte rendu du Gouverneur pour l'année 1914 : « Toutes les banques de dépôts furent assaillies de demandes de retraits auxquelles nous leur avons permis de faire face, en leur consentant des réescomptes à ce moment illimités. Du 27 juillet au 1° août, notre portefeuille commercial a doublé, passant de 1 milliard 583 millions à 3 milliards 41 millions. Un Décret intervint alors, qui prorogeait les échéances commerciales et restreignait la quotité exigible des fonds déposés à vue dans les banques. La limite d'abord très étroite était successivement élargie et de nouveaux escomptes étaient consentis dans la mesure néces- Saire en mêmetemps que nous accueillions, soit par l’intermédiaire des banques ou des caisses agricoles, soit directement, tout le papier correspondant à des besoins légitimes... Notre portefeuille continuait ainsi de s'élever jusqu’à atteindre le 1° octobre, après deux mois de guerre, 4 milliards 476 millions. Depuis ce moment des rentrées importantes ont commencé à se produire, malgré la prorogation des échéances et si d’une manière générale cette prorogation et le crédit qui en résulte permettent à de nombreuses transactions de s'effectuer au comptant, les affaires tendent, dès maintenant, à reprendre un cours plus normal, sous formes d'escomptes nouveaux de papier régulièrement payable à l'échéance. » C’est grâce à ce concours que les établissements de crédit, à partir de janvier 1915, renonçaient peu à peu à se prévaloir du moratorium. Cette reprise d’un régime plus normal devait être à peu près assurée au moment
de l'émission de l'emprunt; elle est attestée par la diminu-
tion du portefeuille d'effets prorogés de la Banque de France dans la mesure suivante (1) : « Les remboursements opérés, tant par les débiteurs principaux que par nos cédants, ont réduit notre portefeuille d'effets moratoriés, dans Île courant de l’année 191$, de.3 milliards 478 millions à 1 milliard 838 millions. Nos escomptes nouveaux ne se sont pas ressentis, dans la même proportion, de l’activité plus grande des affaires ; celles-ci continuent à se régler, en majeure partie, par des paiements au comptant que favorise, d’ailleurs, l'abondance des disponibilités créées par lés dépenses de l'Etat. Cependant, les présentations marquent une progression appréciable; notre portefeuille d'effets régulièrement payables à l'échéance, après être descendu aux environs de 200 millions, se rapproche aujourd’hui de 400 millions. C'est un indice de la reprise du crédit commercial que nous nous appliquons à développer. »
Un moratorium, on l’a vu plus haut, avait dû être décrété en Angleterre, pour protéger le marché dans le désarroi général et le 1% août, le Stock exchange avait dû fermer ses portes. Par la facilité donnée par l’act du 3 août 1914, les banques purent faire escompter les traites qu’elles détenaient et indirectement rembourser une partie des avances qui leur avaient été consenties. Le Chancelier de l’Echiquier, dans son discours du 27 novembre 1914, déclara quele total des traites escomptées avec la garantie du Gouvernement atteignait le chiffre d'environ 120 millions de liv. st.
Des avances de $0 °/, furent autorisées par une «Commission des dettes du commerce extérieur » aux négociants qui avaient des créances sur l'étranger.
Enfin une loi du 31 août 1914, suspendit l'exécution de tous les jugements, en matière de paiement, ainsi que toute
(1) Rapport du Gouverneur pour 1915.