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part des énormes dépenses qu’elle est appelée à faire. Charger l'avenir de dettes, passer à nos héritiers un héritage hypothéqué, rejeter le fardeau de nos épaules sur celles de nos enfants, cette politique n’a pas été la méthode de nos Chancelers. Tout effort pour esquiver aujourd’hui notre fardeau aurait été au premier chef de l’égoisme et de la déloyauté ! »
Il semble qu'entre ces deux conceptions il-y a une juste mesure à garder et c’est aux Gouvernements qu'il appartient de s’en rapprocher le plus possible en organisant au plus tôt l'amortissement régulier de la Dette.
Quoi qu'ilen soit, la théorie anglaise qui a trouvé son plus large développement dans le système fiscal a laissé sa trace dans l’émission des emprunts, de même que la théorie opposée a inspiré la politique financière de guerre de notre pays. L’emprunt perpétuel a été la règle en France, l’emprunt amortissable a été seul usité en Angleterre, avec pour caratéristique un amortissement obligatoire dans un délai déterminé et assez bref, très court au début de la guerre, 13 ans pour le premier emprunt et plus éloigné à mesure que le développement des hostilités ne permettait plus d’en- | visager un remboursement aussi rapproché; le dernier délai était fixé pour les deux emprunts suivants à 30 ans.
L'Italie s’engagea dans la même voie pour ses trois premiers emprunts, amortissables dans un délai de 25 ans, elle contractait en perpétuel à partir du quatrième emprunt et à cette même date où elle opérait la transformation et l’uni- fication de ses emprunts antérieurs, elle faisait un pas en arrière; mais il faut noter qu’en Italie des théoriciens de grande valeur ont affirmé que l'emprunt n'imposait point de sacrifices aux génératiops futures. Au sujet du cinquième emprunt le professeur Einaudi, faisant appel aux souscripteurs, disait en parlant de l'emprunt : « Nous liquidons immédiatement une partie des dépenses de la guerre. En
souscrivant à l'emprunt, en renonçant aujourd'hui à la consommation correspondante de deniers, pour l'usage privé, nous supportons aujourd'hui les sacrifices de restrictions que la guerre impose.
« Jusqu'à concurrence des emprunts aujourd'hui souscrits et des impôts payés aujourd'hui, la guerre n'imposera aucun sacrtfice aux générations futures, et c'est une erreur d'affirmer que les emprunts déchargent sur les générations futures le fardeau de payer les dépenses de la guerre actuelle. Non sil s'agit d'emprunts intérieurs, le sacrifice est accompli tout entier et définitivement par la génération présente. Aujourd'hui et non demain au lieu de produire et de consommer, nourriture effets etautres choses pour des satisfactions privées et égoïstes, l’on produit et l’on consomme des armes, des munitions, des denrées, des effets pour l’armée, demain la guerre finie, il ne sera plus nécessaire de rejeter le même sacrifice déjà supporté une fois avec les impôts et les emprunts inté- Iieurs. >».
Les emprunts extérieurs seulement, pour lesquels aujourd'hui on ne supporte aucun réel sacrifice, exigeront demain le service des intérêts et le remboursement du capital. Cette opinion sera discutée plus loin, mais elle est séduisante et le professeur Einaudi l’expose avec un accent si persuasif quil a pu en être tenu compte dans les décisions du Gou-
vernement, dont les membres pouvaient également la #
partager. ;
Peut-être en Allemagne une partie du public estimait naturel de faire supporter la liquidation de la dette par le vaincu et alors la question envisagée ne’ se posait point, mais, ce n'était pas la conception des milieux officiels.
« Nous consoliderons, disait le comte de Rœdern. les frais
de la guerre à l'aide d'emprunts à longue échéance et régulièrement renouvelés... » et le Docteur P. Michaelis, dans le Berliner Tageblatt du 8 décembre 1917, ajoutait, dans ses
commentaires: «Il est nécessaire que l’opinion publique soit persuadée que s’il le faut, nous viendrons à bout, à l'aide de nos propres forces et sans secours étranger, des effets financiers produits par la guerre. Il est toutefois tout aussi nécessaire de ne se faire aucune illusion sur le fardeau qui nous incombera plus tard. »
En tout cas l'Allemagne a créé en principe des emprunts consolidés dans la proportion, au 31 décembre 1918, de 77.780.366.400 marks contre 11.207.744.400 marks d’emprunts.amortissables.
IT. — Résultats des Emprunts.
Emprunts Français.
(Voir tableaux page 296 et 297).
Emprunts Anglais MÉCANISME DU DÉPLACEMENT DES FONDS EN BANQUE.
En Angleterre, le montant du premier emprunt a été fixé à 350 millions de liv.st. Les demandes devaient être accom- | pagnées d’un dépôt de liv.st. 2°/, à la Banque d'Angleterre et les versements ultérieurs étaient fixés comme suit:
Liv. St. 32/0, 7 décembre 1914, et 10 °/, les 21 ‘décembre 1914, 7 janvier, 4 février, 22 février, II mars, 25 maïs, 12 avril et 26.avril 191$.
Les versements partiels pouvaient être opérés en bloc à partir du 7 décembre 1914, sous escompte de 3 °/, l'an.
Le 27 novembre 1914, M. Lloyd George rendait compte en ces termes du succès de la première vaste opération de crédit effectuée en Angleterre, quelques mois après l'ouverture des hostilités.
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« Nous avons levé le plus grand emprunt qui ait jamais été émis dans l'histoire du monde et nous l'avons fait dans des conditions difficiles; le succès de l'emprunt peut être considéré comme la justification des mesures que nous avons prises. Nous avions déjà levé 90 millions de livres pour le même objet et nous avions à lever 440 millions de livres sur le même marché, pour le même objet et dans les mêmes conditions. Nous venions de traverser la crise financière la plus sérieuse que ce pays ait jamais connue. Le moratorium par lequel nous avions protégé les débiteurs venait de prendre fin et, ce qui est plus grave encore, le mécanisme qui a toujours joué un rôle si important dans le placement des emprunts, le Stock Exchange, était fermé à cette époque. Pendant la guerre du Transwaal, le Stock Exchange contribua puissamment au placement de l'emprunt qui eut lieu à cette époque, et je fais, ici, non seulement allusion à la spéculation du Stock Exchange,
mais à la partie la plus légitime des transactions. Le petit.
capitaliste ne se décide pas aussi vite à souscrire que le spéculateur; si vous lui dites qu'il n’a que huit jours pour souscrire, 1l n’est pas disposé'à le faire, à moins que ce Soit par l'entremise de gens qui peuvent lui donner d'utiles conseils. Le Stock Exchange prend une large part des grands emprunts et la répartit ensuite parmi sa clientèle; les membres du Stock Exchange appellent l'attention sur un emprunt et sont en mesure de l’absorber et de le répartir en temps voulu et, sans aucun doute, à des conditons avantageuses pour eux-mêmes. | « L'absence d’un organisme de ce genré en cette occasion aurait pu être une difficulté sérieuse; mais qu’est-il-arrivé?
En faisant appel au public, et, sans doute, aussi, aux grands
intérêts financiers, nous avons levé la totalité de l'emprunt, mais cet emprunt a été plus que couvert. Ce qu'il y a de plus remarquable, ce n'est pas l'assistance entière et abso-