‹ Les enchainements du monde animal dans les temps géologicquesChapitre 104 sur 128 · i/esyt), toit ; ovpà» queue · texte numérisé non relu

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2. Le monde de la mer, 2* édition, p. 481, in-8°. Paris, 18(*0.

bondir, s'élancer et s'arrêter brusquement Ils s'avancent,

reviennent, se pressent, se forment en escadrons, s'éparpillent, se réunissent de nouveau, s'égarent, disparaissent, et la trace de feu qu'ils ont laissée scintille encore à nos yeux émerveillés. L'agitation et l'inconstance de la mer semblent s'empreindre sur les êtres qui vivent au milieu de ses ondes, dans la souplesse, la rapidité et la vivacité de leurs allures. » Sans doute les poissons primaires n'ont pas eu une vivacité pareille à celle des poissons actuels si bien décrits par l'ingénieux auteur du Monde de la mer.

M. Alexandre Agassiz, voulant continuer les belles recherches que son père a faites sur la classe des poissons, s'est livré i l'étude cmbryogénique des poissons vivants, et, dans une série de mémoires remarquables, il a confirmé les idées de Louis Agassiz sur l'accord des développements paléontologiques et des développements embryogéniques ; les nombreuses figures de jeunes poissons qu'il a données montrent que les poissons traversent depuis l'état embryonnaire jusqu'à l'état adulte les mêmes phases par lesquelles ils ont passé depuis les temps primaires jusqu'aux temps actuels.

Aux remarques qui précèdent sur les caractères distinctifs des poissons primaires, je dois en ajouter quelques-unes qui sont importantes pour la discussion de la théorie vertébrale dont j'aurai à parler dans les pages suivantes. Ainsi je ne peux omettre de rappeler que, chez des poissons dévoniens dont les vertèbres n'ont pas encore leur centrum ossifié, on trouve des côtes parfaitement formées. Je fus bien frappé de ce fait lors d'une excursion que je fis en Ecosse à Saint- Andrews. Après m'avoir montré la curieuse collection de poissons fossiles qui appartient à l'Université de cette ville, le professeur Mac Donald me conduisit à la célèbre localité de Dura Den; chez le propriétaire du moulin de Dura Den, comme dans le musée de Saim-Andrews, il me fit voir de nombreux blocs de grès dévoniens couverts de poissons ayant tout à la fois des côtes très développées et des vertèbres incomplètement

tii FOSSILES PRIMAIRES.

solidifiées'. La figure 246 représente un poisson permienoù l'on observe le même contraste : les côtes sont très grandes, bien qu'il n'y ait aucune trace de corps de vertèbre.

Je prie encore mes lecteurs de noter la ressemblance des nageoires paires qui représentent les membres antérieurs et postérieurs avec les nageoires impaires que l'on regarde généralement comme des parties dermiques. Un éminent anatomiste, M. Mivart, a publié récemment un mémoire où il a montré chez les poissons cartilagineux actuels la ressemblance des nageoires paires avec les nageoires impaires, et il

Pic. 353. — Tritlichoplertu alatns, à 1/2 grandeur : t. et i. os qui soutiennent la seconde dorsale 2 d. et l'anale a. ; t. rayons inter-épineux;c. nageoire caudale dans laquelle on voit se conlinaer la pointe de la colonne vertébrale ossifiée c. v . ; 1 d. première dorsale ; v. ventrale (d'après Egerton). — Dévonien d'Ecosse.

en a conclu que les unes et les autres devaient être également considérées comme ayant leur point de départ à la périphérie du corps. L'examen des poissons anciens confirme tout à fait ces remarques. Dans plusieurs d'entre eux, on voit les écailles s'avancer sur les nageoires impaires aussi bien que sur les nageoires paires. Le genre Tristichopterus ! (fig. 252) qu'Egerton et M. Hamsay Traquait' ont fait connaître, avait ses

1. M. llmley a donné à l'un de ces genres de paissons le nom de Phaneroplcuron pour rappeler que les eûtes sont très apparentes (faiipâi, manifeste; jûsupiv, cote).

3. Tptt<, trois; rniyr,, rangée; ntspbv, aile, parce quo la seconde dorsale et l'anale ont chacune trois rangées do gros inter-épincux.

nageoires dorsale et anale soutenues par des pièces qui ressemblent singulièrement à des os des membres ; ces nageoires devaient avoir beaucoup de force. Nous avons là un exemple frappant d'un déplacement de fonction ; les nageoires les mieux adaptées pour la locomotion n'étaient pas celles qui sont les homologues des membres, mais c'étaient les nageoires impaires l ; ainsi les parties considérées comme de simples dépendances de la peau remplissaient les fonctions dévolues spécialement aux membres chez les êtres supérieurs.

Remarques sur la théorie de V archétype. — J'ai rappelé que dans les temps primaires, on trouve des poissons trop élevés pour ne pas supposer que ce sont des types déjà avancés dans leur évolution. Mais on y rencontre aussi des poissons si peu perfectionnés, qu'ils se rapprochent de la forme la plus simple sous laquelle nous pouvons concevoir le type vertébré ; il est permis de croire qu'ils ont été des descendants peu modifiés des prototypes * vertébrés, c'est-à-dire des premiers vertébrés qui ont paru sur notre terre.

Il m'a semblé intéressant de rechercher si l'étude de ces êtres primitifs indiquait des relations entre les prototypes vertébrés et le type idéal des vertébrés auquel on a donné le nom d'archétype 3 . Il n'y a pas de question qui ait plus préoccupé les anatomistes que la théorie de l'archétype. C'est Oken qui l'a établie : « En août 1806, dit-il *, je voyageais dans le Hartz; comme je cheminais dans une forêt, je vis à mes pieds un crâne de chevreuil blanchi par le temps; le ramasser, le retourner, le regarder, fut l'affaire d'un instant; c'est, mîécriai-je, une colonne vertébrale. Celte pensée me frappa comme un éclair, et, depuis ce temps-là, on sait que

i. Dans les poissons, la locomotion csl effectuée surtout par les muscles attachés i la colonne vertébrale, au lieu d'être effectuée par les muscles des membres, comme dans les quadrupèdes et les oiseaux.

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