‹ Les enchainements du monde animal dans les temps géologicquesChapitre 105 sur 128 · Isis, p · texte numérisé non relu

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le crâne est une colonne vertébrale. » La théorie vertébrale devint bientôt célèbre ; l'ensemble du squelette des êtres les plus élevés parut n'être qu'une répétition de parties homologues plus ou moins modifiées. Les panthéistes accueillirent favorablement la nouvelle doctrine qui paraissait révéler l'identité de parties en apparence différentes; elle fut acceptée de même par plusieurs spiritualités, car les idées de simplicité de plan charment toujours les esprits philosophiques. Spix, de Blainville, Bojanus, Goethe, Etienne Geoffroy Saint- Hilaire, Carus, Strauss, Gervais, M. Richard Owen, etc., ont, avec des variations diverses, adopté l'idée d'Oken. Les disciples de Démocrite et d'Ëpicure, a dit M. Owen, raisonnaient ainsi : < Si le monde a été fait par un esprit ou une intelligence préexistante, c'est-à-dire par un Dieu, il faut qu'il y ait eu une Idée et un Exemplaire de l'univers avant qu'il fût créé... N'ayant découvert aucun indice d'un archétype idéal dans le monde ou dans quelqu'une de ses parties, ils concluaient qu'il ne pouvait y avoir eu aucune connaissance, ni intelligence, avant le commencement du monde, comme sa cause. » M. Owen a consacré à l'étude de l'archétype un livre spécial \ et il s'en est occupé encore dans son Anatomie comparée des vertébrés '. Il pense que tout est vertèbre chez le vertébré, sauf quelques os que Ton trouve dans la peau, les viscères, ou qui se forment dans les muscles. Suivant lui, la tète serait composée de quatre vertèbres ainsi constituées :

La vertèbre du nei comprendrait :

Un centrum (vomer);

Un arc supérieur (préfrontaux et nasal) ;

Un arc inférieur (palatins, maxillaires, in ter-maxillaires);

Des appendices (ptérygoïdes, jugaux).

La vertèbre du front comprendrait :

Un centrum (présphénoïde) ;

Un arc supérieur (orbitosphénoïdes, postfrontaux, frontal);

Un arc inférieur (tympaniques et mandibules).

1 . Principes (TosUologie comparée ou Recherches sur f Archétype et les homologies du squelette vertébré, avec 15 planches et 3 tableaux, Paris, 1855. i. Vol. I, p. 27 à 30. Londres, 1866.

La vertèbre pariétale comprendrait :

Un eentrum (basisphénoïde) ;

Un are supérieur (alisphénoïdes, mastoïdes, pariétal) ;

Un arc inférieur (les os de l'hyoïde) ;

Des appendices (rayons branchiostèges des poissons). 4

La vertèbre occipitale comprendrait :

Un eentrum (basi-occipital) ;

Un arc supérieur (ex-occipitaux, para-occipitaux, sus-occipital);

Un arc inférieur (ceinture thoracique) ;

Des appendices (humérus et les autres os du membre antérieur).

Les vertèbres du tronc comprendraient :

Des eentrum;

Des arcs supérieurs;

Des arcs inférieurs représentés par les côtes, les pièces du sternum, les os

du bassin, les os en V; Des appendices (membres postérieurs).

On ne saurait nier qu'il soit possible d'imaginer un type dans lequel se retrouvent des traits communs aux différents vertébrés. Le poisson, le reptile, l'oiseau, le mammifère, ont un grand nombre de pièces dont les homologies sont manifestes. On a cherché à saisir le plan général de ces homologies, et, comme, au fur et à mesure du perfectionnement des vertébrés, la colonne vertébrale a pris plus d'importance, on a supposé un système dans lequel tout aurait été ordonné par rapport à elle. C'est dans ce sens qu'on peut entendre ces mots de M. Owen 1 : « Vidée de V archétype se manifesta dans les organismes, sous diverses modifications, à la surface de notre planète, longtemps avant V existence des espèces animales chez lesquelles nous la voyons aujourd'hui développée... La nature a avancé à pas lents et majestueux, guidée par la lumière de Varchétype au milieu des ruines des mondes antérieurs, depuis l'époque où Vidée vertébrale s'est manifestée sous sa vieille dépouille ichthyique jusqu'au moment où elle s'est montrée sous le vêtement glorieux de la forme humaine. >

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