Stratum, couche; graphie, dessin
il ENCHAINEMENTS
coquilles pétrifiées qui se trouvent en la terre, tu connoistrais que la terre ne produit gueres moins de poissons portant coquilles que la mer... Je maintiens que les poissons armés et lesquels sont pétrifiez en plusieurs carrières ont esté engendrez sur le lieu mesme pendant que les rochers n'estoyent que de l'eau et de la vase.... J'ay trouvé plus d'espèces de poissons ou de coquilles d'iceux pétrifiées en terre, que non pas des genres modernes qui habitent en la mer Océane. »
Le génie primcsauticr de Bernard Palissy s'était épanoui h uni? époque qui ne pouvait le comprendre . Jusqu'à Buffon, l'histoire, de la nature n'attira l'attention que d'un petit nombre de personnes; l'élévation des pensées de ce grand naturaliste, le charme de son style amenèrent un changement dans les idées. Toutefois il faut avouer que la Théorie de la terre de Billion qui parut en 1714 et ses Époques de la nature ne firent pas avancer beaucoup la paléontologie : ces ouvrages étaient trop lliéoriques; dans la science, les idées doivent être précédéen par l'observation des faits. Bien que Guettard ait fait connaître un grand nombre de fossiles, il ne saurait non plus être considéré comme ayant créé la paléontologie. C'est Guvier qui en a été le fondateur.
Kn considérant les débris des êtres fossiles, ce grand observateur a été frappé de leurs différences avec les êtres actuels, vi il a entrepris de mettre ces différences en relief. Pour être certain que les animaux fossiles se distinguaient des vivants, il fallait commencer par connaître ces derniers. C'est pourquoi, avant d'être un paléontologiste, Guvier voulut être un anatomisle ; il réunit au Jardin des Plantes de nombreuses collections de quadrupèdes actuels qu'il étudia patiemment ; et, une fois qu'il les connut bien, il n'eut pas de peine à montrer que les êtres enfouis dans l'intérieur de la terre en étaient différents.
Si Guvier se fût borné h\, il aurait (ait admirer la lucidité de son esprit, mais il n'aurait point passé pour un génie invonlil, car, longtemps avant lui, les naturalistes avaient
appris que la terre est vieille, et que des animaux l'ont habitée dans des époques très reculées ; on supposait même qu'il y avait eu autrefois quelques espèces différentes des espèces actuelles. Cela n'empêchait pas d'admettre une création unique, et prouvait seulement que plusieurs animaux avaient disparu. Ce qu'il importait d'apprendre, c'est qu'il y a eu tout un monde primitif, différent du monde actuel. Une multitude d'ossements avait été recueillie dans la pierre à plâtre de Paris : Cuvier les fait dégager pour mettre à nu tous leurs caractères ; ensuite il réunit les pièces qui peuvent appartenir à une même espèce ; et, comparant les squelettes fossiles dont il a rassemblé les os avec les squelettes des bêles vivantes, il parvient à reconnaître qu'ils appartiennent à de nombreux genres distincts des genres actuels ; ainsi le Palœo- Iherium ressemble au tapir par ses membres, il s'en écarte par ses molaires; il se rapproche du rhinocéros par ses molaires, il s'en distingue par ses incisives; VAnoplotherium s'éloigne de tout ce qui existe aujourd'hui; quoique le Xiphodon tende vers les ruminants, les os de ses pattes ne sont pas aussi soudés, ses prémolaires sont plus tranchantes, sa mâchoire supérieure porte des incisives ; le Chœropotamus est très voisin des cochons, cependant ses molaires ont leurs denticules disposées autrement ; le Dichobune aussi est peu éloigné des cochons, mais ses dents ont des mamelons moins compliqués. Aucun animal de la pierre à plâtre ne se montre identique avec ceux qui sont les compagnons de l'homme. Qu'est-ce à dire? Cela signifie qu'avant l'humanité, il y a eu un monde d'êtres qui ont eu leur physionomie propre. Devant les regards des naturalistes charmés surgissent des horizons nouveaux, immenses, que l'esprit humain n'avait jamais embrassés, et où maintenant on voit la vie jaillir, se multiplier de toute part : la paléontologie est fondée.
Seconde phase de Vhisloire de la paléontologie. — Le but de Cuvier avait été de montrer qu'avant notre époque il y a eu
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des êtres différents des espèces actuelles. Mais il s'est peu occupé de marquer l'ordre d'apparition de ces êtres dans les temps géologiques. D'Archiac s'est élevé contre les assertions de quelques écrivains, qui, dans leur admiration pour Cuvier, ont voulu voir en lui un géologue aussi bien qu'un paléontologiste; comme le savant auteur deV Histoire des progrès de la géologie Ta dit très justement : Cuvier était assez riche de son propre fonds pour n'avoir pas besoin qu'on lui attribuât un mérite d'emprunt. Il ne pouvait pas révéler l'histoire de la succession des animaux dans les temps passés. C'est aux stratigraphies et non aux anatomistes qu'il appartenait d'établir les fondements de cette merveilleuse histoire, car, pour découvrir l'ordre d'apparition des êtres à la surface du globe, il faut commencer par connaître les superpositions des terrains dans lesquels ils sont enfouis.
Le collaborateur de Cuvier, Alexandre Brongniart, a été un des premiers qui ont soulevé le voile sous lequel était cachée l'histoire de la succession des animaux ; il a particulièrement étudié ceux de l'époque tertiaire. C'est surtout William Smith qui a porté la lumière sur la succession des animaux secondaires. Quant aux terrains primaires, la distinction de leurs étages a été due à Murchison et à Sedgwick. De nombreux savants ont développé l'œuvre de ceux que je viens de nommer.
En 1850, Alcide d'Orbigny, tenant compte des travaux de ses prédécesseurs, et y ajoutant ses observations personnelles, a divisé les terrains fossilifères en 27 étages 1 . Dans sa pensée, 27 fois des êtres nouveaux ont apparu à la surface de la terre, 27 fois les êtres créés ont disparu. Chacun des 27 étages représente une époque qui a eu son unité, aussi bien que l'époque actuelle, et a été caractérisée par des espèces spéciales. L'histoire du monde est comme une pièce
1. M. Fischer a publié dans le bulletin de la Société géologique de France une intéressante étude sur l'œuvre d* Alcide d'Orbigny (3* série, vol. VI, p. 434, 1878).
Terrains tertiaires .....
Crétacé
de théâtre avec de nombreux changements de décors où chaque acte, chaque scène sont marqués par l'arrivée de nouveaux personnages. Voici le tableau de la classification de d'Orbigny.
Subapennin, étage étudié d'abord au pied des versants de l'Apennin.
Falunien, étage des faluns (nom donné au sable coq u illier dans la Touraine).
Parisien, étage de Paris.
Sucssonien, étage de Soissons (Suessoncs).
Danien, étage de Faxoé dans le Danemark (Dania) . Séuonien, étage de Sens (Senones).
Turonicn, étage de Tours (Turones).
Cénomanien, étage du Mans (Cenomanum).
Albien, étage développé sur les bords de l'Aube
(Alba).
Apticn, étage d'Apt (Apta Julia).
Néocomien, étage de Ncuchàtel en Suisse (Neoco- \ mum).
Portlandicn, étage de l'île de Portland, au sud de
l'Angleterre.
Kimmeridgien, étage de Kimmeridge, dans le sud
de l'Angleterre.
Corallien, étage des coraux.
Oxfordien, étage d'Oxford.
Callovien, étage de Kelloway (Callovium).
Bathonien, étage de Bath.
Bajocien, étage de Bayeux (Bajocœ).
Toarcien, étage de Thouars (Toarcium), dans les
Deux-Sèvres.
Liasien, étage moyen du lias (le nom de lias est
donné par les carriers du sud de l'Angleterre à une
pierre argileuse noirâtre).
Sinémurien, étage de Semur (Sinoinurus), dans la
Côte-dOr.
Saliférien, étage du sel (sal, fero).
Conchylien, Muschelkalk des Allemands.
Permien, étage du gouvernement de Perm en Russie.
Terrains secondaires.
Jurassique.
Triasique..
L Carbonifère, étage du charbon.
Terrains primaires J Dévonien, étage du comté de Dévon, dans le sud de
I l'Angleterre.
\ Silurien, étage du pays des Silures.
La classification de d'Orbigny a été adoptée par la plupart des géologues; d'abord parce qu'elle représentait un grand
lf> ENCHAINEMENTS
progrès de la science, et puis parce qu'elle s'appuyait sur un ensemble imposant de travaux : dans son Cours élémentaire de paléontologie et de géologie slratigraphiques, d'Orbigny avait établi la délimitation de chacun de ses 27 étages; dans son Prodrome de paléontologie , il avait mentionné environ 18000 espèces de fossiles, et réparti chacune d'elles dans l'un de ses 27 étages; en outre, son ouvrage en 16 volumes, intitulé Paléontologie française renferme la description détaillée et la figure d'une multitude de fossiles. On peut ajouter que ses longs voyages dans l'Amérique méridionale devaient disposer en sa faveur; un homme qui avait appris à suivre la marche des êtres à travers le monde actuel était bien préparé à étudier leur marche à travers le monde passé.
Non seulement les paléontologistes ont jeté de la lumière sur l'histoire de la succession des êtres, mais encore ils ont ajouté de précieux documents pour la connaissance de la plupart des classes dont se compose le monde animal.
Les ingénieuses recherches de Fichtel et Moll, Ehrenberg, d'Orbigny, Reuss, Scliultze, d'Archiac et Haime, de La Harpe, de MM. Willamson, Carpenter, Rupert Jones, Parker, Brady, Terquem, Carter, Rùlimeyer, de Hantken, Sequenza, Karrer, de Mocller, van den Broeck, Berthelin, de Schlicht, Borneman, MiinierClialinaSiScliluniberger 1 , etc., ont révélé les variations multiples des foraminifères dont les dépouilles microscopiques contribuent à former plusieurs des assises du globe.
1. Dans celte liste et celles qui suivent, je mets les noms des savants qui sont morts avant ceux des savants qui vivent; ensuite, je fais les énumérations do noms ù peu près suivant l'ordre des dates auxquelles les paléontologistes que o cite ont publié leurs principaux ouvrages. Je mentionne seulement ici les homme» qui se sont plus spécialement occupés de la paléontologie proprement dite. C'est pourquoi je n'ai pas inscrit les noms de d'Omalius d'Halloy, de la Bechc, Murchison, Sedgwick, Elie de Beaumont, Lyell, Logan, Haidinger, Escher de la Linth, André Dumont, Roger s, MM. Studer, Merian, Prestwich, Alphonse Favre, Ramsay, Haulin, Lory, Lesley, Marcou, de Rouville, A. Geikie, Hayden, Judd, Hughes, Gumbcl, Whitaker, Liversidge, Omboni, Gosselet, Faisan, Rames, de Lapparent, Mourlon,Torell, Charles Barrois, Arnaud, Toucas, Stanislas Meunier, Mcdlicott, Blanford, Hull, Clarencc King et d'autres eminents géologues qui ont fait des travaux de stratigraphie basés sur la paléontologie.
DU MONDE ANIMAL. il
Ehrenberg, MM. Haeckel, Zittel, Stôhr, Pantanelli ont fait connaître les jolies coquilles siliceuses des radiolaires fossiles.
Lamouroux, Mante!), Goldfuss, Michelin, Etallon, Toulmin Smith, Bowerbank, Reuss, MM. Roemer, de Fromentel, Pomel, Sollas, Zittel, Steinmann ont entrepris la difficile tâche d'établir des groupes parmi les éponges tossiles dont les espèces sont si mobiles qu'elles semblent insaisissables.
MM. Henry Milne Edwards et Jules Haime ont jeté de la lumière sur le monde des polypes qui, avant eux 1 , semblait l'image du chaos; le grand naturaliste Dana, Reuss, Meek, Worthen, Wyville et James Thomson, MM. Duncan, de Koninck, Hall, de Fromentel, Nicholson, Lindstrôm, Koby, Dybowsky, Rominger, Lapworth, Steinmann, Verril, Becker, Milaschewitsch, d'Achiardi, de Koch, Fritsch ont continué leurs recherches.
Les caractères si précis des échinodermes ont rendu ces animaux des types précieux pour la détermination des terrains sédimentaires; comprenant leur importance, Miller, des Moulins, Agassiz, Forbes, Desor, Angelin, Billings, MM. de Koninck, Hall, Cotteau, Wright, de Loriol, Wachsmulh, Springer, R. Ethcridge, H. Carpenter, etc., ont consacré à l'étude de leurs espèces fossiles une partie de leur existence. On dresserait une longue liste, si Ton voulait indiquer tous les auteurs qui ont parlé des échinodermes.
Un des plus grands chefs-d'œuvre de patience accomplis par les naturalistes a été l'arrangement de la collection des bryozoaires de d'Orbigny; ces petits êtres si élégants et si variés ont aussi été bien étudiés par Goldfuss, Lonsdale, M'Coy, Haime, Reuss, King, de Hagenow, Stoliczka, MM. Quenstedt, Roemer, Busk, Hall, Manzoni, Novak, Vine,\Vaters, Shrubsole.
Chacun sait quelles admirables publications M. Davidson a
1. Il y avait eu des travaux très utiles, tels que ceux de Goldfuss, de Lainarck, Lamouroux, de filainvillc et surtout de Michelin ; mais on se rendait si imparfaitement compte de l'organisation intime des polypiers fossiles qu'on les confondait avec les spongiaires et les bryozoaires.
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faites sur les brachiopodes. Comme, il y a peu de temps encore, on rangeait ces animaux parmi les mollusques, les naturalistes qui ont écrit sur les mollusques fossiles ont aussi écrit sur les brachiopodes.
Entreprendre de citer tous les savants qui ont parlé des mollusques, ce serait vouloir nommer la plupart des géologues, car c'est surtout d'après les différences des coquilles fossiles que Ton distingue les étages ou sous-étages ; parmi les paléontologistes qui se sont plus particulièrement occupés de mollusques, je mentionnerai pour la conchyliologie des temps primaires : Sowerby, Goldfuss, de Verneuil, M'Coy, Salter, d'Archiac, Nilsson, Angelin, Eichwald, King, Billings, Bigsby, Meek, MM. Barrande, Hall, de Koninck, Geinilz, Roemer, Sandberger, Beyrich, Worthen, Meneghini, Etheridge, Œhlert, Novak, Holzapfel, Branco, Whitfield, Blake, Noetling, etc.; pour la conchyliologie des temps secondaires : Schlolheim, Parkinson, de Lamarck, Sowerby, Zieten, Goldfuss, de Munster, Klipstein, de Blainville, de Buch, Woodward, Mantell, Eudes Deslongchamps, d'Orbigny, Louis Agassiz, Phillips, des Moulins, Sharpe, Pictet, Reuss, Leymerie, Bronn, Eichwald, Oppel, Dumortier, Giebel, Stoliczka, Coquand, Buvignier, de Binkhorst, Angelin, A. Dollfus, Tombeck, Schloenbach, Meek, Lycett, MM. Quenstedt, Roemer, Matheron, Terquem, Geinitz de Hauer, Suess, Meneghini, Morris, Hébert, Bayle, Stoppani, Renevier, Laube, Dewalque, de Loriol, Piette, Eugène Deslongchamps, de Mojsisovics, Etheridge, Pillet, Pellat, Schlûter, Zittel, Waagen, Hyatt, Ernest Favre, Fontannes, Moesch, Wright, Gabb, White, Fischer, Neumayr, Lundgren, de Alth, Wiltshire, Pirona, Douvillé, Munier Chalmas, Vilanova, Gardner, de Uhlig, Branco, Dames, Wàhner, Hudleston, Gottsche, Schlosser, Boehm ; pour la conchyliologie des temps tertiaires et quaternaires : Brocchi, de Lamarck, Defrance, Sowerby, de Baslerot, Bronn, Deshayes, Philippi, Grateloup, Nyst, Dujardin, Hôrnes, Conrad, Searles Wood, Sismonda, d'Archiac, de Koenen, Woodward, F. Edwards, Meek, Tournouër, Tate,MM. Bellardi,
Michelotti, Noulct, Bourguignat, Briart, Cornet, Fischer, Mayer, Sandberger, Sequenza, Vilanova, Neumayr, de Stefani, de Raincourt, Fontannes, Locard, Fuchs, Rutot, Morlet, Vasseur, Hyatt, Bôttger, Speyer, Pantanelli, Martin, Pohlig, etc. En dressant ces listes, je suis bien frappé de voir que la plupart des hommes auxquels la science des fossiles doit ses principaux progrès se sont attachés particulièrement à quelqu'une des grandes époques géologiques ; ces spécialisations révèlent l'immensité des études qu'embrasse la paléontologie.
Les trilobites ont attiré l'attention de nombreux naturalistes : Alexandre Brongniart, Ilisinger, Dalman, Salter, Angelin, MM. Barrande, Hall, Burmeister, Henry Woodward, VValcolt, Sehmidt, Novak, etc. ; les caractères des curieux mérostomes ont été mis en lumière par Salter, Hall, Woodward; les petits entomostracés n'ont pas échappé aux regards scrutateurs de Bosquet, MM. Rupert Jones, Barrande, Terquem, Brady, Cornuel, Kirkby; Charles Darwin s'est occupé des cirrhipèdes; les crustacés plus élevés ont été étudiés par Desmarest, de Munster, Hermann de Meyer, Bell, MM. Henry et Alphonse Milne Edwards, Boas, Morière, etc.
Une des étranges choses de la paléontologie a été de découvrir dans les pierres des restes nombreux d'êtres aussi ténus que le sont les insectes, les myriapodes et les arachnides; il faut être reconnaissant à Marcel de Serres, Curtis, de Munster, Germar, Berendt, Pictet, Brodie, MM. Oswald Heer, Geinilz, Koch, Oustalet, Scudder, Ch. Brongniart d'avoir eu le courage d'entreprendre l'examen de créatures dont l'étude oflre tant de difficultés aux paléontologistes.
Ce sont les vastes ouvrages de Louis Agassiz qui ont fondé richthyologie fossile; à côté de lui, je citerai : Volta, Hugh Miller, Heckel, Dixon, de Munster, Kner, Giebel, Pander, Pictet, M'Coy, Thiollière, Gibbes, Le Hon, Egerton, MM. Huxley, Newberry, Sauvage, Humbert, Powrie, Ray Lankester, Winkler, Gûnther, Cope, Cocchi, Bassani, Traquair, Gill, Lûtken, Hancock, Atthey, Miall, Davis, Kramberger-Gorjanovic, van den
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Marck, Sleindachner. Il faut ajouter que plusieurs travaux faits sur les ganoïdes vivants, tels que ceux de Jean Mûller, MM. Vogt, Kôllikcr, Hyrtl, Owen, Gûnther, Alexandre Agassiz, ont aidé à comprendre l'organisation des poissons fossiles.
M. Richard Owen est de tous les naturalistes celui quia le plus étudié les étonnants reptiles des temps passés; ces animaux ont été aussi l'objet des recherches de Sœmmering, Camper, Home, de la Bêche et Conybeare, Buckland, Faujas de Saint-Fond, Cuvier, Fischer de Waldhcim, de Munster, Mantell, Goldfuss, Wagner, H. de Meyer, Hawkins, Giebel, Tschudi, Plicninger, Èichwald, Bronn, Eudes et M. Eugène Deslongchamps, Phillips, MM. Jàger, Quenstedl, Burmeister, Leidy, Newbcrry, Rûtimeyer, Dawson, Hancock, Winkler, Geinitz, Roemer, Vaillant, Sauvage, Hulkc, Wiedersheim, Fritsch, Atthey, Deichmuller, Miall, Crcdner, Dollo. Dans ces dernières années, d'ingénieux travaux de MM. Huxley, Sieley, Marsh, Cope, etc. sur certains reptiles de caractères intermédiaires ont soulevé d'intéressantes questions d'anatomie philosophique.
M. Alphonse Milne Edwards nous a révélé le monde des oiseaux fossiles. M. Richard OvVen a décrit l'oiseau à longue queue de Solenhofen, et M. Marsh a découvert des oiseaux qui avaient des dents. M. Lemoine a donné de curieux détails sur le Gastornis. Les gigantesques oiseaux de Madagascar et de la Nouvelle-Zélande ont aussi fourni d'intéressantes pages à l'histoire de l'ornithologie.
Les mammifères fossiles ont été l'objet de nombreuses recherches; parmi les auteurs qui s'en sont occupés, je citerai : en France, Cuvier, Laurillard, de Blainville, de Christol, Croizet, Marcel de Serres, Bravard, Lartet, Gervais, Duvernoy, Jourdan, Nodol, MM. Pomel, Aymard, Hébert, Delfortrie, Filhol, Lemoine, Emile Rivière, Lortet, Chantre, Pommeroi, Trutat, Thomas ; en Angleterre, Falconer, Leith Adams, MM. Owen, Flowcr, Busk, Boyd Dawkins, Huxley, Sanford, Newton ; en Belgique, Sclimerling, MM. Van Beneden, de Paw ; en Russie, Brandt, Nordmann, M. Kowalevsky; en Allemagne,
Blumenbach, Kaup, André Wagner, Hermann de Meyer, Goldfuss,MM. Jàger, Burmeister, Peters, Fraas, Hensel, Maak, Vacck, Nehring, Naumann, Lepsius; en Suisse, Pictet et Humbert, MM. Rûtimeyer, Biedennann, Bachmann ; en Italie, Nesti, Cortesi, Gastaldi, MM.de Zigno, Guiscardi, Forsyth Major, Capellini, Portis; dans l'Inde, Gautley, Falconer, MM. Lydekker, Bose; dans l'Amérique du Sud, Lund, MM. Burmeister, Ameghino; dans l'Amérique du Nord, Harlan, MM. Leidy, Warren, Allen, Marsh et Cope ; les surprenantes découvertes de ces derniers ont beaucoup augmenté la connaissance des mammifères fossiles.
Enfin, l'homme lui-même a été suivi jusque dans les temps géologiques ; parmi les savants qui se sont voués aux études préhistoriques, je nommerai : en France, Boucher de Perthes, Tournai, de Ghristol, Edouard Lartet, Broca, Gervais, de Vibraye, Bourgeois, Reboux, MM. Desnoyers, de Quatrefages, de Mortillet, Aymard, Pruner Bey, Hamy, Piette, Bourguignat, Filhol, Garrigou, Parrot, Emile Rivière, Cazalis de Fondouce, Louis Lartet, de Mercey, Arcelin, Ducrost, Chantre, Cartailhac, Topinard, Ollier de Marichard, d'Acy, Noulet, Chouquet, Massenat, Chapelain Duparc ; en Angleterre, Lyell, MM. Evans, Prestwich, Flower, Huxley, Lubbock, Busk, Franks, Boyd Dawkins, James Geikie; en Suisse, Keller, Troyon, Morlot, Desor, MM. Vogt, Rûtimeyer, Gosse; en Belgique, Schmerling, Spring, M. Dupont; en Suède, MM. Nilsson, Retzius ; en Danemark, Thomsen, MM. Worsaae, Steenstrup ; en Allemagne, MM. Schafïhausen, Wirchow, Fraas ; en Italie, Gastaldi, MM. Capellini, Scarabelli, Pigorini, Belluci ; en Portugal, Ribeiro, M. Delgado ; au Brésil, Lund; à Buenos-Ayres, MM. Ameghino, Moreno; en Californie, M. Whitney. Ces savants et un grand nombre d'autres ont étudié ou étudient encore avec tant d'activité les débris des hommmes fossiles ou des objets de leur industrie qu'ils sont en voie de former une nouvelle branche de la science qui sert de couronnement à la paléontologie.
Quoique les listes précédentes renferment plus de cinq cents
citations, elles sont loin d'être complètes ; j'ai omis des noms de savants qui pourraient être cités avec honneur. Pour m' excuser auprès d'eux, je leur répéterai ces mots que je prononçais, il y a plusieurs années, en ouvrant à la Sorbonne un cours de paléontologie : « Je n'en finirais pas, si je voulais énumérer tout ce qui a été dépensé de génie depuis la mort de Cuvier pour ressusciter les êtres des générations antiques. On ne peut s'empêcher d'être saisi d'admiration en présence des travaux de ces naturalistes qui (tune main si assurée ont rétabli les linéaments de ce qui eut vie autrefois. » Grâce aux découvertes des paléontologistes, l'histoire naturelle devient de l'histoire dans le sens propre de ce mot ; elle retrouve les titres de généalogie d'une multitude d'êtres qui autrefois semblaient des enfants perdus. « Les découvertes des paléontologistes , a dit M. Fischer 1 , ont été si rapides, si étendues , elles nous promettent dans un avenir peu éloigné une telle quantité de documents qu'on peut prévoir aujourd'hui le moment où la vie d'un homme suffira à peine pour acquérir une connaissance complète des fossiles d'une formation géologique. »
Pour les monuments de la pensée comme pour les monuments faits de pierres et de ciment, il faut d'abord apporter des matériaux, il faut ensuite les agencer. Nos prédécesseurs ont réuni des matériaux ; nous devons en réunir encore, mais en même temps nous pouvons travailler à les assembler. Les ouvrages de Darwin ont entraîné un nouveau courant d'idées dans les sciences naturelles ; ils ont porté les esprits vers les travaux de synthèse. L'union de la synthèse avec l'analyse représente la troisième phase de l'histoire des progrès de la paléontologie ; par suite des efforts des savants de tous les pays, nous voici déjà entrés dans cette troisième phase.