Eue, aurore ; Ç&ov, animal
paléontologiste crut aussi reconnaître des trous de vers et des matières charbonneuses 1 .
Chacun sait quel retentissement a eu la découverte de VEozoon ; on a pensé qu'on avait trouvé le commencement de la vie ; on a cru assister au moment où la nature s'organisait : c'était bien l'époque de transition rêvée par les géologues du siècle dernier, c'était le passage de l'état inorganique à l'état organique. Mais aujourd'hui il se produit une vive réaction contre la croyance à l'origine organique de VEozoon ; plusieurs savants ne voient plus en lui qu'une simple roche ayant un mode d'agrégation particulier. Quand même ces derniers auraient raison, les géologues canadiens auraient toujours l'honneur d'avoir montré qu'au-dessous du cambrien, il y a de puissantes assises d'apparence sédimentaire où Ton peut espérer trouver des fossiles. Voici les superpositions des plus anciens terrains de l'Amérique que M. Hunt a admises dans ses publications les plus récentes :
Étage de Montai ban.
Huronîen.
ÊUge du petrosilex.
Labradoriett '.
. ( Couches supérieures de GrentiUe (niveau des EoioonK
Laurcntien } . » x
I Couches inférieures d Ottawa.
En Angleterre aussi il y a eu, dans ces derniers temps, de curieuses recherches qui ont jeté quelques lumières sur les plus anciens terrains sédimentaires. Après avoir découvert des assises du cambrien qui renferment des fossiles d'une plus grande ancienneté que tous ceux jusqu'à présent observés en Europe, M. Hicks a porté son attention sur les terrains placés au-dessous du plus vieux cambrien ; comme en Amérique, il a cru voir en eux des terrains métamorphiques qui avaient à
1. M. Dawson a signalé également des grains arrondis qu'il a décrits sous le nom dWrchœosphœriHû (îtpxorto;, ancien; ??atpa, sphère).
2. M. Hunt adopte pour ce terrain le nom de noiien, parce qu'il est en partie formé de norites.
l'origine été déposés dans les eaux ; il les a nommés précambriens, et les a classés ainsi :
Pébidien. — Etudié d'abord à Pébidiauc, près de Saint-David,
dans le sud du pays de Galles. Il correspond, suivant M. Hunt,
au groupe de Montalban et à l'huronien du Canada.
Terrain l Arvonien. — 11 emprunte son nom à Carnarvon, dans la partie
archéen 1 septentrionale du pays de Galles qui est l'ancienne Arvonia.
(précambrien) Dimétien. — 11 tire son nom de son développement dans la
d e l a j partie du pays de Galles qu'on appelait anciennement la
Grande-Bretagne / Dimétie. Il est l'équivalent des couches du laurentien, dites
couches de Grenville. Lewisien. — Ainsi nommé par Murchison de Lewis, une des Iles Hébrides. Il correspond aux couches inférieures du ' laurentien du Canada, appelées couches d'Ottawa.
Oo n'a pas encore trouvé de traces de fossiles dans l'arche en d'Angleterre.
Terrain cambrien. — Ce terrain tire son nom du pays de Galles qui était autrefois appelé Cambria ; c'est là qu'il a été étudié pour la première fois par le révérend Sedgwick. La partie supérieure du cambrien, qui est connue sous le nom d'étages des Lingula flags, a fourni de nombreux fossiles ; mais les épaisses assises qui sont au-dessous avaient semblé, jusqu'à ces dernières années, presque dépourvues de restes organiques. On avait seulement signalé dans le Longmynd des trous d'origine problématique décrits sous le nom d'Arenicolites, et un débris detrilobite (Palœopyge Ramsayi) ; dans le cambrien inférieur de l'Irlande (comté de Wicklow), on avait découvert les vagues impressions appelées Oldhamia. Quant au pays de Galles, on n'y avait jamais trouvé de fossiles dans le cambrien inférieur; les géologues qui visitaient les grès d'Harlech, les dalles de Llanberis, avaient la jouissance d'admirer des roches grandioses, des paysages magnifiques ; ils ne rapportaient aucun débris du monde organique. On a réfléchi que, si les immenses assises du cambrien inférieur ne révèlent pas de fossiles dans le nord du pays de Galles, cela dojt provenir du mode de leur clivage ; en effet, le clivage des roches y étant le plus souvent
perpendiculaire à la direction des couches, les fossiles qui sont déposés dans le sens de la stratification ont dû se trouver fendillés en nombreux morceaux, et sont ainsi devenus méconnaissables. Alors on a eu la pensée d'explorer les régions dans lesquelles le clivage a été moins marqué ou bien a été parallèle au plan des couches, et bientôt Salter, Hicks et Harkness ont obtenu de nombreux fossiles dans le cambricn très inférieur ! . Ces découvertes ont montré combien notre science est encore provisoire et combien il faut se garder de tirer des conclusions des faits négatifs.
En réunissant les données acquises dans ces dernières années, on peut dresser la liste qui suit des couches cambriennes :
Cambrien
supérieur
(étages des
Lingula flags),
divisé par Belt en trois
parties :
Cambrien
inférieur,
divisé,
suivant
M. Hicks,
de la manière
suivante :
Étage de Dolgelly '. Environ 180 mètres d'épaisseur. Trilobites spéciaux : Parabolina, Pellura, Sphœrophthalmus, Dikelocephalus.
Étage de Festiniog. Environ 600 mètres d'épaisseur. Lingulella Davisii, Hymenocaris vermicauda.
Étage de Maentwrog. Environ 800 mètres d'épaisseur. Olenus.
/ Étage ménevien ' 220 mètres de puissance.
Étage de Solva 4 ,
550 mètres
de puissance.
Étage de Caerfai, 480 mètres i de puissance.
Grès et schiste avec Orthis Hicksii.
Schiste tabulaire et ardoisier avec Para-
doxides Davidis.
Dalle grise avec Paradoxides Hicksii.
Roches grises avec Paradoxides aurora.
Roches grises et pourpres avec Paradoxides
solvensis, Conocoryphe solvensis et grands
fucoïdes.
Grès jaunâtre et dalle avec Paradoxides
Harknessii, Plutonia Sedgwickii, Eophyton.
Grès pourpré avec annélides.
Schiste rouge avec Leperditia cambrensis,
Lingulella primœva, Discina caerfaiensis.
Conglomérat et grès tabulaire avec annélides.
1. C'est surtout dans le sud du pays de Galles, à Saint-David, qu'on a trouvé les fossiles du cambrien inférieur; mais on en a aussi découvert dans le Nord; M. Humfray m'a montré près de Maentwrog des schistes méneviens où abonde le Paradoxides Davidis.
2. Dolgelly, Festiniog et Maentwrog sont des localités du nord du pays de Galles.
3. Menevia, ancien nom du pays où se trouve le promontoire de Saint-David (sud du pays de Galles).
4. Ce nom et celui d'étage de Caerfai sont également tirés du sud du pays de Galles.
Le terrain cambrien a été retrouvé dans un grand nombre de contrées. On l'a découvert dans l'ouest de la France, en Espagne et en Bavière. MM. Dewalque et Malaise J'ont indiqué en Belgique ; suivant M. Malaise, le terrain nommé ardennais par Dumonl est du cambrien. En Scandinavie, le cambrien a été l'objet d'importantes publications ; MM. Lundgren et Linnarsson y ont reconnu de nombreux horizons de fossiles. M. Barrande l'a décrit en Bohême sous le nom d'étage de la faune primordiale; les travaux de cet éminent paléontologiste ont rendu célèbres les gisements de Skrey et de Ginclz. Dans l'Amérique du Nord, le grès de Potsdam et le taconique 1 semblentles équivalents du cambrien. Suivant M. Gorceix, les couches diamantifères du Brésil seraient cambriennes.
Terrain silurien 9 . — A la même époque où Sedgwick entreprenait l'étude des terrains qui bordent les rivages du pays de Galles et y découvrait le cambrien, un autre géologue qui allait devenir encore plus illustre, Rodrigue Murchison, s'arrêtait dans les comtés de Shrop, de Radnor, d'Hereford, et y découvrait les couches siluriennes ; ce ne fut pas chose facile que de déchiffrer ces feuillets de l'histoire du monde déchirés et noircis par le temps. Pour en voir l'ensemble, il faut aller à Church Slretton ; là on gravit le Longmynd formé par le cambrien au pied duquel s'étend le silurien ; on aperçoit à très peu de distance un monticule appelé Caer Caradoc, ce qui veut dire le camp de Caractacus ; c'est là que, sous la conduite de Caractacus, les anciens Silures combattirent les Romains pour garder leur indépendance. Murchison a voulu rappeler le souvenir de ces nobles aïeux en proposant le nom de silurien. Voici les étages dont se compose le silurien de l'Angleterre :