‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 136 sur 206 · Voir Dechen, op, cit., etc · texte numérisé non relu

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hornblende. M. Schulte, qui a récemment décrit^ les bombes des environs de Daun, y a trouvé. en outre, mais plus rarement, de la haûyne, de la méionite, du sphëne.

Ces divers éléments s'observent soit seuls, soit combinés entre eux de la façon la plus variée, donnant ainsi naissance à un grand nombre de types pétrographiques.

Tantôt ces roches sont holocristallines, tantôt elles renferment un résidu vitreux : leurs éléments sont parfois riches en inclusions vitreuses.

Le plus généralement, la hornblende, puis la biotite sont les derniers éléments consolidés. Dans quelques cas, aucun des minéraux (sauf Tapatite) n'a de contours géométriques, dans d'autres cas, au contraire, tous sont automorphes : Tolivine constitue alors de longs cristaux allongés, un peu cristallitiques, souvent intimement associés à la hornblende et à Taugite.

Assez souvent, la biotite ou la hornblende, en larges plages, présentent la structure pœcilitique en englobant un grand nombre de grains ou de cristaux à formes très nettes de pyroxène.

La hornblende et le mica sont généralement intacts ; plus rarement, ils présentent des phénomènes de transformation analogues à ceux qui ont été décrits précédemment.

Les minéraux constituant ces bombes sont identiques à ceux que l'on rencontre comme éléments anciens des roches volcaniques {leitcititeSf néphélinites, limburgites), qui accompagnent et parfois englobent les bombes basiques dont je m'occupe ici. On observe môme parfois des passages insensibles entre Técorce microlitique et le centre de la bombe, par abondant développement du verre dans

1. Verhandl. d. naturh. Vereins, XLVIII, 195, 1891 et L, 303, 1893.

la zone de contact. Je considère donc ces enclaves comme des ségrégations, et dans certains cas, comme le résultat de la consolidation totale du magma qui les englobe. Ces ségrégations se sont évidemment produites antérieurement à la sortie de la roche volcanique, mais il semble que, dans beaucoup de cas, elles ne soient pas d'origine très profonde, et qu'elles aient dû se produire pendant Fascension de la roche volcanique dans les cheminées souterraines.

En effet, j'ai recueilli, à la Pulver Maar, un bloc de Uucitite à hornblende^ englobant une bombe à hornblende. Au contact des deux roches, on voit une zone constituée par de grands cristaux automorphes de hornblende, d'au* gite et de biotite, avec un peu de verre brunâtre, puis on rencontre un nodule constitué par un verre incolore, fourni par la fusion de cristaux d^orthose en voie de démolition. Dans ce verre, il n'y a que quelques microlites d'augite. Quand on se rapproche du nodule à hornblende, on trouve une zone de grands cristaux d'augite, au delà de laquelle la roche possède la composition habituelle des enclaves similaires de la région (hornblende, augite, mica, olivine). Il semble que, dans cet échantillon, ce soit un fragment de roche ancienne étrangère, qui, une fois englobé par la roche volcanique, ait déterminé autour de lui la formation de minéraux ferrugineux, exagérant ainsi le phénomène qui se passe dans les mômes roches autour d'un petite enclave quartzeuse.

Saxe et Bohème. — On a vu plus haut (page 531) que les néphélinites de l'Oberwiesenthal renferment des enclaves grenues dépourvues d'éléments blancs, à côté d'autres qui sont riches en néphélinc, etc., je me contenterai donc de citer ici ces enclaves basiques. > M. Cléments a bien voulu me communiquer quelques

enclaves provenant des roches basiques des Monts Duppau (Bohême) qu'il a décrites ^

Ziegelei, Chaussée au pied du Schônberg. — La roche éruptive de ce gisement est une leuciiite à noséane, riche en microlites de pyroxène vert clair.

L'enclave observée est constituée en grande partie par de l'augite brun verdâtre, verdissant sur les bords ; elle forme des cristaux nets englobés par de très grandes plages de sphène, de haûyne. La roche renferme, en outre, de gros cristaux de pérowskite finement maclés, de Tapatite. Les cavités sont nombreuses dans la roche, elles sont remplies soit par de la calcite secondaire, soit par le magma de la leucitite. Le sphëne est jaune rougeâtre légèrement pléochroïque ; il englobe la pérowskite et forme parfois, avec le pyroxène, des associations ophitiques. L'haûyne présente les inclusions habituelles, se concentrant sur les bords; elles sont, par places, violacées: cette haûyne est en partie zéolitisée. L'apatite renferme des inclusions noires, en partie transformées en hématite : il y a lieu de signaler en outre une très petite quantité de hornblende.

Seeberg près Kaaden. — La roche de Seeberg est voisine comme composition de la précédente. Les enclaves y ont une composition analogue, mais elles sont à grains plus fins. Le sphène y moule encore le pyroxène automorphe. L'haûyne est dépourvue d'inclusions et presque entière^ ment zéolitisée (mésotype, christianite). Peut-être y a-t-il aussi de la matière vitreuse ayant subi les mêmes transformations. Toutes ces enclaves doivent être, sans aucun doute, considérées comme des ségrégations des roches qui les renferment.

Latium. — A côté des bombes leucitiques décrites 1. Jahrb, d. k, k. geol Reichsamtalt, XL, 347, 1890.

plus haut, on trouve, dans les tufs des divers gisements déjà cités du Latium, des agrégats cristallins, formés de pyroxène seul, ou de hiotite et de magnétite, de biotite et de pyroxène, avec parfois de la haûyne, agrégats qui sont tout à fait analogues à ceux d'autres gisements qui sont étudiés dans ce chapitre. Ils passent aux blocs leucitiques par apparition de leucite.

Quelques-uns d'entre eux (Frascati) sont riches en verre, et leurs divers minéraux constitutifs contiennent de grosses inclusions vitreuses brunâtres avec bulle.

Basilioate. — VuUure. La région du Vulture est connue depuis longtemps pour les bombes micacées et pyroxéniques de la célèbre leucitite néphélinique à hailyne (Haiiynophyre) de Melfi, ainsi que des leucotéphrites du Vulture : elles abondent aussi sous forme de bombes dans les tufs à haûyne de tout ce massif volcanique. Elles ont été brièvement décrites par vom Rath et plus récemment par M. W. Deecke^

J'ai trouvé deux échantillons de ces roches dans la collection du Muséum d'histoire naturelle, ils sont indiqués comme provenant de Melfi. Au cours de l'impression de ce mémoire, M. Gentil m'a communiqué une très nombreuse série d'échantillons du même genre, qu'il vient de recueillir. Cette collection montre que ces produits, malgré des faciès extérieurs assez variés, présentent, dans les divers points du massif volcanique, une remarquable constance de composition. Il y a là un contraste frappant avec ce qui s'observe dans les tufs leucitiques du Latium.

Toutes ces bombes renferment de l'augite, de la hornblende basaltique ou du mica. On peut y distinguer deux types pétrographiques principaux, suivant qu'il existe ou non de la haûyne.

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