I. Généralités
Avant d'aborder l'étude particulière des enclaves énallogènes des roches basaltoïdes, puis des roches trachytoïdes, il est utile d'appeler l'attention sur quelques faits communs à toutes les catégories d'enclaves.
Roches exceptionnelles rencontrées parmi les enclaves. — Le lecteur a été frappé sans doute de la fréquence, parmi les enclaves de la plupart des régions volcaniques, d'un certain nombre de roches souvent peu abondantes en place dans les régions considérées ou même y manquant complètement.
Au nombre de ces roches, il y a lieu de citer celles qui renferment en abondance de la cordiérite, de Vandalousite, de la sillimanitet du zircon, du corindon^ du dias^ pore. Dans plusieurs cas, quelques auteurs ont même cru que certains de ces minéraux étaient dus à l'action du magma volcanique sur des roches enclavées. Par de très nombreux exemples, j'ai pu montrer notamment l'identité des roches à cordiérite, enclavées dans les basaltes, les trachytes, ou les andésites (Plateau Central de la France, en particulier ^) avec de véritables granulites, gneiss ou schistes anciens à cordiérite et andalousite. Dans chaque cas, des modifica-
1. P. 73, 96, 176, 187, 193, 201 , 206, 209, 210, 213. 215, 218, 220, 223, etc.
lions souvent intenses peuvent être constatées dans ces roches, modifications dues à Taction du magma volcanique, mais n'ayant en rien produit les minéraux spéciaux (cordiérite et silicates d'alumine) qui font l'objet de la discussion.
Il en est de môme pour les cristaux de zircon et de corindon qui se trouvent en si grande abondance dans les tufs de la Haute-Loire S dans les ruisseaux qui les ont lavés et aussi dans des roches basiques en coulée. La nature exogène de ces minéraux ne peut être mise en doute, car on les retrouve parfois engagés dans des granulites, en enclaves dans les mêmes tufs ou dans les mômes roches volcaniques.
Toutes ces roches ont été arrachées au substratum de terrains anciens qui supporte les roches volcaniques. Tantôt, comme dans la Haute-Loire et le Puy-de-Dôme, on connaît en place des roches analogues à celles qui se trouvent en enclaves, mais elles sont beaucoup moins fraîches. Dans ce cas, la profondeur du gisement originel explique pourquoi la cordiérite ^ ou les feldspaths^ enclavés sont absolument privés des altérations atmosphériques qui ont modifié les minéraux similaires des roches afQeurant dans la région. Tantôt, au contraire, ces roches sont inconnues en place, ou bien parce qu'elles sont recouvertes d'un épais manteau de roches sédimentaires ou volcaniques (l'examen de ces enclaves donne alors de précieux documents à la géologie locale pour la connaissance des parties profondes du sol)^, ou bien parce qu'elles ne constituent dans les formations connues dans la région que des accidents pétrographiques qui n'y ont pas encore été reconnus