‹ Les enclaves des roches volcaniquesChapitre 141 sur 206 · Feldspath et granulite de Montaudou, p · texte numérisé non relu

Feldspath et granulite de Montaudou, p

4. Schiste à andalousite, silllmanite de TEifel, p. 201, du Siebenge-

in situ^» Si ces roches sont aussi fréquentes en enclaves, c'est qu'elles renferment des minéraux, comme la cordiérite, Tandalousite, la sillimanite, le zircon, etc., qui résistent à Faction ou de la chaleur ou des divers magmas volcaniques et qui par suite, restent intacts, alors que les roches qui en sont dépourvues sont détruites.

Inclusions secondaires. — La plupart des minéraux renferment des inclusions primaires (vitreuses, liquides ou gazeuses, suivant leur origine). Lorsque ces minéraux font partie d'une roche enclavée par un magma volcanique, leurs inclusions primaires sont souvent modifiées et à côté d'elles, se développent des inclusions d'origine seconr daire. Ce sont, bien entendu, ces dernières seulement qui nous intéressent pour l'instant. Gomme des faits de ce genre s'observent aussi bien dans les enclaves des roches trachytoïdes que dans celles des roches basaltoïdes, je traiterai ici ce sujet afin de n'être pas obligé d'y revenir.

L'observation des enclaves des roches volcaniques montre que très fréquemment leurs divers éléments constitutifs et particulièrement leurs feldspaths se chargent d'inclusions gazeuses qui peuvent devenir suffisamment abondantes pour rendre le minéral tout à fait trouble, même en lames minces. Ce phénomène est dû à l'action de la chaleur ; il est facile de s'en assurer par l'expérience suivante que j'ai réalisée notamment avec de l'orthose. Des fragments de clivage de ce minéral, placés dans un creuset de platine, ont été chauffés dans un fourneau Forquignon et Leclerc et maintenus pendant une heure à une température voisine de celle de leur fusion, les clivages

birge, p. 206, des M*' Euganéens, p. 219, granité du Vésuve, du lac de Vico, etc.

t. Granulite à gros grains de Montaudou, p. 64, gneiss granulitique à diaspore de Bournac, p. 99, norites ou gneiss à pyroxëne de divers gisements, p. 129, etc.

s'ouvrent largement, les fragments se gondolent sans fondre. Le minéral devenu laiteux est criblé d'une quantité formidable de petits pores à gaz, tout à fait identiques à ceux des minéraux anciens d'un grand nombre des enclaves étudiées dans ce mémoire et particulièrement de celles des tufs basaltiques.

Dans quelques enclaves, on voit que ces inclusions gazeuses secondaires ont été remplies de liquide ^ (inclusions liquides à bulle mobile), sans doute par la conden* sation dans Tenclave de la vapeur d'eau qui a accompagné l'éruption.

Le phénomène le plus général consiste dans le développement d'inclusions vitreuses avec ou sans bulle, avec ou sans cristaux (magnétite, spinelle, pyroxène, etc.).

Ces inclusions peuvent avoir trois origines différentes. Elles peuvent provenir de la fusion partielle du minéral qui les renferme (inclusions vitreuses du diopside des nodules à olivine, etc.), ou bien résulter de la fusion d'inclusions de minéraux plus fusibles que le minéral qui les contient (inclusions vitreuses avec spinellides provenant de la fusion de paillettes de mica dans le quartz des roches granitiques enclavées dans le basalte) ou de minéraux devenus fusibles grâce à leur contact avec le minéral enclavé qui leur sert de fondant.

Enfin elles peuvent avoir été formées par Timbibition du minéral qui les renferme par de la matière vitreuse, provenant soit des éléments voisins plus fusibles de Fenclave, soit du magma volcanique lui-même.

Dans ces trois cas, ces inclusions peuvent avoir des formes géométriques en rapport avec la symétrie du cristal qui les renferme. Ce sont de véritables figures de

1. Enclaves des tufs basaltiques de la Denise, p. 87, des andésites de Boue, p. 192.

corrosion, produites soit par la fusion du minéral (seul, dans le premier cas), soit par sa fusion locale avec fondant (dans les deux derniers cas).

Ces divers modes de formation des inclusions vitreuses secondaires sont bien connus aujourd'hui, grâce à Tétude directe des enclaves, grâce aussi à d'intéressantes expériences effectuées par MM. Becker S de Kroustchoff^ Dœlter et Hussak^, expériences dans lesquelles ces savants ont porté à une haute température diverses roches ou minéraux en présence de roches volcaniques fondues.

L'existence d'inclusions vitreuses dans un minéral englobé dans un magma fondu ne prouve rien au sujet de son origine, endogène ou exogène, puisque les minéraux formés normalement dans ce magma peuvent contenir de semblables inclusions primaires, alors que le mâme minéral plongé accidentellement dans le magma fondu peut se charger des mêmes inclusions, mais par voie secondaire.

Il n'en sera plus de même pour les inclusions gazeuses; on peut voir, en effet, dans les enclaves des andésites de Boue de Menet, dans les basaltes du Plateau Central, les feldspaths enclavés devenir extrêmement riches en pores à gaz qui n'existent pas normalement dans les feldspaths indigènes de la roche volcanique. Ces pores à gaz sont les témoins de la haute température à laquelle l'enclave a été portée par suite de son englobement par la roche volcanique.

Raisons pour lesquelles^ dans ce mémoire^ les enclaves des roches volcaniques postcrélacées ont été seules consi-

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