LA. €HANSON
foudre. « EK bien, lui crie-t-on de toutes parts , chantez-nous du moins ciuelques-uns de vos jolis à-propos de soci^ë , qui si kmg^ temps firent les délices de la cour et de la ' ville. — Non, non; » ajoute la comtesse, d'un ton sec, et sans regarder Laujon : a le vrai
talent a quel<}uefois des caprices il faut
savoir les supporter. Je n'aurais jamais cru néanmoins qu'ils eussent été jusqu'à blesser la véritable amitié. — Lui ! s'écrie Je prôtendu voleur , il en est au contraire le plus parfait modèle. J'ai voulu voir jusqu'où le meilleur des hommes pouvait porter la patience et la générosité. » Il raconte aussitôt leur entrevue aux Tuileries, et le moyen qu'il avait employé pour recueillir ce qui sortait de la bouche de son maître, a Âh ! maudit espiè^ gle , lui répond Laujon en pou5tsant un long soupir , de quel poids vous me soulagez ! je vous en demande bien pardon, mon bon ami) mais je vous ai pris pour le pluséhonté pla^ giaire. .. . . — Et vous n'avez pas voulu me d^* voiler ! — Vous êtes encore si jeune ! et les débuts dans le monde sont si importans !...^. Allons, allons, c'est une boone leçon que vous
lUl LAUiON. . 2!II
me dcmnez ïk : désormais je tâcherai de cIuiqter plus bas en composant. Oh ! j'ai tout le temps de me corriger^ mes amis , je n'ai que quatre^yin^ àns« i»
Tout le monde adinire la touchante simplicité de cet aimable octogénaire : la comtes* se , honteuse des reproches dont elle vient de l'accabler ) se confond en excuses, en obtient le pardon* Le jeune chansonnier , après avoir adressé à cette dame les couplets qu'il avait faits pour elle , et qui annoncent un talent véritable, prie LauJQu de répéter lui-même les sieils , dont il n'avait pu faire sentir fidèletûieot tout le charme. Le vieillard se rend à ses instances, et se livrant sans contrainte à toute sa verve , chante sa digne amie, qui de son coté se promet d'être moins susceptiUe et plus indulgente. On applaudit le nous^el Anacréon , avec tous les transports de la plus vive al^[resse ; la gaîté redouble , le dîtier se prolonge au bruit des toasts portés à la comtesse , ainsi qu'à son vénérable ami ; et chacun , en . ^rtant de table, répétait encore la chanson ê» Laujon*
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