‹ Les encouragemens de la jeunesseChapitre 30 sur 66 · I.À taoïinAiNfi · texte numérisé non relu

I.À taoïinAiNfi

grosseur, et qu'entounat vn banc àepMia* Après Vétre rq^iois^ çndqiie teioops , il réso^ lut de se confier ciu b^tsard, et de. suivra Ist grand chemin , qui. lui semblait trayerser em entier la foi:êt , qnaud toul^à-coup il entend résonner au kûn le bruit du cor , et les cm nombreux d'une m^utç qui paraît se diriger de son côté. Il attend donc qu'il passe prè» dc( lui quelque chasseur qui puisse lui indiquerle chemin qu^il doit prendre , et peut-etrci apaiser le besoin qu'il éprpuve de prendra quelque nourriture. 11 ne fut point trompa dans son attente: plusieurs piqueur&et gardes-chasse fpû faisaient une l^ttue, arrivé* rent au grand sentier où il se reposait : il lea aborde , et leur demande quelle est la routQ qui conduit au village d'£tioUe. « Vous ea êtes bien loin, réponft Tun d'eux : vous tou?» chez presque à la grande route de Melun \ il y a deux lieues , au moins , d'ici à votre desti** nation* *^ Deux lieues l rqprend ceUû-ci ; ah l )e ne pourrai jamais les parcourir , si vous ne daignez réparer un peu mes forces épuisées par la fatigue, et surtout par une soif dévb» rante* » A peine a*t-il prononcé ces mots, quQ

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tons ks veneurs, P^^ lesquek se trouyenl^ . plusieurs noires , quHl remarque avec imé-^ r£t , s*einpressent de loi offirir ce qui peut le ranimer* Aucun d'eux ne conns^t cet étran* 0er ; mais ses traits y^nërables , ses longs cheveux blancs flottant sur ses épaules , et ce son ^e voix si pénétrant^ qui semble commander , laéme en suppliant, tout leur impose et les ^téresse* Ils Tinstruisent que les principaux propriétçiires des environs se sont réunis dans une grande chaise , pour délivrer le pays d'a< nimaux sauvages qui le dévastent; et que la balte, selon l'usage, ne tardera pas d'avoir heu sous le grand chêne où il se trouve assis. . Pendant cet entretien , arrivent en efiet tous les chasseur^ et leur suite , qui , satisfaits de leurs exploits , se disposent à les bien cé« lébr^ dans un repas champêtre, dont lagaîté doit, s'il se peut , exdter encore l'appétit des heureux convives* Les uns saluent le vénéra^ ble étranger , et Redemandent vainement quel est cet inconnu ; les autres , sur le récit des piqueurs, TaboiNlent, le font asseoir parmi eux, et ne songent qu'à rendre à la vieillesse les bommages qui lui sont dus , lorsqu'un nou--»

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veau chasseur , riche banquier de Paris , ac^ courant à' toute bride , pour participer auxt plaisirs de la halte , s'arrête toutà>coup , et s'écrie en se découvrant : n Que vois-je ! » monsieur Bernardin de Saint-Pierre !...* n' A ce nom , tous les compagnons de ce dernier entourent le célèbre solitaire , et se félicitent d'une aussi agréable rencontre ; mais , de tous les assistans , aucuns n'éprouvent une surprise plus forte , une émoticm plus vive , que lea nègres qui font partie de l'éqmpage de chasse, et qui, depuis long>temps établis en France , avaient lu tant de fois Pao/et Virginie^ Ils contemplent d'abord , aveo un crissement respectueux , ce Bernardin de Saint«*Pien« ^ l'ami des noirs, leur éloquent défenseur ; puis^, toutàcoup , ils s'élancent vers lui , l'environ* nent , le pressent dans leurs bras. Ni le respect qu'il inspire , ni l'épuisement de ses fotw ces ne peuvent les arrêter: ils baisent ses vfr^ temens, ses longs cheveux; et le philanthr(^ égaré , qui , peu d'instens auparavant , sa croyait seul et sans secours , est tout-à-coup entouré de nombreux amis qui le comblent d'hommages ^ et semble un souverain qui >

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d'un seul fegard , fixe les destinées d'un peuple heureut qu'enÎTre sa présence.

Jamais halte ne iîit plus délicieuse* La gaî^ té , la piquante saillie s'unissent au sentiment* Bernaidin de Saint- Pierre , entraîné luimém^ par le charme d'une si joyeuse réunion , s'ahandonne à l'enjouement le plus aimable» Comme tout ce qu'il dit est brillant , expressif! comme on le recueille , comme on le rép^ avec enquressement ! les nègres placés derrière lui , se disputent Thonneur de le servir» « M'appartenir ^ dit l'un d'eux , moi l'aîné d' tous s'aut' , et m' nommer Domingue» — Nom-là c'est nokn d'honneur , ajoute un autre nègre : n*accorder droit d' porter li^ qu'à bon noir , qui servir maître tant comme serviteur fidèle. — C'est à caus' ça , reprend Domingue , femme à moi s'appeler Marie »

chien à moi s' nommer Fidèle » A ces

mots il désigne un des plus beaux limiers de la meute » et lui faisant signe d'approcher, il lui dit: it Toi vite caressa:* bon vieillard- là , » lécher mains à U ^ si ben vengé pauvres » noirs cont' méchans qui v' lé crâser nous. » Aussitôt le chien si bien nommé, s'avance avec

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crainte , et se couche aux pieds de Fauteur dé Paul et Virginie , qui ne peut résister à sou ànotion , et témoigne toute sa surprise, u II n est bien juste , s*écrie un des plus aimaUès * convives , que Bernardin de Saint-Pierre, ^^ égaré dans les bois, reçoive les caresses de » Fidèle, ii

«( Jamais, s^ébrie à son tour l'hèUrètkx vieil* lord , en rendant au limier les paresses qu'il lui prodigue ; jamais je n'éprofuvai une ivresse

aussi pure, aussi profondément sentie «

Mais tous ces hommages si tôuchans , ce bon^heur inexprimable dont je suis entouré né peuvent me faire oublier que je me trouve % deux lieueâ d'Etiolle , et que Ton y doit être par mon absence , dans la plu» grande inquié^ tudé. Souffi*ez donc, ines bons amiâ, que je m'arrache d'auprès de vous , aifin d'aller ras* ^stirer par ma présence les habitans du châ^ teau que j'ai qi^ittés ce matin. Cette halte , dont je me souviendrai long-temps , m'a rendu toutes mes forces , et je puis me remets tre en route. Tout ce que je vous demande ^ t'est de me faire accompagner par quelqu'un qui connaisse assez bien la fbrét , pour m'em^^

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pécher de mMgs^er encore. -^ Je vous offre ' mon chevai , rëpond un des chasseurs , et me charge de Vous escorter moi-mêpie. -^^ Non , non ; ajoute un autre , ma calèche est sur la grande route de Mdun ; je vais la faire avàn*cer , et vous accompagnerai jusqu'au château dXtiolle. -i* Pas b' soin d' chival , de calèche, s'ëcrie un des nègres : bras à nous bons pour porter digne ami ; nous v' le prouvera U dans zaut' nnirs être tout plein DomingUes. i^

Au même instant ils abattent plusieurs branches d*arbre dont ils forment à la hâte un brancard qu*ils couvrent de mousse , et qu'ils (urnent de feuillages^ Us y placent Bernardin de Saint-Pierre 9 chargent, sur leurs épaules ce précieux fardeau, remportent en faisant retentir la forêt de leurs chants d'alégresse , et aux applaudissemens réitérés de tous les assistans qui retrouvent dans ce déUcieux ta* bleau cdui qu'avait décrit avec tant de charmes l'auteur de Paul et F'irginien

Cependant, ainsi que l'avait prévu ce dernier , on était au château d'£tiolle dans une inquiétude qui allait jusqu'à la consternation. Non-seulement ce vieillard célèbre , si cher à

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tous cêtix qtii le connaissaient , n*avàit pôîiit paru au dëjeûnèr où jamais il ne manquait de se trouves ; mais l'heure du dîiier approchait , et l'on ne savait pas éûcôre ce qu^il était devenu. Vainement les maîtres du château et toutes les personnes qui les entouraient, firent -ils des recherches dans les environs ; tout ce qu'ils purent découvrir , c'est qu'on avait vu monsieur Bernardin de Sainte Pierre au lever de l'iaurore , traverser le village et gagner là foret, u Sans doute , disait l'un , il s*y sera égaré : les sentiers j sont tellement multipUés , si difficiles à reconnaître ! — Peut-être , ajoutait un autre , est-il en ce moment exténué de fatigue et de besoin ? — ^ Pourvu , dit un troisième , qu'il n'ait pas rencontré quelque bête féroce, quelque sanglier blessé. — Vous me feites frémir, répond là dame du château : allons tous à sa rencontre ^ et promettons-nous de ne revenir ici qu^aprèd avoir trouvé notre cher fugitif* »

Aussitôt hommes, femmes, enfans, maîtres et valets vont à la découverte , se distribuant à chacun un» canton de la forêt, et se proposant d'y faire une recherche générale j

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