DINER
au célèbre aveugle : « Oh ! le voîlâ bien ce bourdonnement populaire que j'aime li la folie ! Que de nuances à saisir ! que d'esquisses h. faire ! Garçon ! ^-^ Monsieur ! rëpond en s'avançant un des premiers acteurs du Thëâtré-Francais , qu'y a-t-il pour votre service ? -^ Mon bon ami , ne pourriez-vous pas me procurer une table à trois couverts , dans un endi^oit à part , mais d^oii néanmoins je vou-< drais tout entendre ? — * Il reste jusiement c6 qu'il faut à Monsieur, une place dans un ccrin, près de la cheminée^ -^ C'est à merveille J icomment vous nommez-vouS ? -=• Paul ^ chef de service , et entièreinent à vos ordres^ — r £h bien , inon cher Paul, servez-nous avec exactitude , et vous n^aurez point à vous en plaindre. Apportez-nous la carte , et d^abord Une bouteille de S^utérne , du, véritable sur-^ tout ! Je vous préviens que je suis uU vieux gourmet. ^^ Tant mieux , Monsieur , nous ne tes craignons pas ici. »
On mange les huîtres, auxquelles succède le premier service , dont le digne ami de Delille nomme et lui fait (loisir lesdiflFérens mets sur une cai'te préparée. Pendant ce temps uil
DE DSLfLLB* »45
groupe bruyant fait entendre ii Tune des tables voisines les mots de prime , d^usance ,
de lii^raisons^^à crédit « Ce sont, dit le
» poèteen^urianty des.a^ens^de-change ou » ^des courtiers de c(Mnmerce : comme ils s en » donnent ! il paraît qu'il y a' eu ce matin de » la iiaysse dans les efifets^publics !••••» D'un autre table s*élëve par degrés le cacjuët de trois femmes dont les ris immodérés et quelqu^s entorses données adroitement à la langue française , firent croire à DeliUe que c'étaient qpelque^ riches marchandes de bois de file Louviers , qui 9 4^ns l'absence de leurs maris, venaient renouveler le dîner des Trois Commères, ,« Quel feu de file ! » s'écriait-il en riant aux éclate, « Oh ! si j'étais jeune et » vaillant coippère, que j'aurais de plaisir à » le^ agacer., ^ lutter avec elles ! Non , jamais 31 je n'entendis rien de plus original , de plus » divertissant. >»
On passe au second service , pendant lequel l'ami du vénérable aveugle prépare la scène la plus gaie , eu lui disant d'une voix élevée , et avec intention : u £h bien , mon cher Delille, comment vous troi(ye»>voui^>~Ne me f a2»
2^6 iBtlfdfi'
nommez doiic pjià si hadt'i vou^ me ferez t&> (Connaître, et le â6Jraîii^fotfe8ye m'en attèr... » Commeîl achevait eeàmdts;; ^'aVfltûee Un mem-' bre de l'Acadëmie fratu^is^, connu par'sdi Çaîtë 'franche i ètquï Itiî dit,' avec le ton enroué d un 'habitué du port àatutfiôrnayd : « D'après ee que je vien^ d'ènteiidré, Monâiisur i «ans doute , est monfeleùf Belillé , gros mai^chand dVins , rue des Màrmouzets , à la Fentme sans Tête ? — Non , Mohsieut^ , non ; je ne suîspoint'marchiWd'dé^Vitis, et je n*M point pour enseigiie/a Femrhé sans IteW ;... n'est ..il pas vrai , ti(ia'I]!ot^ne amie ? dit-il à madame Delille , avec le plus aimable éoùriré. — Ce n'est pas , ajqiita ^iméâ't Paitoi , que monsieur belille n'ait un Hche 'magasin avec lequel il enitrjê chaq\^e jotir bien des gens. — Je né nie trompe donc point', reprit l'académicien, €*est mon homme. Je pars dans deux heures pour Auxerre , par lé côèhe : si ihofaâieur Dèlille a c|uelques commandes 'à faire, il peut compter sûr mon exactitude : je suis un des frères Bertrand, commîssionnaïres depuis deux cents ans , de ^èré è fils , et connus dans tous les coiÂptôh-s de France.... — Je
n'ai aucupemf ^t Jt^esoiT^ de vo^ ôeryiçeeu , , Cett^ plaisante cop,vcj5pli)p;;$Btçou^ interrompue tctt^t7;î^--c;9vpp par une dispute^quî ç'^lève à une autre table,. enti-ej^mipii^^con' vives , sur celle .des œuvr-es de J^elille qui lui donnait je pluç. â,e ^dfis k t^ çélçbr^té, Ji'un prétend quier^^est iatr4s^dactif>n de^tC^fgf^ gués , où il s'^ oiis au niveau de sop^ vi^^èle. , Vautre ^rme qu'on |i.e.peut rien cçn^p^er à c^ttemasse jprodigieu^ dejl;^lentqu$ rçnfei'me sa traductiop; À^ VEnéidd Celuircu préfère cellçi d]t^ Paradis jPçrdif^e^c^ jT^'dk dSj^ajt plus dç d^Ticultés ^ yfiiqcr© ; celui-^là, sofitient que c!e8t h jgéniç , qn W, doit jJiriser ^ avant tputj ef ,q]jL'^;inçA, auzrdes^ûs des .traductions de Delille , son Poëine 4esjar4wf9 œlui sur Vlmagiiumqn. Un^^utre^^èj!, prétend que c'est leppëme de /aPf^Â^' qui. doit jStre regarda ^oai(i«^ kJbpdefuent de la. renommée dç,|onau^urp. « Honçieur, dit-il 9 .s^^ui charité l'e^it* mai$, .i^eeopnaisa^nee éternelle, à qui poiqËs reçtd- sensib^ .aux maux, de nos s^tiLdab^e^-I -r- £h Ij^en I résun^pns-uous ! s'écrie gaîmept ju» sixième copviye. Préférer
348 l-K DIlfEtt
tcMir-i-toiir lés nombreux ouVt*aîges de Delille , ai ! c*est en faire le plus digne élo^e !.,; Buvons à celui qui sait plaire k tous les goûts , à tous les âges! — ^ Au Virgile français ! prononcent en même temps un grand nombre dé voix /au bruit joyeux du cliquetis des verres: puissions ^nous voir le laurier du Parnasse briller sUf sôii fi^bnt centeiiaii'^î.r- te voir ! reprend^ Fun (i'eûx , dvec adresse : eh ! com-^ ment?. on chet'è&e Vaiuemedt h jouir de sa présence. — Pourquoi nous priVer , ajoute tin autre^^ dié contempler ses traits vénérables ? cela fait tailtr de bitn ; Paspect d'un hommie célèbre! il setoble'que sa voiii! nous inspire ; on dirait ijue son' geste nous indique le chemin de la gloire. —-Ah îdit tout bas le vieillard, ^ému jusqu'aux lalmies, si Je ne me retenais, j'irais les aborder , me nommer moimême , et tomber daiis leurs bras* »
Arrive enfin le dessert , pendant fequel plu-^ sieurs autres scènes de différetis genre? con-»firment Dél31ie dans la certktide où il lest, dè^ dîner «ur le boulevard au Cadran-Heu, et sur-toût de n'être connu de personne» fl demande là catte, et , sé^disposû^ à l'acqtiitter^
il pasçe sat bovwç. à.M^ç, Defillei ,. en l^i ili- $ant : /( .C'(99t moi qui ^goW , sur me» petites V ^ëconomi^- : l>b ! ^cJojDo^ent payer tout; .lé % plaisîr<[ue j*ai reâse^^l<.>««. » Mais quelle est sa surprise» iôtsiqu'on' lai ddk , qu'à la place. 4e l'ënumératioù des taels qu'il avait ordonnés , la carte portait eesrstmplea mots : « L'boa^ » neuf de n^pevdt chez moi le plus griMi^d n poèlede la France^ est mon plus doux et 3> mon nnique salaiire^— He^neveu, restauî» ratéun » — » m Gommenti dit le vieillard , en se levant,. je| ne aurais aec^er cette pf-> freiet«en»feQO«ow<«iîfiWïi$4r<wts à la g^ n^rosîti^ duîubdf de jcwttft jwaisoa* — Amcuo* droits!... •• rtf{N>nd quelqi^'nn , ' Élisant; le rple du restaurateur; ah! itiaosieur Qelille ! n'ei^ arez-^on&.pasà Padmii:aliQn dç.toiit ce qui; porte imiOoeui^'fmnçiB? *- Quelque chp^ que nous aydns pu ^onsi)tffi*ir , ajoute aussitôt l'épouse jde son ami, se dbant K^^^Me/mGyeu, (( l'honneur quei<nôtts ,f»tj'aulieur àa^ y* tanit de' èhé&t-d'œutre;^; nous, rend enco^e^ )> sesdAiileucsj oK Endchevàntceëmots , cfUe saisit inTdontairementuaedes mains d» vieife lard , et y dépose k Jbaiser le plus respeetueui»< I aa...
« Mon ami , dit k son tour MP^. DeliHe , voua ne poavez htimnier« pà^; lin réflis, d'autôi honnêtes genâ, -*Ak^je n'en «li pas le courage, r<îpoôd^ild'tti*tVoÎ3eàIt(erëe ; maÎB è^est à condition que Mw et M*(«w Hénnevetl me fe- ' rônl l'amitié de venir 4îiier <jhez moi , le jour qin leur sera le piuç convenable : je ne leur offrîtoi pas des mêtd auâtrf d^k^ts; aussi recherekés;ma»sdu moins, ils y trouveront la preuve déiaoh estime, et l'expresBum^de nia reconnais^ sance«4... » Après4es dtfbaié et les complifaiens d'nsage , après avoir remis att prétendu Paul , six francs pour la nécii»mpei«rde son service, Delille , se erôyéM reconnu , etdésitiant se soilstraire aux hoMilia^dont il craignait d'être ac^blë , prôpô^ à son Antigone d'aller preftidre le calé au /tarrfw T^orc,' pour se remettre de ta viVet^moliKon^'il ëprouvait ^'et respirer Fair dodt ilftvait grandi>esoin.
On lui fait donc descendre l'escaBer , tra^ verser une cour , un jardip ^cieux ; etaprè? lui avoir fait parcourir à peù^-furès la distance qu'il y a du X^Mbai^BleuI au Jardin-Turc , on le conduit sur une térrasseiCM^ëe de fleurs, et de feuillages y oh s'étaient réunis leâ ncon-
DE DELILLS. aSz
hreùx acteurs du Grand t Salon , qui dë|à se distribuaient de nouveaux rôles, pour faire croire à DeliUe qu'il ëtait réellement dans Tun des bosquets de ce jardin public , qui donne sur le boulevard "du Temple.
« Oh , qu'on respi|*e bien ici ! dit-il en se » d^ouvranrt : j'aime à retrouver. la fraî-- 1» cbeur de la verdure et le parfum des fleurs , )t j'aime à sentir les rayons du soleil sur ma », tête septuagénaire* »
It prend son café , qù'a^n grand ëtonnement et en vieux connaisseur , il proclame du mola délicieux, u Oh ! lui dit son ami , je viois ici très-souvent avec ma famille , et j'étatstl^en sûr qu'on nous servirait ce qu'il jr ft de mieux* •— Ces messieurs veulent-ils des glaces? tiit un peintre câèbre, jouant le rôle d'iin garçon Umonadîer. <r^ Oh ! point de gla* ceéll.dit madame Delille » cela pourrait vout incommoder. —Au contraire , r^rit le vieil* lardjij^ç'est un tonique excelknt.... Garçon , qu'air vous à nous donner! — Mensieur peut choisir ; nous avons ici tout ce qu'on peut désirer , glaceà la vwUe , glace àk fraise ou \]si framboise y au citron^ è, la pistache |
3 52 .LE'DIHER
sorbet au rhum , au marasquin , crème à la Jacques - DeliBe. . . . .— Comment î comment t r^rend celui-ci avec un xnouyement invo^ kmtaire : ^'est-ce que c'est que la crème à là Jacques-Delille ?. — C'est un mélange despno* ductioiis les plus rares, du goût le plo3 ex-quis; rien n'est jj^usen vogue, et le débiter e^t coiisid^rable. Les jeunes poètes stir-tout se raâ^rachent* Us prétendent que cela les recon^ forte , les inspire : si Monsieur veut que je lui en s^^e , j'ose me flatter qu'il en serajoSntent. -*- Eh bien i soit ! répond Delille , comr» mençantà soupçonriei' qu'il est reccNEmù. G'ceat singulier, ajoute^t-'il , en &'adressantà ^sont ami , j'étais loin de m*attcndre à un pareil hommage. '— Que voulez- vous ? -r^iond ce dernier : chacun pare sa marchandise le mieux possible; et votre nom fera peut-être la fcr-^ tune des limonadiers, comme il a déjà fki(> celle des Ubraires. : ' "• '
On sertdonc les glacesen question , qg^n'é^ taient rfutre chose qu'une crème aux-nllias^ et le poète enchanta avoue que j soit prtéven-» tion , soit effet d'un amour-propre'irr^sistible, il rfa de sa vie rien mangé de plus ex-i
DE BELILLX. 253
quis. Pendant qu'il se livre à cette jouissance imprévue , il entend dans un bosquet voisin dés voix qu'il affirmé être celles de plusieurs académiciens , ses Collègues , qui alors avaient en effet repris leur ton naturel, u Oui , lui dit l'ami , ilssdnt avec ceux de nos gais chansonniers qui nous rappellent le mieux Pannard ètCoUé. — Oh! reprit Delille, s'ils allaient
mte reconnaître ! "•» A ces mots il remet
son chapieau qu'il rabat ^sur là figure , et tourne le dos au bosquet oh tout-à-coup se font entendre les couplets les plus ingénieux et df^es du grand poète qu'ils célébraient. L'uni, ehtr'autres, finissait par ces mots remarquables :
* On a vu l'autre )our Homère Ji Ptéiiàer. rioslitut. »
« Homère ! n répétait Belille avec la plus touchante mfodestie : « Ils n'ont vu que mes
» yeux » Un autre couplet vint à
prédire que les ouvrages de ce nouvel Homère iraient bien loin dans la postérité. «< Est'-ce 9 queparhaseâ^djdit^àsonami, cesaima*
^54 j,E;pyr;E^,
« blés dbapsonpietjçs ^rajent a>ieu2J[e&<M)inme
. Enfila Ton .çiitje^d rp^niuer à quelque difr stance les sons harmonieuj^ d'une harpe. <t Ce 3> sont, dit Madame DeUlIe^cea deuxjeunei^ 3» frères kmguedpciçn?, qui depuis quelque » temps parcourent les rues de.P^is, ^t^r^^r 3) semblent , tous les pa|$saus autour tl'ensc ; ^ » justement ils s'arrêtent devant nous. » Ai| même instant deuf jeunes personnes d'un ta^ lent remarquable et plac^e^ au bout déjà ter?* r;asse» prélu^ntsur de^ harpes : l'un de^ {dus célèbres chanteurs de l'j^urope, imitant .uii reste d'accent provençal , s'éc^iç : « Mçssieurf » et dames , nous allons avoir l'honneur, de >i vous chanter le fameux cantique de Saint-- 3» Jacques. Ce |i'est pas Jacques-VJïermite , 3> Jacques^de-Compostelle ^ ni Jacques^" 3> Mineur; mais bien Jacques-le-^Majeur ^ 9 autrement dit Jçieques ^ Dedlie ^ pàtvoa )> des poètes français et-Kks vieillards aima^
» blés » Aussit^ les harpes font entent*
dre de nouveaux accords aux<qpiels s'unit uae; voix ravissante qui chante la vie entière du. poète , depuis son enfanoe dans la Limagjoe y
DE DEtlLIB. 255
jusqu'à son dernier retour à Paris. Celte lieureuée^pque surtout est c^ébréepai-un choeur si mâodleux et si touchant, que Delille ne peut phis retenir les pleurs qui mouillent ses traits Vîâi^ràbles ; ht ée croyant alors plus que jamais au Jardin-Turc/ environne d'une foule in^tnensë , il dit II son AhtigOne , dont il saisit le bras avec empressement : « Sortons d'ici! tâéhez de ^me soustraire à ces homibages publics dont je crains les eilfets , et qui , je n'en puis plus douter maintenant , étaient prépares d'avance.—Il n*est ^Ue trop vrai , hu répond Spn ami ;; mais rassurez-vôus , et ne craignez rien de tous, ceux qui vous entourent. Vous n'êtes point §ur le boulevard du .Temple. — Comment ! r— Vous n'avez point dîné au Cadrân-Bleu; -^ Que dites-vous ? — Mais bîe^ chez moi, mon cher Pèlille^ au sein de ma famille et de mes nombreux amis , qui depuis cinq heures au moins représeritei^t les différens personnages qui vous ont causé tant dé douces émotions. -^ Non , non , reprit le poète , je ne puis croire qu'on produise à ce point l'illusion. Oti n'imite pas ainsi Icfs divers accens, Iç mouvement, la gaïté franche
a56 LE DINEB.
du peuple. — Rien pourtant n*est |Jus vrai , cher confrîère , lui dit le . joyeujt académicien , qui avait rempli le rôle du commissionnaire de vins. C'est moi qui vous logeais rue des Marmouzeit^ , à la Femm^sans Té te, 4 r^ Vott^ devez reconnaître Paul , dit le premier comi-, que du Théâtre-Français, J?aid , <:hef de service, à qui vous avez remis un écu de six francs , qu'il vous demande la permission de conserver toute sa vie, ■— Nous sommes les courtiers de change qui fêtaient si bien k hausse , disent plusieurs artistes célèbi ^. — Et nous, ajoutèrent leurs épouses, les trois commères de l'île Louviers. — C'est moi qui vous ai chanté le cantique çle S dint- Jacques ^ dit celui qu'on surnomme en France le wodeme Orphée» — Et c'est, moi , continua l'un de no§ premiers peintres ^ qui faisais le garçon liinonadier , et qui vous ai proposa cette crème à la Jacques - Delille. — C'est nous qui disputions avec tant de chaleur sur vos ouvrages , s'écrient , en lui serrant les mains , plusieurs membres de l'Académie française. — Enfin c'est moi , dit la dame de la maison , qui représentais madame Henqe-
DE DBLII.LS. TiSj
veu ; TOUS avouerez qu'il m'ëtait impossible d'accepter le montant de la carte , et que j'avais bien raison de vous dire que l'honneur de vous recevoir chez moi , serait mon ifnique salaire. — Dieux ! s'écria Delille , se laissant aller dans leurs bras ; comment exprimer ce que j'éprouve? •••.•• Quoi , tant de monde pour amuser un pauvre vieillard ! Ce
. n'est qu'en France que Ton peut inventer une scène aussi délicieuse , ce n'est que dans sa patrie qu'on peut recevoir de si touchans hom-
'^ages........ Mes amis •«. m^s confrères ,
hommes aimables , artistes célèbres qui m'en
tourez et vous femmes charmantes que
je seïks près de moi , que je crois voir encore,
puissiez-vous tous partager mon ivresse !
Ah ! quand je ne serai plus , vous aurez le droit de vous dire: « Nous at^ons prolonge 3» la carrière du poète-aveugle ; ce fut parmi 3» nous que DelUle passa le plus beau Jour
, n de sa vie. »