AU VILLAGE DE ROQUE5COURT. I
votre sainte eqtremise.... Dieu , dont vous
ayez tant de fois invoqué la miséricorde
ne sera pas itiexorable à la prière que je vous supplie de joindre à la mienne, ». Aussitôt lé i:^peçtable curé se di^ôuvre , et soutenant dans ses bras Je vieillard', il l'aide à révoquer ranathèmé paternel qu'il avait prononcé, Si ramener dans son amê le calme elt là sécurité que produit 'toujours la clémence : elle opéra si efficacement sur Tétat du malade , qu'il reprit insensiblement dçs forces^ (jet fut bientôt hors de danger. • '
. Lemairenp crut pas devoir taire à son ancien ami cettté scène louchante \ et tous le» deux brûlaient du désir dç savoir la cause des peines secrètes d\\ vieux Geryais. Les soinâ dont ils Pentoùraiënt sans cesse , leur donnèrent tant de droits à sa confiatiçe , que lorsq[u!il fut convalescent , il n'eut plus le courage de, leur taire quel était cet aveugle si simple auquel ils avaient témoigné tant d'attacïiementet tant d'égards. Il leur apprit donc qu'il se nommait le comte Dartanval, ancien lieutenant -général des armées du roi ; que sa femme, issue d'une des plus illustre»* fa*
ao DUCis
milles de Breta^e, était morte encoudie<lè
son premier enfant',' auquel il avait prodigué
tont ce que peut inspirer la tendresse pater*
nelle* u C'est pour lui » diss^it le comte , avec
une véhémence dont il n'était plus mattre ;
tt c'est p^ur lui que j'ai perdu la vue. Dans
» un terrible iiicêndie qui réduisit en cendré
» une partie du château Dartanval, je m'é-
2». lance pour sauver .mon Arthur, alors â^é
» de six ans : un écroulemeût de poutres èm-
» brâs^s rendait presqu'iippossible tout ac^
» <^ à l'appartement !
» , quel obstacle .peut an
» je .parviens jusqu'à s(
p à, travers une épaisse
9 rais voir se , dissiper
» affreux où je m^étais
31 tardai pas à m'aperce
» dont j^avais bravé l'ar
» vaie^tpriy^ pour jain
3» éyénement cruel, fqtl
p l'inexprimable tendresse d'Arthur , qui
«cherchait tous fes moyens de me dédom-*
y> mager de ce que j'avais ^perdu pour lui*. . . «
» Qui -m'eût dit alors qu'il serait indigne du
AU TILLÀGB DE ROQUENGOUKT. ^1
» sang qui l'a fait naître , et qu'on lé citerait » parmi les fils ingrats?.... n ^ ces mots le vieillard s^interrompit , un instant suffi)quë par la colère , et reprit ensuite son récit. Il apprit à ses deux confidiens que ce fils , quî seul devait hériter de son nom et de sa grande fortune', qui seul devait adoucir le triste sort d'un père aveugle , l'avait abandonné à deg soins mercenaires , poilr courir les hasards des combats.; qu^il avait bravé ses ordres réi* térés , ses supplications les plus pressantes , pour aller se battre contre des proscrits de son sang , pour égorger de sa main ses pa-* rens les plus proches , les amis de sa famille ^ leys anciens frères-d'armes de son père. «Voilât clix ans qu il m*a quitté , ajoute le comte ; et depuis ce temps j'ai fait serment de renoncer au monde pour jamais : j*ai changé de nom p erré de village en village ; afin de me* sous* traire aux recherches d'un rebelle cpie je ne recevrai plus que sur ma tombe. — Il est coupable sans doute , répondit Ducis' avec un ton de douceur et de vérité qui le caractérisait , et telle est la fatalité del'esprit de parti , qu'il sépare le fils du père, arme les frères les uns