‹ Les encouragemens de la jeunesseChapitre 40 sur 66 · AU TILLAGE DE ROQUENCOURT · texte numérisé non relu

AU TILLAGE DE ROQUENCOURT

trahira , lui répond Oudâ : la bonté de TOtrè ame déborde malgré vous; et plus le cœur est malade , plus îl cherche à s'alléger par le bonheur des autres. — Avouez , reprenait dpucement le digne pasteur , avouez que ia révocation du terrible anathème dont vous aviez frappé le malheureux Arthur , a porté dans vos sens un caltne salutaire : ah ! si vous lui devez la vie , n'est-ce pas Un engagement pris avec Dieu , d'achever votre ouvrage , et d'ouvrir les bras a votre fils?— Jamais! non jamais î répétait avec force le vieux comte ; plutôt cent fois la mort , que d'oublier ce qu'il a fait! —Dieu n'exige pas qu'on oublie ; mais îl veut qu'on pardonne. — Finissons^, cher pasteur ! je vous aime et vous révère trop y pour m'exposer à rompre avec vous ; np me parlez donc plus du coupable , sî vous voulez conserver l'amitié que je vous ai vouée , en échange de la votre qui m'est si chère..* » Ducis , qui connaissait mieux que Lemaire , tous les replis du cœur humain , lui fait si-* gne en ce moment de ne pas pousser plus loin le zèle apostoliqiie , et pour changer de conil propose au comte une partie

^4 NJCM

6* échecs i oii powr ramèper par degrés oans son ame ulc^rëe le caUne dont elle a besoin , il laisse prendre à son adversaire un avantage qui le charme et le distrait eptièrement de ses chagrins.

Plusieurs mois s'écoulèrent : la société du po^te devenait chaque jour plus nécessaire au comte Daïianyal : elle était une ressource si précieuse dans l'isolement auquel il s'était voué 1 quel bonheur il éprouvait , lorsque ce^ lui-ci , pour charmer leurs entretiens , lui récitait son FieiUard heureua:^ ses sout^enirs ^ jses PéfuUes , le saule du sage , et sur-tout son épitre à V Amitié l si dans ses nombreuses tragédies qui composent une partie du répertoire français , on admire cette vérité de sentiment , cette élévation de pensées et cette mélancolie entraînante qui classent Ducis parmi nos grands maîtres , on le chérit peut-être encore plus dans ses poésies diverses , où sa bonhomie vous attache, sa sensibilité. vous entraîne , et sa facilité vous séduit. U n'est aucun de ses lecteurs qui n'envie un guide aussi sur , un ami aussi vrai.. ... L'intimité qui «'établit entre le vénérable aveugle et le Nés-

AU TlLIiAGE BE &OQnBHGOURT. q5

tor des atiteurs tmgkpies , ne fit que s'accroître de jour en jour , et devint tdHe, qu'ils éprouvèrent Tun et Tûutre ub besoin qui ne cessa qti'avec leur vie. Le bon curé de Roquencourt était le seul tiers admis dans leur intimité, car le comte, inflexible^ ne cessait de prendre toutes les précautions pour se dérober aux recherches de son fils; et Ducîs, à l'exemple du pasteur , se promit de garder le secret du vieilbrd avec la plus scrupuleuse fidélité.

' Les événemens politiques firent étaUir à Versailles im corps d'armée <fe r&erve. Les «omédi^is francs allaient de temps en temps ^kmner queli^ties représentations sur le théâtre de cette viUe : as y jontèrent OEdvpe ekez jâdùiète , réduit en trois actes , et qui n'avait pas ^n^ sur té r^rtoire depuis plu^etirs années. Ddéié ne put résister au plaisir de re- Toir "SÔn ouvrage. B %a do^e se plaeër modestement au fond d'une Idge griU^ , èà se trouttdent plusieurs officiers d'un r^mé^t de landei^s ; il en remarque un dont les signes distinctiÊ annoncent un colonel : plusieurs cicatnces honorables ajoutaient à la nobte expres- 2 3.

sion de sa figure. Le premier acte dispose tous les spectateurs à l'iatéi^^t : au second « l'arrivée du vieillard aveugle appuyé sur sa fiUe , son guide infatigable , fait éprouver une «vive Motion ; mais au troisième , pendaiit Tadmiral^le scàie où Polynice , après i'ex^ pression des remords les plus déchirans , obti^it enfin son pardon , par la touchante entremise d'^/t^%o/^ , Ducis entend lecolonel^ placé devant lui , dire à Tun de ses camarades : « Âh! que n'ai -je une sœur ! elle, m'ai- » derait de même à retrouver , à fléchir un n pèreinâeiible*..** » Ces paroles , prononcées avec une expressiim remarquable , ^x>duisent sur le poète la plus forte impressioa. La conversation s'engage : soudain D^cis eA aperçu dans la loge , et reçoit les homm^^ges du public , qui le désigne comme fauteur de la pièce qu'on vient de jou€;r« u Quoi , monsieur 9 s'écrie le colonel de lanciers , c'est à Fauteur d!OEdipe que j'ai l'honneur de parler !•.,.. Vous voyez, à ce que j'éprouy^, si vous savez trouver le chemin du cœur ••••••

•— Il est si facile , répond Ducis , d'arriver à celui des braves l— Tous n'ont pas ainsi

Air VIILÀGB DB ROQUCNGOUHT. ij

qne moi , le motif secret de s'intéresser h Polynice. — Monsieur , fe le vois , a besoin de se retrouver dans le bras d*un père. — Vous le peigner si bien , ce besoin pressant , irrésistible h.. Mais depuis dix ans^^! — C'est le seuï chagrin , dit un d^s officiers , que j'aie connu au colonel Dart^nvah — Dartanval ! répète Ducis^, avec un mouvement involontaire : ah! monsieur le colonet, que je bénis le hasard' qui m'a placé près de vous!— Au* rais- je donc fbonneur d'être connu d'un homme aussi céftbre ? -i- le ne puis m^xpli- ^nér davantage \ répond Ducis en loi serrant la main ; ma» veuillez vous retfdre demain matin chez moi , rue de Sataurjr, n^. i5,«.. Je serais bien trompé si cette heureuse enf^evue ne laôssaïC pas une longue trace dans notre souvenir. »

Le colonel ne manqua pas de répondre à Finvitation de Ducis. Le. soir même, celui-ci se' rend à Roquencourt, et raconte ai monsieur Bartanval tout ie plaisir qu'il avait eu à voir représenter sa tragédie. « Ce qui m'a charmé «nr-tout, a joute-t-il avec intention, c'est Pini> pression profonde qu'elle a prodmte^sur plu- 3 3».

aS Ducift

sieurs mil^resqui se trcmvaientdaûsiiia loge : pçrgoiuie nçt s^t {doa viv^nieiït et ae sai* sit i^ieux .tout ce qui frappe , iotéresse , que ce9 guerrier^ si terribles âU(^siiapd'lioim^ur, si feciles ^ 4Qm{^r danj^ leurs fçjreirs^ '-^JDi^ tés phitot^y dber Duçis , que çipa n'e^ pluaij patbétiqv^ et^Uis vrai que votre OEdipe^ Je me rappeUe parfaiteiftept l'avoir v» r^pr^ seida:* : il était alors eu cinq actes ; et depuisque vous i*ayez eéduit eu trois, biuar^bie doit éli'e pfau (rapide let Vin^rèt pitfe ent^aînaut««% . Parqua l vops devriez t)ieR uqu^ Uce un jour fee bel oûvra^ : fe i?^ du w <fe Tbèbçs doit £tare dans iVotf« booehe 4'ud efSbt «admirid>le» <n*De tontmoix eosur , « r^c^id le poète mvcc «UDuioui^meutdé j(»e dout ne peait s^aperce^ TWile vieillard Jiyea^ j mais.^ st^ëebappe poîut au pasteur. Ce dernier 4eimilDd^çc^60r« tant Itscn ami^Ie isioljf<de cette émotion su^te qu'il avait ^kouvéeà la.i»tq>ostti<m du com^ te. DijU3is lui avoue qu'elfe comble sç$ vceux ^ etdni procure roocasioo favorable d'exécuter le^ projet qu'2L a cônçvu « Tu me seeomleras , eher Lemaire, dans cette entreprise;si digue de toi: j'attaquerai le comte avec toute la dm-

AU TILIAGE DE BOQUENCOtTRT. 33

^ioDS qui cèdent au. cri de la nature , le comte paraît émn malgrdlui , Arthur lutte entre l'es* poir et la crainte* Ducis redouble d'élan , d expression ; et au moment ou il prononce ce pardon A*OEdipe :

« Dieux r vous 4fM j'inveqùri» pour sa punitiMiy^

» Encbatues, 6*ilsepeut^ ma malédiction :

» J'ai calme mon courroux, calmes Totre cdère T

» Viens dans met l)ras^ ingrat ^retrouve enfin ton^père.... »

ïp comte Dai^tanval ne pçut phis résister à Téi)[iptioi» ^.'il éprouve; son fils s'approche, conduit par le p^tenr : il tremble, il hésifej mais dans Tinstaot même où Ducis prononce ce demiçr vers si vrai,, si pénétrant ;

» Ceois-«a fu^ pwde«fter -mi pèra ait tant à^ peimî

le comte saisit une main d*Arthnr^, cp'il croit être celte du poète, et la pressant fortement sur son sein . il s'écrie : « Ah î c'est là que vous avez trouvé cette pensée à-la- fois simple et sublime.*., Bucis, qiie vous connaissez bien le chemin du cœur! — Vous avouez donc que vous pardonneriez de même à votre filsr — Qui, moi! je le repousserais. -— En ce cas , je n'ai fait qu'une peinjture impar-

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faite de la clémence d'un père. — Quoi f dît à son tour Lemaire, en voyant îe colonel aux genoux du comte, si \e âél ramenait en ce moment le coupabfe ii vos pieds ,s'fl arrosait votre main vénérable des pleurs du repentir..». *— Dieux ! sMcrie d'une voix terrible , l'aveugle sentant lès moustaches d'Arthur sur sa main que celui-ci couvre de baisers.... , Ducis !•>.. Lemaire !••• m'auriez- vous donc trompé ! • . . — Cédez , répond' lè poète , cédez à l'émotion que, j'ai fait tiatû'e dans votre ame ; |)ardonnez ! et je vous devrai mon plus beau triomphe. — Pèrrdoriiiezf afoute le pasteur, c'est Dieu qui vous Tordiolniie par ma bouche; pardonq^z! il bénira ^ it prolongera votre carrière! — Ah! monsieur, ahî mon maître , dii h son tour le vieux serviteur , fondant en larmes*, accordez- inoî le prix de quarante ans de service ! — « O mon përe !..♦» fait entendre Arthur d'une voix entre-coupée , et pressant avec force te sein du comte , « O mon père! taissez-moi rentrer dans ce » cœur qui bat si vivement soUs ma main.»». 3> sous ma main que vous çivez serrée vons- » même l votre fils n'est pas indigne de cette

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!• faveur^... S'il eut le malheur de vous dé- » plaire , s'il ne put résister à celte soif ar- » dente de la gbire qu'il reçut de vous avec » le jour , îamais il n'a combattu que les ensi nemis de la France.... mes cicatrices n'ont » rien que d'honorable : mon père, touchez- ^ les ; et que le guerrier sans reproche , ob- » tienne enfin la grâce du fils coupable ! » Le comte veut parler; mais la surprise, le saisissement ne lui permetlent pas de proférer un seul mot. On voit sur ses traits altérés le combat de la colère et de l'amour paternel. Enfin après quelques instans du plus morne silence et d'une effi*ayante immobilité qui &it douter de l'arrêt qu'il va prononcer, il pousse un long soupir , ouvre les bras , et son fils s'y précijrite. u Reste , dit-il alors , ah ! reste long-temps sur ce cœur flétri par le chagrin... sa blessure est si profonde ! — Je ne voTus quitte plus , répond Arthur , ivre de joie : j'ai acquis assez d*honneur pour être digne de vou»i«.. Embellir vos joi^*s, les prolonger ' par i^ plus tendres soins , voilà maintenant le seul devoir que j'aie à remplir , la seule gloire que j'ambitionne... • Et vous ^ dignes

36 DUCIS ATJ VaiiAGE DE koQtTETtCOURT.

amis , dit-il à Ducis et au curé , qu'H embrasse et qu*il conduit dans les bras du comte , ye-^ nez jouir de votre ouvrage , venez partager* l'ivresse d'une famille qui n'oubliera jamais tout ce qu'elle vous doit, — Non , non , jamais ! répète le comte Dartanval, aVeç l'expression de la reconnaissance. — Eh bien , mon François , dit Lemaire à Ducis , en l'embrassant , n*ai-jè pas raison de dire que tes sermons valent bien les miens? — Eh ! lui répond son ami, je sens pour la première fois pénétrer dans mon àme une espèce d'orgueit dont je ne saurais me défendre. Qui pourrait d'a^rèç le succès que je viens d'obtenir , ne pas se glorifier d'être poète? Art Sublime qui nous rapproche des dieUt , et dont la céleste influence pénètre dans tou5 les cœurs, heureux qui te cultive sans âmbf^n/sans envie ! Heureux sar-tout qui èçSiiint bien toute ta dignité, n'emprunte jfimiSàiaL fbrce et ton prestige , que pour l'hondèûr de sou siècle, la eloire de àùn pays kt le boûfi^ur de ses semblables! »

PARNY CHEZ SON LIBRAffiE.

J AUÀ$s on De sut mieuK qu*Evdriste de Parny ^ cacher aous les debors de la n^odestîe et de k simpltcité , un goût exqms , une érudition pro^ fondè ^t un tainit de premier ordre. A cette heureuse insouciance qui n'ambitionne que le rêpoB , a joignait cette douce tolérance qui ne fronde jamais y cette gdtté sans é:lat , et par ed« ittéme intarissable, en un m^ ce comr merce enchanteur de l'amitîë qm pénètre, attache et acMiœèt tout h son enkpirCé

Je compCem[*tou|oiu*s panni les mbmens les plus bettreua dé ma vié^ oeux<{ne j'ai passes près db Parnj, k la.Gcaiimi^on généi^àle de l'instruction publique. C'était ptètidautThi- Ter de I79i5. A cette époque là Framîe, à peine écl^appée du règne de la terreur^ es^ sayait de rassembler les dâ>ris épbrs de ses richesses littéraires : quelques homnies célè^ « bres avaient fait entendre leurs' vdix au mi-

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lieu des vociférations de Tanarchie ; et le spectacle effrayant d*une jeunesse licencieuse ,. abandonnée à sa fougue , à son inexpérience , détermina les législateurs à poser enfin les nouveaux fondemens de l'instruction publique. Un comité composé d'hommes recom« mandables , échappés , comme par mîrade , à \k foudre qm avait menacé tous les talens , toutes les réputations , organisa des bureaux oh. je fus appelé , en qualité de sous-dbef. On me donna pour un de me;5 rédacteurs , le nommé Evariste y aussi simple que timide , mais dans lequel je ne tardai pask reconné^tre cet aimable chevalier de Parny , surnommé à si juste titre le Tibulle françvUs.

L'attadiement qu'il m'inispiraitohaque jenr^ égala bient&t mon admiration pour son idient. Gomm^dles passaient rapidement cas heures délicieuses où, tous les deux réunîtidans un réduit "solitaire, nous épanchions notre pensée et ce désir mutuel de vw* la Uttémture françuse reprendre son andenne spléndecu* ! combien de fois Parny essaya-t-il de remonter sa lyre ! . «^. • Mas ilcraignait que ses sons «Eiélodieux ne le fissent reconnaître, et peut-être

CHEZ SOH UBRAIRE. 3g

fie h privassent du modique trailenieiit deson ^nploi devenu nëeessaire à son existence. Nos ^HKtions engeaient alors-peu de travail : elles Bous^ bissaient bien des momens que nmis avions'ooatume d'em^^yer k reliro ensemble ceux die nos poètes qui ont le plus de droitsà l'immortiftlké< C'était sur-tout lorsc^ Parajr lËsait et commentait d^abondance Racine' et La Fonti^ine -, qu'il donnait fine juste idée dé 9on mérite; Satimîdité vaincue par l^tfaou- «îàsmequ^ll prouvait, son imaginatHm bril» tente éiîhauflfe par le génfe de ces deux admi** ndiièt peintres de la nature , lui fiusai^it retrouver une force irrésistible , un cbarme .d'expression d<mt il ne se doutait pas Ini^mè^ me* Il montrait un goût si pur, un twtsi fîn<, mot ssvoip si^rofond , que souvent, en l'ébott* faut , ont fe eonlbndftit pour ainsidhe avec ces deuic grands hommes.

Notre Ttt>ulle ne put néanmoins résistera «acrifier sur les autels du dieu qui Tinspirait si bien. Le vrai talent parvient à se d^iser quelque temps , à se confondre dans la foule cconmuno ; mais tôt ou tard il se- décèle<sans ysonger^ C'est ua astre brillant, qui caché

4o PARirir

^r des nmigps pissagers, mparait avec fia» d- éclat et répcmd ke torre»$ de m lumière. Parnjr, aoitpar excès de travail, 8oitp«r.siàte de feioes du es^or, était d'une aanté c^maircelante : la faiblesse de sa poitrine IkrfAîgeiût -& suivre un r^me assidu; le lait «tait de* vemx sa prineô^de oourrituiv. Il se le feisalt .^iporter tous Jes matins à ¥hè^\ iàe. TtiuslrvictioD publique , par la fille du cQnckr§d ^^gée 4*en^troti;qiiabttn5ê ans, «et qui se&OoiQiiA SAéàaoarè* ^kffnmte mier^uffe j^^cmMiite, 4m son de j«ai]»;]p!Mtvaatret pteii» de'dou^- ^eurA.L&^niliit qvklleixNrIaîtf Ffi^itf^ JBaruy les plus AMiçhflhas so&veiûra : c'iâait-oekii 4e 4à feraine.ifuicfaanGiit si dâifâeasewîQUtrîospilé^ desBtteÉléuBpÉrequll «wtàMimmotUii&éR diné ses vém» U /aimait bfsiueouj^. oMe feiMie «•fiUe ^ choit te jQâtveté noui (Maiittaft;I»eu aMbvent, et dont la bonté du iCOBur.ttimft intérêts éait ^toujours* Elle fttt atteinte d^noe ,fièvi^ inal^e^ jqxn amt en peu de lemps-ses.îoàrs dans le plusig^rand-danger. On vit à son dbe* vetle chevaber dePamylui prodiguer tous les<6oin8;enqiras3es^ tons lesscfiours qu'un père donné àsouBofaut. H fNusa ^j^utieurs nuits

CHEZ smsiBRÀmE. ^l

«nprës de rintâsessaxito' £léM3Qre;-îl portait lui-mâBe aux fttvct bràlâDies à» ki {eiiiie malade le Tase eoiïtenàiit le breuvage salutaire (Mrdonaé par le owédedio ; il soutenait sur son épaule cette tête ëgavée par un dâire qui, se T^ionvelaif sans oesse»^ Il essayait de réchauf* fer dans ses mains celles déjà glacëes de la yune agôniaaatfr; et recaeillit enfin âcmder- Jiier aoupur, qu'>elle eadiahr ckuis. .ses bras, km fmJOL coAtinudftgnient attaèhés suit-ltâ, et hL boncfae. aitr*bnyerte, essaj«t de r lui eX!» pdmer sa reooin«i«ance, detlmJHDMaerini ^ttnMl adieu. Paray fiitacoaUé^ilti perte ^piîteatnnéede la jeune Eléonore"; etsb nnart iai'inspâm le&vei«sni?ansF^ qu'A «o«yoia de- ^anlmoh I/icUe neuve qn'ikpréseniieht, k cliariiie«ntriânantdcis^pk etdc/k-attdcttr 9 «nefcoAreromqiMacies jemieftk^iiBS.|^^ 4^cttt le pbttsir qu«ç j'^^Kouve entom^te trâint^ crivant ici ce petit dbefrd'ioeayre» j

« SoàâgeleIkappaitàt'enfaACfrr' - »• Eiaato oom«M rioBooeéar» 4#

» Elle «^t les traits de rAmour.

» Quelques mois , quelques jours encore , » Dtttu ee coeur pur et sua àiUut » JU fetftiiMttfc «Uiùt 4çlon|

4a TARirx *

]» Et ^oucemeqt s*est ei^dormie^ ■ '^ ■* » Bms^dMiràiiéer «Mttre seétoif. 1. * îViiitiwrt Ifffoqnvrf é^^>

^Jl,4^,^i■'9^vrtf ^apf laiiser de trtce^ n^Lé ,c1iant â*un oi;sç'au dans les Bois. »

. )IUaniiaBiit«>it Pskoêsel &ire«aiiasî iAat.ufSir' pMÊÎa oBiSïetùgth HJiesaci Gtftte^petite^dUgiefiit hiçiÊ^ètrépuàisiô «kosi tonte . rarindniitrmlion deslîinstikclâHi.pnbljqtie. filef^tisa ks.plas

cft qm^îbtfa'aicB^s xiscwmtipojpké qoejceiMÊfie jammi^ kcqiUi»icétèlil:€£deiiosfpQè*ed'éraitiip»8 $ <MA^Ait4>i0iitto quelle <)be««ltsr dé Anvff .tnu*

Uiqtie, etdiaciiti^VJm^fiâfdta. •«

Quelque teipps.r^pr^a , jp^fçny4it^ »pp^^ ^

des foDctioBs [Jtts^iiiiportaBte» , qâ^ n'avait

aucunement soIUcitëes; et se trouvjant al<»rs

.avec un re v^u qui lui dey^o^it plus que suf-

Hsant , il entreprit de reneuTeïer peu-à-peu

CHEZ gùn KIBRAIRB. 43

la bîldi6tk^ue:^QÏlav«it ^'&rcé de yen^ ^ke, pour subvenir à «M besoins, et ^Msenstraire-ttas dangers q]a*avaient4XMxras toutes -W peiÎMHffted 4'ttA'tal#»l4li8tÎDgurf. A?(«c qfoiA •fikiùiÊtÀl fréié^aat «nar4» paiement qu'on nods Ikisait 4JuM{oe aicÂs , âe quoi se. procurer 1^ «cuvreâ des auteurs qu^il chérissait lerphis! iféeêkHxr qui «ur ^es ^tuaines éccmcHnW' de ^qu€H se bien r^lgdl^aujour âutongé4 n'est pas plu» beureuz que l-Àait Partiy v Joroqu'il -venait- tTadbMer un Horaoe, uttiTâtniU^, un lUHiise , un La"Fd»fieiine. « ie <^rous possède » enfin ! 0^À)rîait^l «rèc ivi^Me : 6 mes di- » vins modèles 1 ô mes meilleurs amis 2...*w. 1» venei raniikep «la verve engourdie , ^oJen- W AttmlMfr'de -«e ibu erëateur qui vou8.4nin nortâlide! venete ea^ieUir mes journte>, <»'>pt*èienger mes vetlies, diaiMer tous lés » inetuns^de ma vie $•*.••« ok! j'espère que 4) «MÛfillHiant nous ne nous quitterons plus* » ' Pamy avait coutume d'acheter ses livres chee un libraire nommé Frocard , homme lustrait et plein de probité , qui demeurait rue du Bao, et devant lequel il passait tous les jours , en se rendant à Thôtel de l'instruc-

44 PABrr

tioD pulttlfae, alûrs situé me et Greiidfe* St.*Geniiain. Frocard ëpircmvail %me joois*aanoe ineiyrimahle à procurer aa chevalier is Pamy les meilleurs ouvrages qvt'iï acketait à bon oomptè dans les ventes, et sur Iea-> qiids il n'exigeait de lui que le simfde droit de !ooifamœsion. La boutique de cet honnête li* £i<aii« tflait petite et aaala§ue à s(m coBiJp^eroe te quelque sorte interrompu par les effets de Taiarchie. Il avait é%é forcé d'établir en se*' xeet un magaflîn.rue de V^cneuil , oilii déjpfhihit ses livres les plus, rares , et, ceux «en grand •lioii^ret qui se trouvaient prohibé^ à œtle ,^aoqtie. . .. ,;

; Un jour Parny lui deivai^de un w^nifl* 4ont il avait un l^soin pressait.,. «Je nu l'ai ,pas, lui dit Froeard ; il est hwa magMÎn; si je n'étais paa seul en ce moment ^ f^iraia vous le chercher. -— Allez toujours i je vais .garder votre boutiqvfv^ » A ces mots Parny s'assied au compioja> ^ et se met à écrire quelques vers d'un nouveau po^e dont il s'occupait à cette époque. Comme il était dans tout le feu de la composition , entre un de ces prétendus beans esprits qui, sous les dehors d'un jargon de

dbyGxDogle

CHEZ sav.LiinAi&B. ' 4^

«ahm, è^ee quelques |dhitise8qu%(}ttt retenues 9 préparées ; etquelques eitaftioiia dont ils ^mtpris rJb«biMle , cacjhent aonyent une îgnojpfto^ Qdoiflètt , qui ne pei]A édiApper aux yeux péié^tHas du Trai lâérite* Le Aux sft*fixant ;irôjrikiit «u comptdir un h^nmie dec et -pàlcr^ moitiéjebiauyeet vêtu d'une TÎetUere-^ jdîfigûte gtise , le prend:)>eQr leliln^ii^e , et lui amende e^^ec <9etttf assurance e$ oe ton sen* .tenoieux d'un Uttërateur a la mode, 3'i) tie jKn»¥mt pas lui procurer les Poésies marof^ 4if7fM^.\Â9Buy., AS farouvant obligé de repré^- ^nler llliHiit^'FiMM^ard , et ne ypulapt pt^s 4e prmr de-lft yento d'un pu\fagp,« lève, «eberdbfi dùisrla bowliqcie les eeuvres de Glé- <iÉiettt«-Aforot,tet les remet à l'ioconni). Celuici «HUnre au :hftsard ;le premîiBtr volume , et ,*tainbe sur jb ballade dos Rnfuns 80ms souoi^ •qui eoptoence par oes vqi:s :

« 'Qtil sont ceœc-U qui ont aH grauêe «nvie

« Quel est ce grimoire -fe? s'écrie le faux bcl- -cspriï. A— Ne m'avez* vous pas demandé les poésies marotiques? — • Ce n'est pas cela , mon cher i <Je n'est pas cela du tout. — Je ne crois

0 iPARirr

pas qu*il en eiAàte d^autres.'^hesfoédeBma^ rotiques que je- dëstre, sont celles où il est question d*ane certame Elëonope*....« -— Ji^ ne connais dans ce genre que les essais de Pai^ Tkj : répond ce poète avec embarras et d^ rougissant maigre lui. — Parny t c'est cela même: ce sont sespoësiesr marotiqnes.».. — «-^Erotiques, vnutK^-Voas dire. — Erotiques, marotiqnes : c*est bien à^-peu-près la même chose; — Oui , S-peu-pi^^ répKqoe- ftu'ny, réprimant un sourire et dlmnant san»- peine le personnage. •*• Les voicr! afoute-t-il sus» m\&t^ en lui remettant deux volumes in^-iG, rdilsren maroquin et doré» sur trancite* *^ Quel prix? — ^Ma'for, je ne saurais' trop vous le dire. —Comment, vous ne savez pas le prix de vosliTreA? — ^ Ces deux petits volumes sont d'une rebure phis précieuse que letexte^ mais je crois qu'ils valent bien*. .. six francs*—- Sur quoi , mon cher , vous me ferez k^remise d'usage aux gens de lettres. — • En conscience je ne puis vous en faire aucune : répond Parny l'observant. — Puisque c'est rotxe dernier mot.....n L'inconnu paie aussitôt et sort, en laissant tomber un regard protecteur sur ce-

CHBZ SON LIBRAIRE. fyj

loi qo'îl ne s^ÛBaginiût pas être Fauteor da recueil •charmaiit ipi'U emportait , et dans leq«idi il se proposait de puiser les moyens de se montrer avec de nouveau }[ avantages , et de se feire passer pour bel-esprit«

Le libraire un instant après revient , tenant à la main le livre rare qu'avait dësiré Parny* Celui-ci, riant encore de la scène plaisante qui venait de se passer , la raconte , enavouant que rien ne Tamusait comme la suffisance et Fa^plomb de ees charlatans littéraires si corn* muns sur la scèAe du monde. « Et combien lui avez*- vous vendu vos œuvres? — Six francs* — Y scmg^-vous ? ce q'estpas lamoilié de lear valeur. — Gomment ? deux petits volumes in^ i6... •» Papier véUn, figures avant la lettres , reliure de Cmirteval : douze francs, vous dis^je; l'édition est épuisée, et c'étiût mon dernier exemplaire. r~ Ma foi , je ne crc^is pas que mes œuvres.... -^ Il n'y a que vous qui ne sachiez pas tout ce que vous valez. —> Ecoutez , Frocard , vous ne serez pas dupe de mon ignorance : l'acheteur m'a , je voua jure , assez bi«Q diverti , pour q|ie \t TOUS indemnise de la p^e que je vous fais es^

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«uyer. •— Vous ymi rûocpiet , tfion^ieiir de Pamy. — Non , non ; je prëfaends vons tenir eomptede ma mauvaise gestion : fêtais votre Mandataire , et c'était à moi de n^6Ui remplir mes fonctions. »

Gomme ils discouraient de hi sorte , une Toitnre s*arrêie devant la boutique , et soudain en descend une dame aussi fetnai^iuable par sa beauté , que disting[uéë par sa dëtharche imposante et la grâce répandue sur tùùté sa persoinne. Le calme qui stlccëdslit h la tempête l'eVolutionnaire , Tavàit ramenée depuis peu de temps à PaHs. Elle s'adresse au Ûbraire , comme à quelqu'un qu'elle estimait: eehii-ci Taccueille avec cette dëférencfe respé<?tuèusèquî annonçait h Parny que la scène dlîait changer , et que l'inconnue avait autant d'esprit et d'instruction, que le faux ânidit avait montré de suffisance.

a Mon cher Frocard , dit la dame en en-* trant, il faut que vous m'aidiez à réprfrér au plutôt la perte énorme que f ai faite dans mes voyages. Cette riche cassette que vous m'aviez &it établir avec tant de soin , et qui dontenait cent volumes in-i8 de nos meilleurs poètes .

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