‹ Les encouragemens de la jeunesseChapitre 45 sur 66 · BOUFFLERS · texte numérisé non relu

BOUFFLERS

gne , par la Bohême , la Bavière et la Suisse. 11 ^tait avide de revoir ces bords ravissans du lac de Genève, où trente ans anparavant ii avait fait un séjour dont le souvenir semblait remonter sa lyre badine et lui faire retrouver tout le feu de sa jeunesse. 11 s'arrêta donc à Lausanne , et craignant encore que son nom ne l'exposât à des recherches , à quelque surveillance j il s'était mdtai d'un passeport, sous le nom de Foubers , peintre' français ^ et sous ce voile qu'il avait emprunté plus d'une fois ^ il se présenta dans les premières maisons d^ Lausanne. Il ne tarda pas à s'attirer tous les égards dus au vrai talent, qu'embellissent l'esprit et le grand usage du monde : c*etait à qui recevi*ait M. Foubers ; c'était4i qui lui ferait faire .son portrait en miniature , genre dans lequel le célèbre inconnu réussissait complète*ment. Gomme il cherchait à peindre les fem* mes ies plus belles , on lui parla de la com-^ tesse de Lauterbach , française d'origine , et veuve d'un général bavarois qui lui avait laissé en mourant des biens considérables , entr'autres une terre magnifique à quelques milles de Lausanne , sur les bords du lac. Cette

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dame était citëe pour sa beauté ^ sa grâceet plus encore pour cette touchante sif&bilitë qui soumet tous les cœurs. Que de motifs pour exci* ter la curiosité de Bouiflers ! elle ne tarda pas h être satisfaite. »•• Une fête donnée par un des principaux habitans de la ville , attira la belle comtesse de Lauterbach. Celle-ci , dès 1^ premier aspect , séduisit d'autant plus le cfaera* lier de Boufflers . qu'il Retrouvait cette grâce et ces manières inimitables qui distinguent les dames de sa nation* l\ se fait présenter à la comtesse, qui lui paraît frappée du ^n de sa voix, et qui sepible , à sa vue, éprouver une émotion qu'elle a beaucoup de peine }l dissimuler. La conversation s'engage : Boufflers témoigne le désir le plus ardent de faire le portrait d'un aussi beau modèle : la comtesse accepte , après avoir réfléchi un instant; et comme frappée d'une secrète pens^ , elle prend jour avec M. Foubers , et lui témoigna tout son empressement à se faire peindre pa^ un artiste français. Dès le lendemain , une car lèche élégante est à la porte de l'hôtel du pei»^ tre , et le conduit au château de Saintr-Snlpice , situé sur les bords du \%c df Genève , ^

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face du superbe amphithéâtre que les Alpes dessinent dans Thorizon* Boufflers arrive, traverse une avan1>-cour spacieuse , descend au bas d'un riche péristyle et pénètre dans un vaste salon où tout annonce Topulence et le goût le plus exquis. Il aperçoit le portrait en pied de la feue duchesse de Choiseul , assise auprès de son temple des papillons , et tenant

îi la main les OEu\^res de Boufflers,....

Celui-ci ne peut se défendre d'un trouble qui le fait tressaillir et mouille ses yeux de larmes* « Oh ! quel souvenir ! n s'écrie-t-il involontairement ; u sans doute la comtesse de Lau- 1» terbach appartient k la famille de Choiseul; 3» elle ne m'en sera que plus chère...» Comme il se livrait à ses réflexions, un valet-dè -chambre vient lui annoncer que sa maîtresse , encore occupée pour quelque temps , prie M. Foubers de vouloir bien Pexcuser , et lui fait demander s'il lui plairait , en l'attendant , de visiter son bosquet à la française. « Avec grand TU plaisir , répond le chevalier : tout ce qui » nous rappelle notre pays , a toujours tant de T> charme !..•... i> Usortdoncpar une longue file d'appartemens d'une somptuosité variée ,

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