‹ Les encouragemens de la jeunesseChapitre 54 sur 66 · LA BÉQUILLE D£ LUOS DE LANCIVAL · texte numérisé non relu

LA BÉQUILLE D£ LUOS DE LANCIVAL

Oi l'hoïKM'able; profession d*instituteur exige une grande résignation, un travail constant et de noBabreujc sacrifices , elle produit aussi des jouissances dont il est difficile d'expriiner, le charmç et de mesurer Tëtçndue. Sénèque et Burrhus imposaient à Néron» et loi firent révoquer plus d'un arrêt de mort. Henri IV • adolescent , ne pouvait se séparer de son précepteur , atteint d'une maladie mortelle ; il le soigna lui-même jusqu'à s^ derniers momens : on fut obligé de l'arracha des bras de son cher La Gaucherie , qu'il pleura comme un second père. Lorsque le fanatisme et Ten^ vie voulurent faire brûler par la main du bourreau le man^scrit de; TéUmaque , le jeupe duc de Bourgogne s'empara de Técrit de son maître, et, tirant son ^>ée, déclara, qu'il fai;idi:ait Iç jeter dans le bûcher avec le

lyS • lA BliQtJIIl.S

chef-d'œuvre de F^nélon. Louis XIV luîméane ae d^eouyrait toujours avec respect devant Faustere Montausier.. •..••• Qui de nous n*a pas tresssâlli en retrouvant, au bout de longues années un de ses anciens profes^ seurs , en récapitulant avec lui les espiègle^ ries de notre jeunesse , en lui rappelant TinduljD[ente bonté , Pinépuisable patience avec lesquelles il dirigeait notre marche incer^ tàine, il ouvrait nos yeux à la lumière? Qui denotis , en passant devant la porte gothique du col^ge oh nous lûmes élevés , né la salue avec une secrèite émotion , et ne Se rapj^Ue ses premiers amis et ses premiers rivaux , ses premiers triomphes et ses premières défâites? Tableau précurseur de la vie humaine : péristyle de la grande scène du monde, oh àaît le génie , oh s'anoioncent lès passions , se forment les penchans ; et dont le souvenir nous prouvé qu'il est des ambitions et des hochets pour tous les âges !

On conçoit facilement ^*en dérivant' léi' jouissances qu'éprfiuvent ceux qui se Kvrcht à Fart dWtmire, j'écarte de ma péhsfe cës' pédans inflexibles , tyrans de la jeunesse , tous

DE LUGE DE LANClVAli. . I^

ces «avaos en us y qui , gourmés de Wiir profond sayoir , ne mesurent cpi'avec un QrgueU d^espérant, la distance qui r^ne entr^eut et leurs disciples. J*ëcarteraî de même cep âmes vénales dpnt le zèle plâtré n*est jam9^ ^u'en proportion de ht forti^e, de l*4(ève , crt qui ne calculent Vii^portance.de letura leçons » qu*ayec le. secours d^une mpnlre^. J'éc^rti^rai sur-tout ce^ esprits poiptilleux et caustiques qui font.çon^ster le mérite à aiguiser une saillie, îi lancer un trait malin , et dont le suc* ces éphémère est le plu^ dangereux eaLemplt qu^on puisse offrir à radokficeiioe» .

Je n^accorde le ti^e honor^Ie d*t»0jtitivr tetir qu^à q9lui 4o|it le vrai t^jbnt se laisse de« vii^er , et dont ,Je gput n'est que. Ift sentiment dti.beau ; qu'à celui: qiM mettant son bonheuv dans les plaisir^ de l'ame » obtient tout par la Gonfi^noe et jamais rien p^r la contrainte; qui sait instruire en amusant , rapproche la but que rélèvje désesp^ d^atteindre, en semant de fleura le aetttier cfoi l'y cenduit; et prend sans cesse, pour devise cet adage d'ua ancien poète, si cher à tous les âges ;

* « L'étudft coide 'ààm Ih mœurs

» Comme on ruiueau dans la prairi*. ■

ij^S ' lA béqdule

Tel fut Lucè de Lancival /dont le nom retentit sonTént dans nos lycées ; et qui devint Fami de ses nombreux disciples. U ne po avait faire un pas, soit dans Paris, soit dans la France , sans rencontrer des officiers de diffî* rentes armes , des légistes , des magistrats , des diplomates , des artistes , qui lui téknoignaient tout ce que peuvent inspirer l'estiine iet la reconnaissance. C'était sur-tout dans leg promenades publiqpes et dans lés ^randeft réunions , qu'il éprôtivait h quel point on prîfait son talent , pn chérissait sa personne. Sans cesse entouré d'une jeunesse brillante qm re*trouvait en lui son guide chéri , son premier confident , il ne savait plus sur quels regards attendris il devait arrêter les siens* On eut dit qu*il commandait à tous les jeunes gens de la capitale ; et qu'il lés dirigeait encore dans le monde , ainsi qu'il l'avait fait sur les bancs de l'école. .

Jamais aussi l'on ne joignit à l'érudition la {)ius étendue , h la plue admirable connaissanôe des poètes latins , cette élégance de style , cette g^âce et cette facilité d'élocution , cette affii* bilité , cette franchise de caractère qu'on re*>

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