‹ Les encouragemens de la jeunesseChapitre 59 sur 66 · LES EXILES · texte numérisé non relu

LES EXILES

Je nfëlaiis furGfoté^àsms le eoam de œt ou- Trage ^ de œBappiskv ailsoB^ftmr de ne» jeoaes kel«tra ^ que les honsHiieBide'bCIfrcs qne^ ppésumais a¥«»* le ploa de drèit» à leur oob* sidér^tioiv: mais j*ai pènstf q^ie je &e leur ééfiBir^f»Byemte9ttà3MxAfxsEnc0itraf^miBm par ^06 «Éiiésdote qui leur pcon^œra FImch Féuse inflàeiiee (|ae peuvent avetr- , dai» k doàM, les éeeitsld'ime femme ts^hve* CeBe que/^leuv pF&eni» fut dbfléé c^oneimogiiMitioa «icfae , acdente ; d^uoe aensildlitë preliMH de, dfune afaondaiiee de pens&s^* dhiiie joitesse de ioîic&ç et d'une Vigueur de edbrii ({«'ont souvent envié» ceusHpi wème qui forent ses plus austères censeurs. On ne ràà point , au milieu des ténèbres , luire une darlé brillante, qu'aussitôt mille inaectes ne bour-

MADAME BB STAËL , OU LES EXILÉS. sSj

donnent autonr d*elle , et ne fassent de vains effi>rls pour atteindre h rëctat qu'elle rëpand.

Madame de Staëi fht presque toujours en butte ^ rinjustiee des partis dont elle fronda les excès , h la jalousie d'un sexe au*dessus duquel elle s'élevait trop superbement , et au rcsssentiment de l'autre qu'elle rivalisa. G'é* tait un météore qui planait au milieu des orages , et répandait des torrens de lumières ; on eût dit , en effet , quele dévouement et l'énergie de cette femme extraordinaire augmentaient en proportion des obstacles qu'il lui fdlait vaincre. Ni la crainte de déplaire à la puissance CMnbrageuse, ni la certitude d'àxneuter contre elle la sottise et Tenvie , le pédantisme et les préjugés gothiques, ne purent la faire dévier du sentier périlleux qu^elle avait entrepris de parcourir. « Jfon plus grand plaisir. , disait- elle souvent , c^est de donner un coup de poing moral aux me-» ekans. »

Personne cependant ne mcmtra plus de respect , que madame de Staël , pour toutes les convenances reçues ; personne jamais ne connut mieux les limites posées par la décence , et

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ne se restreignit avec plus de résignation am seuls droits quW accorde à soo sexe, « Un homme 9 disait -elle, doits^oirBnwerfO' pinian^ une femme doit sy soumettre. nDass son ouvrage sur la littérature considérée dans ses rapports avec les institirtioiis sociaks, le chapitre sur les femmes qui cultivent les ktti*es , est un chef-d'œuvre d'esprit et de nison : c*est le portrait de Tauteur fait par £lle-méme 9 et d'une ressemblance par&i^ Comment ne pas estimer et <^rir celle qffi s'exprime ainsi ? « L! aspect de la malveUr lance fait trembler Us f^vtmes ^ queiéfue detinguees qiu*eUes soient : cowy^uses dans le malheur , elles sont tinUdes contre l'wmitie. n .

<c. Madame de Staël avaiît upe grande for- » tune de coeur, » a dit une femm^ très-distingi)é(e. Cette expression neuve suffit pour donner une juste idée des rares qalités de l'auteur de Corinne. Jamais 4 en efifet, le ciel ne forma d'ame plus généreuse, plus élevée, ^ qui sut en même temps descendre avec autant de modestie , au niveau de tout oe qui ne poa« ' vait l'atteindre. Elle détestait les gens aAc^

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tés , et prétendait qu'il n'y avait rien à prendre pai*mi eux. L'être le plus simple avait tout accès auprès d'elle , pourvu qu'il eût un accent vrai, un regard expressif. Elle était a-la-fois vive et mélancolique ; c'était un mé*« lange inconcevable de simplesse et de dignité, de douceur et d'énergie. Toujours étonnée de l'emrpire qu'elle exerçait dans un cercle, elle rougissait , comme un enfant , du silence qu'on faisait pour l'entendre. Etre aimée était pour elle un besoin aussi nécessaire que l'air qu'on' irespire; le nom d'amie, pour elle, n'avait' point de synonyme. L'amitié Ait sa passion ' dominante ; elle balança même dans son atùe jusqu'à Tamour filial, «c Jamais , répétait-elle sans cesse , jamais Je ne fus aimée comme faime ; et personne tCu plus besoin que moi de tendresse ^ de bonheur, et d'appui. »

Elle avait pour principe qu'on doit gravei: sur le marbre tout le bien, et sur le sable toq|; le mal qu'on nous fait. La vengeance ne poiir»^! * vait arriver jusqu'à son cœur : il fallait qu'elle ' montât si baut pour l'atteindre , qu'elle se dissipait en chemin. Jamais elle n'éprouva le moàidre ressentiment contre ceux qui la fron^

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dèrent, même avec aigreut. Elle regardait un nouvel ouvrage laucë dans le public, comme un esquif jefë sur les ilôts d*une mer orageuse^ et qui , s'il n'était submergé promptement , ne pouvait arriver au port qu'après avoir été battu par la tempête. Aussi personne u'eut autant d'indulgence et pe fut d'un conseil plus sûr et plus sincère que celle qui, par son grand talent, faisait tant d'envieux^ et rendait une si éclatante justice au mérite de ses rivalesé « Elle m'a attaquée^ disait-elle en parlant dVne des plus redoutables , je Fai Louée •• j nous sommes quittes. »

L'adulation était son plus grand supplice ; des éloges outrés lui faisaient éprouver une espèce de convulsion qu'elle pe pouvait vaincre. Elle comparait les prôneurs mielleux auis syrènes , qui ne charmaient les passans que pour les égarer. « Les échos m^ ennuient ; disait-elle en parlant des flatteurs qui l'obsédaient ;/'ai assez de moi en moi : je veux qu'on me renvoie autre chose. »

La France fut de tout temps sa patrie adoptive : elle ne pouvait, sans un chagriii profond 9 quitter Paris , même pour aller hab^er

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les bords enchanteurs du lac de Genève. Elle prétendait que ses eaux si ()almes , à limpides <jui réflAîhissent l'azur des cieux, ne pouvaient lui faire oublier le ruisseau fangeux de la rue du Bac» vl Je me réduirais ^ s*ëcriait-^ » eHe , h my loger au quatrième ^ avec cent 3t huis de réifènu. . • • n Qu'on j uge de la peines qu'elle ëproura, lorsqu'aprës une proscrip* tion de dix années , revenue dans cette capitale , centre des lettres et des arts , oh s'ëtait formée sa jeunesse , ott elle avait essayé les premiers pas de sa brillante carrière , elle se -vit Vobfet de délations insidieuses , d^in justes préventions, et biedtôt exilée, pour la seconde fois , à quarante Kenes de la métropole où elle laissait tant d'a£kctions , d*oii elle emportait tant de regrets !••• elle choisit pour sa retraite Fantique château de Chaumont , situé sur les bords de là Loire , entre Blois et Amboise ^ an sommet d*ane montagne escarpée qui do«mine^ur le beau jalidin de la France , et n'est séparée que par le fledre, de cette pleine riante et fertile oh. se trouve le château d'Onzain. A peine eut-elle établi ^n séjour sur ces rivages d^cieux 9 qu'elle prouva tout-a-Ia-fois ce

^4^ mâbAmb de stàbl ,

qne peut une haute renomm(ée , et ce que produit la crainte de déplaire à un maître redou* table.

Dès que l'arrivée de madame de Staël fut annoncée dans les environs, chacun voulut connaître cette fezùme dont la célébrité , devenue européenne , se rattachait à cet intérêt irrésistible qu'inspire toujours un exilé. Les cours du château romantique oh. elle avait établi sa demeure , ne dâemplissaient pas de curieux qu'on voyait arriver de toutes parts : les uns voulaient contempler l'auteur de ces productions admirables qui donnaient une si haute idée de son talent et de son caractère : les autres désiraient saluer la fille chérie de ce ministre fameux dont les généreux efforts et les nombreux travaux n^eurent jamais pour but que le bonheur de la France : le nom du vertueux Niçcker était répété de boudbe en bouche avec un respectueux recueillemeht; et de tous les hommages dont madame de Staël était environnée, celui-là seul arrivait Ifc son, cœur.

Cependant elle s'aperçut que parmi les habitans de la contrée qui chaque jour venaient

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la visiter dans sa retraite , aucun fonctionnaire public n'avait osé paraître : on redoutait le chef de l'État , qui , d'un mot , d'un seul regard , pouvait lancer la foudre *, on savait tout le ressentiment que lui inspirait madame de Staël , qui jamais n'avait voulu fléchir le genou devant sa toute-puissance; on luttait entre la crainte de se compromettre et le dësir pressant de connaître la célèbre exilée. Chaque maire de village n'osait aller à Ghaumont & l'insçu du sous-préfet : celui-ci redoutait de son préfet l'active surveillance ; et ce dernier celle du commandant divisionnaire. ••• Madame de Staël s'amusait de tous ces ricochets de la faiblesse humaine ; et fut pendant plus d'un moi£(,privée de la visite du moindre fonctionnaire.

Cependant le préfet de Blois, hommç aimable et d'une grande érudition , ne put résister long-temps au besoin qu'il éprouvait de rendre hommage à l'une des femmes de lettres les plus marquantes , qui s'était réfugiée dans la contrée soumise à son autorité. Il parut donc au château de Ghaumont, se résignant d'avance à tous les dangers auxquels l'exposait la a 21 ••

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démarche qu'il osait iàire* Elle fiit bienl^ imitée par tous se» subo^donp^s ; «uçun d'eux pe 6e crut coupable ,.^n spiyapt Texemple donné par son supérieur,. C'e^t aip» .que 4aiif les circons^pces critiques , le sage dirige aeid sa marche , les autres, se laissent eptraîner.

Mafiai^e de Staël se vit bientôt assiégée par tous les preçiiers fonctionnaires des. villes cirr convoisioes : on arrivait en foule de Blois, d'Amboise , de Vendôipe et de tous ïes ch^ teaux de^ envirpns.. On eut dit une sopvemn^ qui reœvait au milieu de ses Etats , les. hiQUkw mages d'ui^ peuple enivré de sa présence^ ]Ë)^ pe t£^rda pas à distingi^r parmi les boimae% qui remplissaient ies saliops du château qu'elle habitait » le comte de BaPi^y , maire d!Qn-^ ?ain , et propriétaire de la beÛe teri^e q^ sm trouve en face de Chaumont, C'était un homme d'envirpn trentç-deux aAs, d'une 6gure expressive , et dopt les manières et le lapgage^ annonçaient un esprit cultivé , le grand usaga du monde et le plus noble caractère. U pe.&l^ lut qu'up coup^'cej à madame de Staël, pour découvrir que c'était l'un des premiers habi-> tans de la contrée. Elle crut remarquer ep

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