‹ Les encouragemens de la jeunesseChapitre 6 sur 66 · LA CHIENNE · texte numérisé non relu

LA CHIENNE

qu'il soit du Languedoc et fère de famille. » Plusieurs mois se passèrent : Florian , accoutumé à faire du bien , tatnt au nom du duo de Penthièvre , que pour son jJropre tîomp— fe , avait entièrement oublié ce billet de siic cents livres ; mais celui qu'il avait obKgé si généreusement, sans qu'il pût s'en douter ^ et qui se croyait toujours débiteur de «cette somme envers le libraire , vint le trouver dès qu'il fut rétabli de sa longue maladie. Ge de* biteur se nommait Quéverdo i graveur et dessinateur , élève du célèbre Eïsen , et qui déjà s'était fait dans la capitale , une repu-» tation méritée. Il remercié d'abord son créancier de l'obligeance qu'il avait eUe , et lui propose de renouveler son Wllet poiif fâli mois , époque oîi il est certain d'y faire hom^ iKeur : lui offrant d'ajouter au capital 'de la ' somme les intérêts pour la ■ prorogation qu'il réclame. « Vous ne me devei rien , lui répond le libraire ; votre billet est acquitté. — Comment ! Et par qui ? — JPar quelqu'un qui ne veut pas se faire connaître , et qui vou$ accorde tout le temps que vous voudrez... Oh ! il n'est pas difficile en affaires celtd-là :

|e gagerais mémQ qu'il a déjà tout>à-&it publié 4» qu'il 1^ fait pour vous* — Mais , je ne me laisse obliger à qe point que par ceux que je coQDai». Artii^ et ^ sur la Durance , j'ai trop de fierté , je l'ayoue , pour vouloir igno^ rer à qui je dois un semblable service^ < — . Et c'est précisément pour cela que yous deve^^ sans crainte deblesser la,déUcatesse ^ accepter le secours d'un compatriote*-— Quoi ! c'est un Languedocii^n ?..«..• Cet aveu me fait grand bien 9 je ne puis le dissimuler. Mais , de grâ* ce ^ achevez de me nommer ce généreux ap-* pui que le ciel, m'envoie : mon cœur a besoin de le connaître ; et si vous me refusez , vous allez me forcer à vendre le peu d'argenterie que je possède , ou l'un de mes tableaux que je chéris le plus, pour acquitter cette dette facrée ; je soul(rirais trop du moindre délai. Le libraire voiflut persister à cacher le nom du nouveau créf^ncier; mais Quéverdo mit tant d'instance « et lui témoigna un si pénible tour^ ment de son silence , que celui-K^i n'eut pas le courage de le laisser dans une plus longue incertitude , et lui avoua que c'était le cheva • lier de Florian. u J'aurais dû m'en douter : X 5..

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IV reprit l'artaste , ce sont; là ^ ses tours ^ et » je connais plusieurs de mes cbnfrères qu'il » a secourus de même, avec le produit de ses » ouvrages. Mais j'espère mie venger bientôt, « etJutprotiVCT que ce* n'est pas gratuitement » qu'on m'oblige avec tant de gr✠et de gé- 3> nérositëi » • '

Plusieurs mois s'ëcoulèrent encore , sansi que le graveur languedocien , malgré tous ses efibrts et son économie, pût amasser àt quoi retirer son billet resté dans les maiqs du libraire. Florian , depuis quelque temps , travaillait à ses Nout*elhs , qui ne sont pa$ la partie la moins intéressante de ses œuvres^ il venait de terminer Claudine , où il dépeint, sous des couleurs si touchantes, le^ malheurs et les remords de la séduction» Content de son travail , il voulut s'assurer s'il avait bien exprimé la doulenr de Pinnocence abusée , et le tourment inévitable de l'auteur de ses maux. Il fit une lecture de <iette Nouvelle au cerde du duc de Penthièvre, qu'on pouvait consulter avec confiante, en fait de morale et de sentiment: ce prince , ainsi que toutes les personnes qui

DE FLOaiAN. 4^

l'entouraient 9 éprouva la plus vive ëmotiou au récit des aventures de la jeune pastou-. relie de Chamouni. On ne savait, en effet, ce qu'on devait admirer le plus dans cette charmante production , ou les situations adroitement miénagées, ou le style pur, toujours local , et souvent entraînant* Des a{^audissemens unanimes donnèrent à Florian la certitude d'avoir dépeint fidèlement la nature , ^ sur-tout d*avoir atteint le but moral qu'il s'était proposé.

La lecture de cette Nouvelle avait produit un effet très-remarquable sur un des jeunes pages du duc de Penthièvre , nommé Ernest, fils d'un officier mort aux armées, et doué d'une sensibilité qu'il cachait sous la plus aimable espièglerie. Il était ce jour là même de service, et se trouvait placé derrière le fauteuil du prince : il ne perdit pas un seul mpt de la Nouvelle de Florian. Gomme cette pauvre Claudine l'intéressa ! comme l'anglais Belfon lui parut coupable! Oh qu'il aurait eu de plaisir à secourir cette jeune mère proscrite, errante, et portant dans ses bras l'enfant qui seul ranime tout I 5...

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soa courage ! OH qu'il aurait voulu la rencontrer sur la J)lace Royale de Turin , déguisant son seîce et réprimant l'amour maternel , coutbéé sous de lourds fardeaux , ou prosternée aux pieds des passans, dont elle nettoie les chaussures ! Le moment sur-tout oh elle s'aperçoit que l'étranger qui met le pied sur la sellette , est ce même Bèlton qui ne peut reconnaître dans le pauvre savoyard la pastourelle qu'il a séduite, et qu'if cher^ che en vain depuis long-temps, ce moment, dis-je , fit sur Ernest la plus vive impression,, Sans cesse il voyait ce délicieux tableau: partout il racontait cette Nom* elle avec la, chaleur et l'enthousiasnxe d'une ame neuve et d'une ardente imagination.

Il allait souvent visiter un de ses parens ^ ancien ofiicier d'artillerie, et grand amateur de tableaux', qui demeurait dans la petite rue Baillif , attenant ^ l'hôtel de Pen-thièvre. Dès que le service d'Ernest lui laissait uninstantdeloisir, il courait chez le vieux, capitaine, et prenait plaisir à nettoyer, ^ ranger lui-même tout ce qui composait sa riche et nombreuse collection* Souvent S

9'y laissent anivre par une chienne de chasse appartenant à Florian, très^beUe épa^eule nommée Diane^, et dont il s'amusait à déve^ lopper TinslincC , à exercer TuitelUgence : aussi le jeune pageëéait, après sob maître , ce-< lui que châissait le plus cet excellent animaU On leg voyait toujours ensemble : Emest et Diane était ins^arabte.

Un jour qu'il ^it , avec sa compagne fidèle 9 èfaez 6^1 parent, entre Quéverdo, portant sous le bras un petit Guillaume MUris , très-bel original , qu'il propose au Ti«l amAteur. Celui-ci, grand connaisseur et franc appréciateur du vrai talent, trouve qu'«n effet cette production est une des plus estimables de son auteur , et demande à Quéverdo combien il ^wut la vendre. « En tout n temps, p^popd ce dernier, cela vaudrait « cinquante louis : donnez-m'en la moitié, » et il est à vous. » En prooonçant ces derniers mots, il Ijdsse échapper un soupir, et ne peut s'empêcher d'exprimer le regret qu'il éprouve de se dessaisir de ce chef-d'œuvre de sonaut^uté « Pourquoi, kiiditle capitaine^ vendiie à moitié prix un objet d'une

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valeur rëelle ? — Que voulez-voiis ? les artistes parfois éprouvent des momens de gène : une longue maladie, unefamiUe nombreuse, une dette d'honneur à acquitter. » Tout en causant ainsi , il fait tomber la cooiversatioa 5ur Florian, et raconte le service qu'il en avait reçu , ajoutant que ses forces affiiiblies ne lui ayant pas permis d'amasser par son travail de quoi satisfaire au billet de«ix cents livres, il se déterminait à vendre son Guil^ laume Miéris, u Si M. de Florian , dit Ernest, savait que vous faites pour lui ce pénible sacrifice , il n'accepterait pas votre argent : permettez>moi de lui parler de votre dette , et je suis sur qu'il vous accordera tous les délais qui vous conviendront, — Eh ! ce n'est point pour lui que je veux m'acquit* ter, répond Quéverdo; niais pour moi-nié-< /me. Je ne suis point habitué à porter aussi long-temps le poids de Isi reconnaissance , etje prétends l'alléger , k quelque prix que ce soit. »

La conversation continue sur Florian. Le jeune page , qui sans cesse avait présente à. l'imagination la lecture de Claudine i, M^nonce^

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Jie* composait* des l^ouveUes qp ajouteraient à sa rëpôtaiion -: il esprime alors tout l'effet *^'aYaitprodi»ti]iie de ces Nmirelles dans le ^on d«i due de>Peûtliië¥rë ; il en dëtaille tous iea inmdens avec tant de T^ritë , dépeint si iMen le site , l'a^on , les personnages , que Qnéverdé vmt keiçène , en est ému lui-même ; et , pressant Ernest dans ses bras » il sVcrie 'r « £h bien , si tous -voulez me seconder, je » . puis c&aaem6F mon Guillaume Miéris * et • ca'ocqdîtter envers Florian d*tiné manière » digne du service *qu*il ma rendu, et de la » reconnsûsa^ce 'Cfue je lui dois. Je ne puis « m'eipliquer davantage; mais veuillez vous » trouver ici dans huit jours 9 à cette même 9 heure, et je vous confierai le reste de mon

9 secret • • » En achevant ces mots , il

sort, emportant son tableau, et comme frappé d'une idée qui déjà répandait sur sa figure fexpression de la joie et de l'honneur salis** jait.

Ernest , toujours accoçapagné de la belle épagneuie, ne manqua pas de se trouver à Tcntrcvue, qui produi^t les détails intércs-

5o ' i^ emsHi^i

ssms qu'an Ta lire, et que je tiens du page lui-même , aujouhl'hui Tua des officias- Isa plus distingués de l'armée française. : -^ Floriali , après avoir retracé dans CJaxpr dine les dangers qui souvent environnent Tù^ nocence de la l^auié y voulut Tendre bosa-r mage à la nation qui lui avait fourni ses ,pre« miers modèles ; il voulut peJndre la iM>ble&se , la galanterie et la vivacité du ca^^ctîlse espagnol , et composa sa nouvelle intitulée CéUstiné, Un matin, qu'il se livrai h ce travail, et que;, parcourant ave^son liâ'.oSiM le beau pays de Grenade^ il jiui ^^isait esâeÉdve cette romance qu'opi a tant répâée.: ^ . «.

Plaisir «famoiir ne dure qu'un moment î Cfaftsrin d*«mfito dure |oiite U tie. • * . . .

au moment, dis<je,oîi Florian éprouvait up plaisir inexprimable à décrire les sites romaïf*tiques où il retrouvait les traces. d'^^/e/Ze et de Galatée ^"D'vauïe^ sa chienne fidèle, entre dans son cabinet dont la porte était entr'ouverte , s'approche de son bureau de travail , et posant sa belle tête sur un bras de son fauteuil , lui présente , avec un air de joie et

ire YLOAUK. 5i.

de triomphe , u&' petit porte-feuille de cuir nmr ) attache par im simple cordoti/Florian fe j^reisd , rcMivre^ a^i^eo emprès0éa^«t ; et tl^dure une petite planche de cuirre^ admira*blement grav^^ et à laquelle étaient jointes plnâeurs^ preuves avant la lettre, d'une vi* gnette reprësaotant Claudine vêtue en sim<pk^cemai^onnaire, sur la place Ro;fîde 4le Turin , avec sou &s Benjamin ^ qui la pread peur. son fSrèi^^hti étranger, le pîeii^Âtfi' la atllette, regarde avec intérêt ço^^^ne sa--^ voyard si prévenant, et dont tous Içs mouvemens sont si éoux : Claudine, de son côté , portant un regard sur cdxii dont«Ue nettoie les bottes^ reconnaît lord Belton, et la brosse lui Jlombe des mains* • • • •' Cette scène char^ mante éisLit rendue avec ui|e perfection etmie vérité qui causèrent à Fl^rian une surprise extrême* » Quand j*aurais| se disait-il, donné » moi-même le programme de cette gravu- » re , et fait faille l'esquisse sous mes yeux , > eBe ne serait pas plus fidèle. Jamais hom- » mage ne fut plus flatteur et plus inatten- » du, .•. . Mais qui peut en être Fauteur ? » Point de nom , et Diane pour message-

D3 hjL CBlBj!fNB

» re!*;. » A<sesmQts; la oliieQBe^ quis^eB* tmd nommcir * yî«»t:<te.iipu¥çàu lédber lo^ mains 4e aon-maîti^ v^'^^mble^iairtégertotrt le pimjîi; qu'il jffprobvé. « Comfote j'«i ki celtç }r Nouvelle <}ftDi8 le gvdod 6alob du pi^îoimy n.^e dit encojceîFIorianv et qu*e&e a jmft » Tlvcment iatéreaser lœs^Aonibrei» audtr Y.jteilirs ,;*U s>y «éra trouvé quel^'u» -qui 31 m'aunl joiie ce tom< iiigënieax*.,Oh ! |e Jecon* j» ii?utiw ; il m'est devenu trop cber , pour 1» que ie-oeparyienbe pas à;le découvrir. «^ • • Quelques jours 'après ^ sa seconde'^ H^vb^r yeUe étant terminée , illa lit de même au diio de Penthievre, ;mais en petit.oomilïé:, et «ma avoir aucunement ann^ncie cette lecture. Au bout d'une semaine » lorsqu'il travaiUail: ^n^ oore, entre S^ev portant lin ooi<v0aupor^ te^feuille de cuir ^ qui contehait , comtné le premier, la planche et plusieurs exempl^urea d'une pUè gravure : celle-ci représentait Cé^ lestine pénétrant sttusle nom de ilfarce/io » et les habits d'un alcade, datis la priso0 d^ dom Pëdre : elle le priasse dans ses bras, le rend à la vie , et Itii fait prouver tous lea charmes de l'amour le plus constant» Ghaquo^

DK FLORlAlf, %'i

détait d'une exactitude ren^r^oal^le ^ et lét figures semblaient proférer ce que Floriaa fait dire daus^a Nouvelle à ces deux perffm^ nages. Surpris as nouveau > il cbepcW ¥ai^ hemeni dans sa tête , et ne peut cwcevour d'où lui .vient Uo si rsire présent, h Quand n j*ai lu, se ditnil , m^ seconde Nouvelle aa Il duc, il n'y avait auprès de aon altesse que n la duchesse de Cfaartrea i sa fille ^ et Ut ik princesse de Laxnbsdki sa bt^u. Serait-^Nt » donc Fune etu l'autre de ce» daaea qui » daignerait honorer 1^ ce point mes Nwh* yt velles, esï Içs analysant à ft^dque^ artiste 3» célèbre? » 11 qu<Jslionne , avec discrétion, 1063 deux aimables princesses à <|ui il fait pari de ce singulier événement, le eènfie au duc de Penthièvre lui-même > s'tnioriite à tena les gens de l'hôtel , et ne peut em tirer un seul indice , ni même asseoir le moimire socqp< içon.

Après avoir retracé dans Ciàudùic et Cd^ les Une les malhedrs de la aéductidn et la cod^ stance de Tam^r , Floriàn voulut peindre tes mœurs et la chèvaferie des premiers temps de la monarchie frajouçaise ^ il s'ocetfpa d'une trdi*

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siëme Ndav^ , intitulée Bliomhéris. Il s'y livrait avec d'àtitatit plus, de zèle ^ qu'il avait ritttentiob d'<^îpdatis la fille bienaimëe de Pfadramodd , Tiinage "fidèle de cette jeune et ckarfisatfte prittcCd&e ^i vebàit de s'imir au as unique du dil^dèPènAîèVre. Cette Nouv^e^^nt tefâiiriée et i'evue avec lô plùi grand mÀn 5 FloHan proposé au duc de Tentendre ; mais; désirant savoir l'efifet qu'elle produirait siu::.jEhadamedeLàmba}le , dont i{ci*ojaitavoir fi^t im poÀrait 'ressemblant , il sUppKe^ôn altesse cie pCi'ôiettre qu'il n'y ait à cette léctm'ô que la jeune princesse sa -bru« On se réunit donc dans une pièce séparée des grands appar» tiSBens ; on ferine les portes avec soin , et Bliombt!fis obtient tout le succès que pouvait espérer son autetir*^ Jamais chevalier ne s'était montré plus digne de posséder le eœur et d'oI>tenir la main de la fille de son roi ; jamais princesse n'avait uni à l'éclat de la naissance un plus rare afissemblage de vdrtus et de charmés. On fâicite Flodan et sur le choix du sujet et sur le talent avec lequel i( est traité. Madame de LambaUe qui , malgré sa ]âM>destie , s'est re-^ connue dans les traits chaimans de Félicie ^

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remercie elle-même r en rougissant , l'hetureiK auteur , de tout le plaisir que lui a Élit éprouver sa Nouvelle , et prddit qa'elle sera Futie des f^us intéressantes de $on recueil, dont elle agrée la dédicace^ Le duo de Penthièvre serre avec expression la main de Florian , et lui fait sentir combien il approuve ce juste fa<ttnmage rendu publiquement à la jeune {urincease qyi lui est devenue si cbère«

Cette lecture achevée, on veut se retirer ; Florian cmvre une des portes du salon partijculier ; ^ anssitôt Piano, qui attendait dans la place voisine , entre plus triomjUiante que jamais , et remet à son maître un troisiiône porte-feniiUe, contenant la gravure de la Nouvelle même qu'il viciât de Ure. Elle représentait lépreux Bliombéris venant de sauver Fé» liçie de la fureur 4*un sanglier étendu sur la pous^ere, et délivrant un tourtereau des serres d'un milan , qui tqmbe percé d'une flèche lancée par ce héros. La frayeur. et la joie emipreintes à-la-fois sur la charmas^ figure de Félicie , le lieu solitaire oîi se passe la scène , la fraîcheur du bois , les battemens d'ailes des deux tourtereaux; qui semblçnt rçmçrcier leur I 6,.

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intrépide Kbërateur , tout oftre un charme , une expression qui jetlent Florian dans un létonnement difficile Jl dépeindre, « Pour le ji coup^ s^écrie-t-il , cela passe l'imagination. T» Je n'ôi lu cette Nouvt^e qu'à vous seuls ; n ce matin j"y retouchais encore ; et à peine » en ai-je fait la première lecture , que la » gravure tfai représente la situatiod la plua % intéressante , arrive comme par enchan-» > Aement , et semble sortir àes mains d'un 5> génie créfttcur , aussi prompt que la pén- » sëe ! Cela , je Tavoi» , pique ma curio-^ » silé à un point qme je ne saurais exprî- » mor. n La surprise dé Florian est partagée par le duc et la jeune princesse , qui ne peuvent se lasser d'admirer cette ingénieuse vignette , oh Tartiste anonyme , pour lui prêter encore plus de charmes , semblait avoir donné à la belle Félicie les traits ravissanst de madame Lamballe. Cette princesse prodigue elle-même à Diane mille caresses; jamais émissaire ne fut mieux récompensé. Bientôt les soupçons se portent sur tel ou tel artiste qui avait l'honneur d'être reçu chez le duc de Penthièvre. Ce dernier , qui joignait à une

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luenfaisanee universellement reconnue , an coup-d'œil sur et un bon sens inaltérable , prâumie que le jeune page qu*on rencontre sans cesse avec la chienne de Florian , ne peut ignorer^entièrement d'où vient cet étrange message;' il ordonne qu'à l'instant même on &sse venir Ernest* Celui-«ci , que déjà vaine-* ment avait interrogé l'auteur des Nouvelles , arrive d'après Tordre qui lui en est donné , et veut , sous les dehors de son espièglerie accoutumée , cacher le secret qu'on, lui a tant recommandé ; mais , serré de près par Florian , intimidé par les questions réitérées du duc de Penthièvre , à qui il n'a pas, la force d'en imposer, il fait l'aveu de tout, instruit le prince du trait généreux de l'auteur des l)!ou velles , du désir ardent qu'a^valt témpigné l'^tiste languedocien de s'en venger , et du plaisir qu'il avait pris lui-même à l'y aider , en lui reportant d'abord le sujet de Claudine ^ dont la lecture était encore présente à sa mémoire , et en saisissant ensuite tous les momenaque lechevsdier 4e Florian passait auprès de son altesse, pour se glisser dans son cabinet , lire à la hâte , sur son bureau de travail, I 6...

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ce qu'il avait ëcrij:, et courir aussitôt en faire, le r^cit le plus fidèle à l'heureux Quéverdo , qui , sur-le-champ , prenait ses notes , esquissait le dessin , et donnait à ses figures toute l'expression qui leur convenait.

c( C'est ainsi, ajoute Ernest, qu'ila fait, sous >» ma dictée, les trois premières gravures de » vos Nouvelles , et que dans ce moment mé- » me, il commence celle de Sélico , que je n'ai » pu lire tout entière : le moment où ce bon -» fils se dévoue au plus affi:eux supplice , pour ^ donner du pain à celle qui l'avait fait na^re , » m'a si fort mouillé les yeux , que je ne dis- 31 tingu€iis plus votre écriture. Oh ! comme » vous peigniez éloquemment ce qu'on doit k 3iu sa mère 1 II faut que vous ayez bien aimé

n. la vôtre » Florian ne peut répondre aur

page qu'en le pressant dans ses bras , et qu*en kissant couler quelques larmes.

«( Vous m^itez bien un pareil tour , lui dit le duc de Penthièvre , qui partageait son émotion ^ vous ne cessez de m'approprier vos bien* feits. -rr* Et son altesse n'en a pas besoin ^ ajoute le page : elle est si riche d'amour et de reconnaissance ! —Ernest, reprend le prince,

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