‹ Les encouragemens de la jeunesseChapitre 7 sur 66 · DE FLORIAN · texte numérisé non relu

DE FLORIAN

«ftctant dn toii sëvère , vous ayez commis une indiscrétion coupable , en lisant h son inscu , les manuserît&de M. de Floiian ; et pour vous en punir.. ••• , fe vous donne une sous-lîeutenance dans le régiment qui poite mon nom « et j*aurai les ycuxr «ur vous. Là première fois, que vous irez chez M. Quéverdo , n'oublies pas, de venir prendre mes ordres. » En achevant ces mots. , il sort avec madame de Lam-? balle, et les ku^e tous les deux se concerter ensemble sur les moyens de feire partager V rhabile graveur le bonheur qu'ils éprouvent^ « Il me vient une idée, dit le chevalier; et, » d*abord , je vais chez mon libraire , lui de- » mander die passer à mon ordre le billet de n. m cents livres ; il est nécessaire à mon pror » jet. Vous, dwr Ernest , ne tardez pas à ve* » nir me titiuver dans mon appartement , et 3» je voua confierai le plan que j'ai formé. » Dès le lendemain donc, lorsque Quéverda était dans son modeste appartement , entouré, de sa noQibreuse famille , et travaillant à la vignette de Sélico , dont le site et les person^ Bs^es devaient si bien contraster avec ceux des autres Nouvelles , il entend heoiter à sa

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porte , ouvre et voit Diane , qu'il avait tatit de fois reçue et caressa, lui rapporter le porte- , feuille de cuir dans lequel il avait envoya la première vignette de Claudine. Il s'imagine d'abord qu'on lui renvoie ses gravures ; et sa fierté ne pourra supporter une pareille humiliation. Il n'ouvre qu'en tremblant le pojrte-fèuille..— , et il y trouve son billet à ordre avec cet acquit de la main de FloHani : » Reçu i> de M . Quëverdo le montant ci-*dessus , en » trois planches gravées , qui valent plus du 5> double de la somme. « — a Tout est dë-^ » couvert , s*ëcrié-t-il , et le page m'a trahi. » Mais sa surprise redouble, son dépit se calme , lorsqu'il voit dans le même porte-feoille un autre écrit : c'était un brevet de dessinateur du cabinet du duc de Pendiièyre , aux appointemens de trois mille livres , avec un appartement dans l'hôtel , pour toute sa famille... Il relit ce brevet, rédigé pair Florian, et signé du prince ; il ne peut en croire ses yeux ; le relit encore à sa femme , à 9>t% en-» fansqui entourent Diane , dont la joie sem-^' ble exprimer qu'elle partage l'ivresse de toute sa maison. A l'instant même Quéverdo s'ha-^

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bille 4 sort accompagné du fidèle ^àiissaire , se rend à l'hâtel de PenthtèTre , et demande à parler ati chevalier de Fiorian, Ernest l'aperooit à travers une croisée causant avec " le suisse ; il accourt à sa rencontre , lui expli« que tout ce qui s^st passe , et s*empresse d'aller avertir Fiorian , qui se trouvait en ce moment auj»^ du prince. Celui -rci veut voir «t connaître TaHiste estimable , l*homme dé* licat qui sait si dignement reconnaître un service. Il raocueille avec cette touchante bonté qui* lui conciliait tous h s cœurs; et lui dit: V Si je vous ai choisi , Monsieur , pour diriger mon cabinet de peinture , c'est dans Tes* poir que j'y verrai bientôt une production de votre savant burin , qui repr^ntera le chevalier de Fiorian , recevant de sa fidèle Diane la première gravure de ses Nouvelles; c'est un suj^ charmant , qui vous honore également tous les deux, n — r « Prince , réi pond Quéverdo, votre altesse est trop juste* pour confondre ainsi le bienfaiteur et TobUgé. Mes vignettes ne sont qu'un faible à-complc de la reconnaissance, mais ce qu*a fait pour moi votre premier gentilhomme , sans me

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connaître 9 lans même s'inf<^mersi j'^t$itôeB état de lui ^restituer h. somme qu'il avançait , le met trop au-dessus de moi, pour ^ue je souscrive au parallèle, — Il serait bien difficile , réplique à son tour Florian , de décider qui de nous dqit être le plus* heureux , puis^ qu'avec le premier produit du manusertt de Numa , j'ai pu seryir i*n compatriote, obliger un artiste célèbre , assurer le bcœheur d'uiie famille honorable , et peut-être me foire un ami. — Jusqu'à la mort! s'écrie Quéverda. » A l'instant même , ils tombent dans les brap l'un de l'autie^ et le duc de Penthiàvre , le^ désignant à la jeune princesse de Lamballe , lui dit : tt Qu'ils sont heureux ! Est-il rien )» de comparable à ce noble échange des ta- » lens ? Non, le rang, la fortune, la puisr- » sance même , ne procurent jamais des plai- » sirs aussi délicieux que ceux qu'on éprouva n en secret et sans envie , dans l'honorablo^ » carrière des lettre et des £M:t8. )»

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