MADAME DE STAËL
être mon principal personnage , et celui sur lequel porte tout Pintërét ; mais ce qui me donnera le plus de peine dans mon tablells des exilas, c'est la figure de cette femme célè* bre. Je voudrais rendre avec quelque fîd^lit^ son regard scrutateur et plein de flamme , qui pënëtre et semble dëméler jusqu*aux plus secrètes pensées : j*espère y parvenir. Cliaque fois que le hasard m'a fait rencontrer , dans Paris , madame de Staël , mon avide admiration esquissait chacun de ses traits et les gravait dans ma mémoire. «-^ Si nous n'eussions pas craint d'y trouver le perfide comte de Bançay , nous aurions pu , ma fille , nous présenter , comme tant d'autres , au château qu'elle habite ; mais il est écrit au livre du destin, que cet homme nous sera fatal jusque dans les circonstances les plus imprévues. •.—« Que j'aurais été ravie , reprend Caliste en rougissant , de m^approcher de Fauteur de Corinne ! elle eût peut-être laissé tomber sur moi quelque étincelle de ce feu créateur qui l'anime ; et j'aurais pu copier dans mon tableau cette figure expressive que réclame la postérité. — Ehbien , elle vous offre d'alkr
ou LES Exiuâs. ^53
poser modèle che2 voiis^ dit tnadiune de Sta^ en Tabordant ; et , (lar un inouvement dont t j n'est picis maîtresse^ elle prend une main deCaliste qu^eHe appuie sur son seiii. -^ Quoi! madame , dit le général , nous aurions Thon^ taeur de saluer...» -*• Oui , je isuis cette eltiiée^ qui ne se plaindra plus du sort , sHl lui pro^ eure ravantage de connaître mademoiselle , et d'obtenir uue place dans son cœur. C'eèt un tr^r , je le sais , dont il est permis d'être avare ; c'est l'asdie le plus sûr que pui^e trou- Ver l'amitië. Généra! , vous me permettrez dé m'y râugier quelquefois : les exilés entlre eux 3e doivent l'hospilalité. n
Il serait trop long de peindre tout ce qui se passa dans cette ^pr^aière entrevue ; l'étoone» meqt et le vif in^ret de madame de Staël aug^ mentaient à chaque mot que proférait Caliste: elle trouvait dams cette adorable créature tant de ressemMance avec le modèie parfiiit qu'elle avait imaginé I beauté, grâce, talens, brillante élocution , ame ardente , noble fierté dans le malbeur ^ tout réalisait au^ yeux de madame de Staffel , les rêves de S6n ijbûia^natîon ; et s'il est vrai, comme on peut le croir^^
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^pi'elle ait voulu se peindre elle-même , en compesant Corinne , elle retrouvait dans Galiste sa plus parfaite image* Aussi ue se. pas* sait-il aucun jour sans que cette femme cëlè-^ bre'ne parcourût avec empressement la distance du château de Ghaumont à celui de Candë. Elle Élisait ordinairement cette course le matin; et voulant déjà suivre le plan qu'elle s'/était propose d'exécuter, elle donnait des ordres , prenait toutes les précautions pour cacher les fréquentes visites qu'elle faisait ^e% le général Saint-Lambert. <
Elle posa plusieurs fois modèle pour le tableau des exilés ; sa ressemblance était frappante ; elle était représentée apercevant le général et sa fille qui lisaient Corinne. « C'est }> votre plus beau titre à la célébrité , » lui répétait Caliste en travaillant ; u on y trouve » li-la-fois un poëme , un roman ; la d^scrip* » tion que vous y faites de l'Italie , est une n géographie historique tracée par la main T» des grâces* Il n'existe point de plus beau » mélange de l'enthousiasme et de la douleur: 7) jamais leçon ne fut plus frappante et plus » utile , que cette ambition de s'âever audes*
ou LBS EXILES. â55
» SUS de ses semblables, qui ne fait qu-èfirayer M ce qu'on aime y et ne produit souvent que >» la défiance et le plus cruel abe»idon««».«.«* )^ En adieyant ces mots , Caliste pousse un pro* fond soupir : son pinceau est au moment de s'ëçhapper de ses main^ ; et la vive altération de ses traits, annonce clairement que le comte de Rançay , malgré son manque de foi , règne encore sur cette ame si fidèle et si tendre. Ma* dame de Staël , à qui rien n'échappait, s'em*pressait alors de donner à la conversation , uue couleur difi^rente ; elle employait toutea les ressources de sa brillante imagination , pour distraire cette intéressante victime , et calmer la fièvre du cceur qui la consumait.
Le comte , ne pouvantconcevoir le moindre soupçon des fréquentes entrevues qui avaient lieu enU^ Caliste et madame de Staël, se livra sans réserve au charme irrésistible que cette dernière répandait autour d'elle. C'est à la campagne , bien plus qu*à la ville , et sur-tout dans une retraite isolée , que le vrai talent paraît dans toute sa force et brille sans nulle autre ressource, que ce qu'il trouveen lui-même. , ]Vfadame de Staël q'était jamais plus riche de
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pensées , jeûnais plus créatriee , plug mitrai-^ nantç 9 qvfi àst^ns ces causeries dd ^r , ot| Vim^()«^iQI^ excitée p^ le travail de b foutt m^ $eipUe r^apituler tQutes les ioipresûaoa f Q*e)i(9 ^ reçiia^ , et dooi^^ P^^sqr k cette fou-^ 1^ qui %édttit9 attache , et-traosTopine le plua ^Kvtohi^ (Buiile ep ua lieu de dâices^ T^lle était }$. ^^^morphose <|ue madtime de Staël .faissût épix>ii ver 9u vieux chiteai;^ de Gbaumoat, Lea i:^ii9ions y devenaient chaque |^ur plus at-^ trajrai^tes, pli^s ireqherchées ; majâ ce n'était fu'apr^ ti^ beureasQunées, qu'qn pleuvait ^'y pii?^9f»|ei\ Tojuteb^ inatin^^temsacrëa pi^r. cette ^mmfi e^traordioaire^i^ %«^ail , ^ Yét^(^ ^ 8f^y^% h l«l pfièro* BHe prétendait que /a ne%«<])i^ €ii4 /a* i^M de f£|nK^• et (pie iiai4«^ sçmijfu^ wim^ en poussière pm Pin^ cm4MUé,* Son plua graoïd bonheur était de passer sQul^ 4es heurea entii^^ft dans la cha? Bfdl^ du .ohâteau : là , s0O5 a»^ de feu , d^* gée poijUiP aji^«L di^ de Iwte epvelQppe^nic^-t tette, s'ékvî^i^ ju«qQ'au:ai^iMir qu'bah^wA son I^ ; etdaA»o^te eilaae^ àrla-foii chrétienne et f^li^ ; 0l|ç imp^wtsail des oautiquca pieuK çjfix t a'ik e^li^^t 4^ recoeiiliâi , fqrmeraJÎeDt
or liÊS EXILÉS. aSy
an j<mrd*hni la plus ëloqaente , la pins admi* T$àÀe communication de la terre a^nec le ciel ^ et des enfans avec les mânes des auteurs de leurs jours.
Cependant les projets de mariage du eomte de Rançay avec Anaïâ^ de Monteaux , semblaient se confirmer de plus en plus. Madame de Staël fut curieuse de voir celle <pie Ton préférait à sa cbère Galiste ; et dans un grand bal qu'elle donna pour connaître et réunir toute la jemiesse des environs, eHe reçut la baronne et sa fille. Le comte les accompagna, ce qui ne fit qu'accréditer les bruits qui couraient sur cette alliance. Madame de Staël fut d'abord éblouie de la céleste figure d'Anaïs : elle craignit que la pauvre Galiste , quelque belle qu'elle fût encore , ne pût rivediser tant de charmes , mais bientôt elle fut rassurée , en ne trouvant sous ces traits d'un ange ^ et dans ces grands yeux bleus, à cils noirs , au* cune flamme , aucun mouvement du cœur.
Soit pudeur , soit timidité , la jeune Anaïs ne répondait qu'à peine aux questions qu'on lui adressait; En vain madame de Staà voulut pénétra* dans cette ame neuve et timide , y a at...
:»5d MADAME UR STAB& ,
4^couvrir ce qui pouvait flinnoiuJer Ubs^itii! tinrent , uo goût passa^r, i»pe «impie voloii^ té: eU^ ne twfty^ q%'«|i TWe 4ctol ; qu'«i«e existence passive , entièrement su|;^pp4onnée
la ch«r9i»ot9 stdilae d^ Q^t^ , i^^W^ que Vénw tMA fs^a^oé W. pn^e d^ Pygm^Mon»
Rlissurëe, enhiir^ie paj^^elte btureiMe ^ét çùviv^^f^ ^ wadamç 49> 9la$l suivit sm (&p avec tofil le j^èl^ de la^vigîlwle ^m^^ DV bord eUe v^u^ ^omler- les opi^iûi«i4u comte de Rwçiiy , wr ïpk chaîne ^^ )%ymw , e$ d^ * mêler , ^Ul d^ai^ possible , V^t de ^oq cqbu», EUq m , d^^ Wl^s; diyeRSQfr ^trev«es , Iqim-r hfiv la. ooD v^^nsai^io^sur les l^m^o^qM «aboient le pki^. ^ le x|^^& d^ gars^ntie en hm^h;^ , et qui po^va^eirt dounep-t^ |4os gvatM4^as(i<i-> raïKîe de bpt^Jieur,. ÇU^ ét^it popr- pvfBU^ base, , 0^ b^Ol^^iMlc in^^ de kk wêm^ qoî fiiit aiiiMr et 8^tiir% ^ l^!4^ îmas^bte , di-t sait-eUe , vt'exi^ pi^, i\ meurt. If^ jour d^ sii
IHdsstfoo#^.«...M-7r Ji0pe<iAecMimeycNi&9 W r^^pcmdait le coqkI^ , miiit y ^t, ^lapr <|iie des nœuds soie^t ^i^sorlis , que rM lemme sache ^i^îtriaer , r^^nir eette aensiMlitiqui sonveitt