OV I.ES EXILES
r^^e. J*ai r^mai'qu^ que votre sexe confond qujelqaefois let passions avec les gjf^àXs de Tavi^e. "-^ i'ej^ig^ epsiuite , continuait m^çbme de Staë) t 4^ rip^teuoticm , un e^pirit cultivé , ressource iivyipréci^ble à toutes les époques, de layie,. ^ resserre, le )i^ cQnjugi^l et prë^ serve à )a,mais de ^ r^outablç ennivi , ca)a<^ V^iâ ^ heufeu)^ de la t^rre, -^ Je S:^^.enco^e de votre avis ; m^^ je ne veux point qu'on éc<i^]ftge le sçntiiPWt cftut?\9 V«ipjçit : pluSiOfl c^ne V^Sf<¥r ^^^ ii^g^Biajtipn ^ plus on ha^ #^de fe^tij»^ dopt ftp jc«iit, Quelque ppn** ç^nt q^ j!euiM;e pçwir un^ femp^ 4oi2^ ha^ çgjaiiié^ 4^^^Qien^ ^ h^ut^ , )» sç^& que [e
debiûUor d%P« W W*^ W fiûs^i* pçrdi-^ ks^ çvra^^s^ Um. pk$ p6^c«f^ d'M^ fei^pne nalurçlif ; ^elte jksHtepw^e^J^i^ le^ ^r t\né^A^Xh9mmk déhc^ qui 1*W wft*ftciresian J9d#CffidfiU9il^et^^Wl^9 «e« af^tic^nâv*.M » Ceft de^nier^ oo^. t piiîoft$)mé& ps^r le comte , «m^ Feçoent de l« pe]rfH«»3iQ# , n^ piwnriçent pas à^ |QAd^m9 de S^^\^ de <wM:iwu«ç cet en^ ti^f^tàen , et de «obtenir w» sysft^ne qui n'eôt l^t q!A9 si^rer à j^âEiaÎÂ deuj^ ci^ucs xju'eUQ
aSo MADAME DB'STÀBL,
projetait de rapproche^i*. Elle rk dairemeot que monsiettr de Rançay ne s'é^it-émgaé de CaUste , que par l'éclat ëblouissaut qu'elle ré^ pandait sans cesse ; et que tous ses efforts pour se montrer digne de Thomine distingua dool elle ambitionnait fliommage , n-avaient fait ' qu'efifrayer , que blesser son orgueil*
Madame de Staâ chercha donc d'autres^ moyens de prouver au comte , que cette Ca-liste qu'il avait connue si brillante, si ambi-^ tieuise de plaire , était devenue la femme ht plus simple , la f4u9 tiâûde ; et que reléguée dans une austère soKtùde, ellen'emplbyaîta:^ secret ses nombreux talens qu'à charmer l'exil de «on pèi^. E31e désirait en même temps laire entrevoir au comte les chagrins que kii pré-* pallient ses projets de mariage avec la jeime Anaïs ; l'ave^^tir que malgi^ la 'figure enchanteresse de mademoiielle de Monteau» , ^ cette pudeur virginale qui en doublait le charme» que malgré l'immeuaé fortune dont eUe était l'héritière, et ce premier atnour quepeut-^âre elle éprouvait pour lui , jamais die ne pourrait occuper son époux et remfdir une ame^ telle que la sienne Mais par quel moyen
ou 14^5 H!RiLi;s, a6i
parvenir à ce but importa^? comment, sans Élire soupçonner au comte qu'elle s'intéressait Il Caliste , lui parler de cette infortunée?. • Elle crut trouver la possibilité d'e:(écuter son plan^ dans la découverte qu'elle fit du tajtent trèsi^marquable qu'avait monsieur de Rançay, comme leeteur. On ne &isait paç mieux sentir toutes les nuancest , toutes les beautés d'un ouvrage. Son organe sonore, expressif, portait au fond, du CQ^r chaque mot qui sortait de sa bouclée, e^ S4»Q regard pénétrant semblait d'a-^r vance en pr^rer l'effet. Bans les réunions qui se formaient chaque sf>lt à Chaumopt , on l'invitait presque toujours h &ire la lecture ; madame de Staël avouait que depuis l'abbé Pelille^ elle n'avait jiimais rencontré de lec^ tçur plus parfait. Le comte . qui trouvait un grand plaisir à prodtâre sur un cercle nom->> breux , de^ impressioiis variées , avait acquit dans ce genre une réputation méritée. Madame de Staël , après lui sivoir fait parcourir les touchantes productions dé madame Cottin, et les jolis romans de madame de Flahault,» |\ii témoigna le désir de l'entendre lire Corinr ne. <( Je ressemblerai , lui di^ait^^elle , à c^4
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compositeurs qui ëcoulent leur musique e»fcutée par les artistes les plus fameux. ^^ Et moi , je sens d^avance que je n*aurais jamais fait de lecture avec plus de zcle , plus d'émotion. Je me rappelle avoir dévore ce bel ouvrage à son apparition ; mais je suis sâr qu*eii présence de celle qui le créa , j'en saisirai mieux tous les détails , j*en sentirai plus vivement toutes les expressions » On convint
du jour où cette importante lecture aurait lien; et le matin même Caliste reçut la visite de son illustre amie. £lle remarqua sur sa figure l'expression d'une joie secrète dont elle ne pou-' vatt deviner le motif; elle ne savait à quoi attribuer ses regards satisfaits , attendris , et plusieurs serremens de main qui semMaient ^e le présage d'un heureux événement.
Après Une assez courte entrevue , dans kqnelle madame de Staël parut très-prébccopée , elle regagna sa voiture ; et la surprise de mademoiselle Saint- Lambert fut au comble, lorsqu'elle entendit cette digne amie lui dire , en la pressant dans ses bras : u Caliste , du ' » courage!.... N'oubHez pas que les soupirs )> d'une ame noblement inspirée , sont une
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5» prière qui monte jusqu'au ciel,, et qu'il s» exauce tôt ou tard ! »
Caliste cherchait en vain à trouver le sens de ces paroles mystérieuses. Elle avait atteint depuis long-temps le comble du malheur , la privation de l'espërance ; et tout-à-coup elle crut en voir un rayon luire à ses yeux : les derniers mots de son amie avaient 'été prononces d'un ton persuasif !..•• mais réfléchissant aussitôt à la conduite du comte de Rançay , à tous les avantages qu'il trouvait en s'unissant à mademoiselle de Monteaux, elle ne put s'ima* giner qu il essayât jamais de réparer ses torts, et sur-tout d'apaiser le juste ressentiment du général Saii^t-Lambert.
Cependant la réunion projetée pour entendre la lecture de Corinne , s'était formée au château de Chaumont. On commença de bonne heure , afin de parcourir les sept hvres qui composetit le premier volume > L'appari-tion de cette femme célèbre au Gapitole ^ son triomphe et son éloquente imju'ovisation transportent tous les auditeurs : le tableau de Rpme et de ses nombreux monumens , celui de l'Italie , des mœurs , du caractère de ses habitans ,
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et de sa littérature , annoncent un saVoir profond et Tesprit le plus observateur. Chacun porteses regards sur madame de Statâ qui , les yeux constamment attachés siA* le lecteur, remarque d'abord qu'il n*a pu Uré le récit de la première entrevue de Corinne et du lord îfelifil^ sans épî*ouvfei* uti double qui indiquait clairement que le moment tik il avait Vu Galiste pour la première fois , ^Mtait pc^nt
effitce de son souvenir ..« Le lendemain il
lut avec le même talent «ft la même c^p)*essi6ii le second voltime de ce chef-d'teuvrti On se eroypit à Rome , en écoutant l'imposatite description des eérémonieS de la sei^aine sainte; on respirait Tencens dans la basilique deSaintfterre; on était tenté de se prosterner j poui* recevoir la bénédiction du saint vieillard élii chef de l'Eglise romaine^ Bientdt on suivrait à Naples Corinne et son bien-aîmfé : <ki s'ima^ ginait voir l'enfer dû Dante date la riche peinture que fait madame de Sta^l de ce fleuve de feu qui s^échappe du soâim^ dii Vésuve ^ et roule ses laves brûlantes jusque mt\es bords de la mer. IVyut-à-coup la scène changeait et représentait les si tes riants de Portici, la crotte
ou tBs Exitiés. a65
de Pabsilipe et le tombeau de Virgile orné du
beau laurier qu'y planta PArarque Le
comte , en lisant toutes ces riches descriptions, éprouvait une émotion qui n'échappait point à madame de Staël : il s'imaginait parcourir encore avec Galiste les bords de la Loire , vi^ siter avec elle cet antique et curieux château d'Amboise y celai de Blois , qui présente tant de traces historiques, et ce village de La Vallière-MontfortyOÙ naquit cette humble violette de la cour de Louis XIV , ce modèle des cœurs tendres et délicats , dont Galiste parais-
sait alors au comte être une image fidèle » -
Le surlendemain ^ monsieur de Rançay fit en* tendre les six derniers livres de l'ouvrage» L'épisode admiraUe par Teffrcn même qu'il in^ire , oii Corinne , volant au secours de Nelvil , s'égare dans les environs de Naples , la tête nue , les pieds meurtris sui" des cail^ loux , et se trouve au moment de succomber à l'ardeur d'un sqleil dévorant ; cet épisode produisit une vive impression sur tous les aù-^ diteurs ; mais ce qui jeta dans l'ame du comte le plus grand trouble , ce fut la peinture si frappante des reiiioids et du chagrin rongeui* a 23.
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quVprouve Nelvil , lorsqn'après avoir aban-* donné Corinne , il tmitse$ destinées à^ceUes d'une jeune et bélb personne , dont le ctëur simple et naïf ne pouvait atteindre jusqn-àlut. Rançay ne peut s'empêcher de frëibtr du sort qui l'attend , s'il épouse Ans^ de Monteanz. Comme Nelvil , il fera doncà^la-^fots deux infortunées ; comme Nelvil , il gémira dans l'indifférence, Pisolement et l'ennui !•.••... Ar^rive enfin la conclusion, du roman , ou C\yrinne , aprës avoir épuisé ioutès les ressources d'une imagination brilknte, toutes les forces d'une ame élevée, généreuse', expire sous fe poids de ta douleur et de la< fatalité. Ses adieux au monde, à sa patrie, ^ tout ce qui lui fîit cber , sont d'un efifet irrésistible ; chacun est attendri ; tous les yeux sont remplis de larmes. Le comt^ seul ne partage^poiat l'émotion générale *, il prétend que c'est h' SQule partie de ce bel ouvrage qui ne soit point conforme à la nature, «t Une femine , ilit-il, habituée à brillier dans le monde et douée de tout ce qui peut éblouir les yeux , intéresser le ccBur , ne meurt point der chagrin ; d'un seul mot , d'un seul regard , elle se forme une cour nouvelle.